santé

    Le thé, notre allié pour une bonne santé

    Antivieillissement, antistress, anticancer, amincissant… Le thé est souvent présenté comme un allié santé de choix. Qu’en est-il vraiment? Détails et explications, avec la collaboration de Valérie Peyre, de chez TEKOE.

    Publié le 
    4 Mai 2016
     par 
    Anne Laure Gannac

    «C’est un magnifique produit, bon et sain. Tous les gens que je vois s’y mettre, même les plus réticents au début, finissent par dire qu’ils se sentent mieux grâce à lui. Et puis, il en existe une palette si large qu’il est impossible de s’en lasser.» Valérie Peyre a le thé dans la peau. Cofondatrice et codirectrice, avec Pierre Maget, de Tekoe, la boutique de thé suisse créée en 2004, son jugement pourrait paraître un peu subjectif. Sauf qu’il repose sur une passion et une expertise qui ont largement précédé l’aventure commerciale du produit. Surtout, il est confirmé par quantité d’études scientifiques menées sur cette boisson, la plus consommée au monde après l’eau.

    Les miraculeuses catéchines

    Si la science s’intéresse tant à ces feuilles, c’est parce qu’elles se caractérisent par leur très haute teneur en antioxydants, ces composés qui protègent nos cellules des radicaux libres, en cause dans le développement de nombreuses pathologies et dans le vieillissement. De toutes les boissons, le thé aurait la plus forte activité antioxydante. On y trouve une grande concentration de polyphénols, un type d’antioxydants dont les principaux sont les catéchines. Objets de nombreuses études, ils joueraient un rôle clé dans la prévention des maladies cardio-vasculaires, du diabète, de l’ostéoporose, de certains cancers… mais aussi des caries dentaires et d’autres maladies parodontales. En effet, les catéchines freineraient l’action des bactéries buccales tout en étant anti-inflammatoires. Quand on apprend que le thé est également riche en fluor, on peut conclure qu’un thé à la fin du repas est autant un acte d’hygiène dentaire qu’un plaisir.

    Les actives xanthines

    Les xanthines sont des substances organiques dont on retrouve trois types dans le thé: la caféine, d’abord. Quoique appelée théine, il s’agit bien de la même molécule, sinon qu’elle y est en quantité réduite et se diffuse plus progressivement dans le sang. Selon les thés, il faut entre 2 et 5 heures pour en ressentir l’effet stimulant. Autre xanthine: la théophylline, dont l’action vasodilatatrice agit sur la régulation de la température du corps et sur la qualité respiratoire – on la retrouve dans des médicaments contre l’asthme. Enfin, la théobromine est un puissant diurétique.

    Un arbre, cinq couleurs et diverses vertus

    Mais ces vertus sont dépendantes de la qualité du thé, et des nuances existent selon les variétés, classées par couleur. Qu’ils soient noirs, verts, blancs ou bleus, tous les thés proviennent d’un même arbre, le «Camelia sinensis», d’origine essentiellement chinoise, thaïlandaise et indienne. C’est le mode de fermentation qui donnera ensuite à chaque thé sa couleur, sa saveur, mais aussi ses bénéfices spécifiques.

    Le thé vert, antioxydant

    Non oxydé, non fermenté, il est cueilli et aussitôt séché. De toutes les variétés, elle est celle dont les vertus sont les plus connues. La raison principale, explique Valérie Peyre, tient à ses origines: «Les Japonais ont commencé très tôt à prouver scientifiquement les bienfaits du thé vert. Et les Chinois les connaissent et les utilisent depuis des siècles dans leur médecine traditionnelle. A l’inverse, les thés noirs, venant plutôt d’Inde ou du Sri Lanka, n’ont pas fait l’objet d’études avant longtemps.» Ce retard expliquerait la moins bonne réputation du thé noir, au bénéfice du vert. Ce dernier est par exemple celui qui contient le plus de catéchines, ce qui en fait un puissant antioxydant (le japonais plus que le chinois).

    Le thé noir, antibactérien

    Oxydé et fermenté, les Chinois l’appellent le thé rouge, du fait de la couleur qu’il laisse sur la tasse (ce que nous nommons thé rouge, le rooibos, n’est pas à proprement parler un thé puisqu’il est produit à partir d’un autre arbre). Le thé noir est particulièrement riche en tanins, ces polyphénols aux effets antioxydants et antibactériens. Cela en ferait aussi un moyen de lutter contre l’ostéoporose. Contrairement aux a priori, le thé noir est moins riche en caféine que le vert, car les tanins en réduisent l’effet. Quant à sa réputation de tacher les dents, elle ne tient pas plus: «Ce qui noircit les dents, c’est un thé de mauvaise qualité, car il s’agit souvent des restes de feuilles broyées», explique Valérie Peyre.


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    Le thé blanc, amincissant et stimulant

    C’est l’un des thés les plus chers, car rare, qui est produit exclusivement sur la côte est de la Chine. Pourtant, ce thé – qui doit son nom à la couleur argentée de ses feuilles légèrement duveteuses – pourrait bien doubler son frère vert sur le podium des boissons santé! Il est celui qui subit le moins de transformation, ce qui en fait l’un des plus concentrés en principes actifs. Des études lui accordent notamment un effet de réduction des cellules graisseuses. Par ailleurs, il est très riche en caféine, car il est produit essentiellement à partir des bourgeons, où ce stimulant est hautement concentré.

    Le thé bleu-vert, désaltérant

    Aussi appelé Oolong, il est partiellement fermenté. Il se reconnaît à son goût légèrement torréfié, «quoiqu’il y ait des Oolong avec des notes très différentes», ajoute Valérie Peyre. Il a l’avantage d’être faible en caféine et très désaltérant.

    Le thé sombre, digestif

    Aussi appelé pu-erh, il s’agit d’un thé oxydé puis compressé en galette ou en brique et fermenté. Comme le vin, il se bonifie avec l’âge et peut être consommé après des années, voire des décennies. Il a longtemps été utilisé en tant que plante médicinale, entre autres pour nettoyer en profondeur l’organisme. Etant postfermenté, des micro-organismes y sont encore en activité, comme dans la levure. Ce qui en fait un allié idéal pour faciliter la digestion.

    Conseils et précautions

    1. Les polyphénols du thé réduisent l’absorption du fer contenu dans les végétaux, mais uniquement à partir de plus de 1,5 litre par jour. Il est donc conseillé aux personnes carencées en fer et aux végétariens de ne pas dépasser cette quantité, et de le boire à distance des repas.

    2. Le choix d’un thé de qualité est essentiel pour profiter de ses bienfaits: un thé dont les feuilles sont entières aura bien plus de principes actifs que les feuilles broyées ou la poudre de feuilles que contiennent certains sachets. Respecter ses feuilles passe aussi par le choix d’un mode d’infusion qui les laisse respirer, contrairement à une petite boule, qui les comprime.

    3. Le thé contient de la caféine, à plus ou moins forte dose. Mais il est très facile de le «déthéiner»: il suffit de le laisser infuser une minute, puis de jeter cette première eau et de verser de nouveau de l’eau bouillante sur les feuilles. La théine étant très soluble dans l’eau, cela suffit pour s’en débarrasser largement.

     

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