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C’est une maladie qui tue. Plus que le cancer, le sida ou le diabète. En 2000, la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) faisait ainsi 4 millions de morts par an. Selon les projections des milieux de la santé, 10 millions de personnes lui succomberont à l’aube de 2020. Cette pathologie se placera alors, estime l’Organisation mondiale de la santé, au troisième rang des maladies les plus létales au monde. Et pourtant, pour la plupart d’entre nous, la BPCO reste méconnue. Car, et c’est là tout le paradoxe, on ne la connaît que trop bien.

Cette maladie inflammatoire des voies respiratoires se caractérise par un essoufflement à l’effort et, surtout, une toux grasse, accompagnée d’expectorations, particulièrement marquée le matin, au lever. La fameuse «toux du fumeur». Un symptôme du tabagisme devenu tellement banal qu’il n’inquiète pas ceux qui en souffrent. «Tout le monde se dit qu’avoir la toux du fumeur ce n’est pas grave mais, au contraire, normal, regrette Aurore Geenens, infirmière et formatrice à la Ligue pulmonaire vaudoise. Aussi, les personnes malades consultent tard.» A savoir lorsque le souffle commence à trop manquer et que le moindre effort – monter un étage, par exemple – se révèle difficile à surmonter. Or, à ce moment-là, la BPCO a déjà causé des lésions irréversibles.

Une qualité de vie altérée

«Les bronches sont naturellement dotées d’un mécanisme d’évacuation des petites poussières flottant dans l’air que l’on respire, explique Aurore Geenens. Or, la consommation de tabac, notamment, détruit progressivement les cellules qui assurent cette fonction d’élimination.» Processus qui entraîne, à terme, une insuffisance respiratoire particulièrement handicapante. «Un malade au stade 4 – le plus grave – peut être essoufflé simplement en parlant, poursuit la spécialiste. Tous ses mouvements sont lents et limités, il ne peut plus travailler et doit souvent faire aussi une croix sur ses loisirs. D’où une dégradation de sa qualité de vie et un isolement social. L’une de mes patientes atteinte de BPCO est déjà en EMS à 63 ans, parce qu’elle n’arrive plus à respirer quand elle marche.»

Le souffle en examen

Pour poser le diagnostic, le malade doit passer une spirométrie complète. Cet examen du souffle se fait en cabinet médical ou dans un centre hospitalier, et détermine à quel stade en est la maladie. Il permet aussi de voir si la dilatation des bronches obstruées peut être améliorée par l’utilisation de Ventolin – traitement d’urgence aussi prescrit pour apaiser les crises d’asthme.

Haro sur la poussière

Si la maladie touche principalement les fumeurs (80 à 90% des malades), elle peut atteindre toute personne exposée à des poussières fines et autres polluants. Parmi les professionnels à risque, l’infirmière cite les employés de l’industrie du coton, les ébénistes, les agriculteurs ou encore les paysagistes.

Le facteur génétique a aussi son importance. Ainsi, un fumeur souffrant d’un déficit en alpha 1-antitrypsine (protéine présente dans le sang qui protège les tissus en cas d’inflammation) développera plus facilement une BPCO. Et ce, qu’il fume deux cigarettes ou deux paquets par jour. Mais ce déficit est très rare: il touche environ 1% de la population.

Les fumeurs d’herbe présentent également un risque marqué de développer la maladie. «Le haschisch dilate les bronches pendant plusieurs heures et détruit les poumons plus rapidement que la cigarette», explique l’infirmière. Résultat: les premiers cas de BPCO commencent à apparaître chez les trentenaires fumeurs de joints, surtout s’ils sont de gros consommateurs, alors qu’avec le tabac les premiers symptômes se font généralement sentir autour de la quarantaine. Et Aurore Geenens prévoit une augmentation du nombre de jeunes atteints d’ici à une dizaine d’années. La prévention auprès de ces consommateurs est difficile, puisqu’il s’écoule des décennies entre le premier joint fumé et l’apparition d’une toux matinale.

Pour les personnes déjà atteintes, il existe des traitements: médicaments, oxygénothérapie, exercice physique. Mais le principal est d’arrêter la cigarette, souligne Aurore Geenens. «Les poumons sont des organes extrêmement grands: déployés, ils couvrent entre 80 et 120 m2, soit la taille d’un terrain de tennis. Avant qu’ils ne soient totalement obstrués, cela prend donc du temps. Si l’on souffre d’une BPCO de stade 1, il est urgent d’arrête de fumer. On ne peut pas réparer les lésions déjà existantes sur les poumons, mais on évite ainsi de les aggraver. Et l’on peut espérer vivre aussi longtemps qu’une personne n’ayant jamais fumé.» La BPCO s’avère incurable. Mais à défaut de pouvoir être guérie elle peut être prévenue.

3 moyens de freiner la maladie

1. Arrêter de fumer Les lésions dans les poumons causées par la consommation de tabac – ou, pis, de haschisch – sont irréversibles. Aussi, plus vite on arrête de fumer, plus on évite d’en causer de nouvelles et on limite les symptômes de maladie. Mais surtout, on peut conserver une espérance de vie similaire à celle d’une personne n’ayant jamais fumé. Le meilleur moyen de prévention restant évidemment de ne jamais commencer la cigarette.

2. Eviter les polluants Lorsqu’on travaille au contact de poussières fines, il est impératif de porter un masque afin de protéger ses voies respiratoires. Cette précaution est valable pour les professionnels – comme les agriculteurs, les ébénistes ou les paysagistes – qui sont exposés à ce type de particules, mais aussi pour les bricoleurs lorsqu’ils scient ou poncent du bois.

3. Faire de l’exercice Bouger, donc préserver sa masse musculaire, participe à maintenir la fonction respiratoire. «Le meilleur sport, c’est la marche, affirme Aurore Geenens, formatrice à la Ligue pulmonaire vaudoise. On recommande trente minutes d’exercice par jour, six jours sur sept.»

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