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Cancer du sein: lancement d’une vaste étude pour améliorer le dépistage

Cancer du sein: lancement d’une vaste étude pour améliorer le dépistage

Le dépistage du cancer, lorsqu'il est systématique et non ciblé, pose problème.

© Pete Bellis / Unsplash

Chaque année, le cancer du sein touche 360 000 femmes en Europe; 92 000 décès sont dus à ce dernier. Il s’agit du cancer le plus fréquent chez la femme. Pour garantir les meilleures chances de survie, l’accent est mis sur le dépistage. Le mois d’octobre, rebaptisé Octobre rose, vise à sensibiliser la population à cet acte salvateur dans bien des cas. Car comme le rappelle «Le Monde», «c’est aussi l’un des cancers qui se guérit le mieux, avec 87% de taux de survie à cinq ans».

Surdiagnostic, surtraitement et conséquences psychologiques

Alors que plusieurs actions marquent la 25e édition d’Octobre rose, certains spécialistes haussent le ton pour remettre en cause les méthodes de dépistage actuelles. Une étude effectuée en 2014 au Canada, publiée par le «British Medical Journal» et réalisée sur 90 000 femmes révèle qu’il n’y a pas de baisse significative de la mortalité lorsque ces dernières font l’objet de mammographies régulières. Comme le souligne le journal français, «on pourrait penser que le dépistage ne peut pas faire de mal – même si la mammographie est assez désagréable – et que plus un cancer est détecté tôt, plus il est facile de le guérir sans traitement lourd».

Mais plusieurs griefs sont toutefois reprochés aux méthodes actuelles, tel que le surdiagnostic (des cellules cancéreuses détectées alors qu’elles n’auraient pas nécessairement évolué), le surtraitement («chimiothérapie, rayons, voire ablation du sein réalisés inutilement»), les cancers d’intervalle (la maladie se développe entre deux contrôles), les cancers radio-induits (dus à l’exposition aux rayons) ainsi que les conséquences psychologiques (il est éprouvant de devoir subir plusieurs autres examens après une mammographie jugée douteuse, avant de pouvoir écarter un risque de cancer).

«Énormément de personnes font des examens pour rien»

Le «pinkwashing», soit les marques commerciales qui utilisent le mois d’octobre pour redorer leur image en s’associant à la campagne, est également décrié. De plus, selon le collectif de médecins «Cancer rose», les messages envoyés sont alors «extrêmement incitatifs», «fondés sur des injonctions culpabilisatrices plutôt que sur l’information objective», résume «Le Monde».

Pour autant, le dépistage n’est en aucun cas à bannir. C’est lorsqu’il est systématique qu’il pose problème. «Énormément de personnes font des examens pour rien, explique Suzette Delaloge, oncologue et coordinatrice de «MyPeBs» à «Sciences et Avenir». «MyPeBS» (pour «personalising breast screening», soit dépistage du cancer personnalisé) mobilisera 85 000 femmes en Europe et en Israël durant 6 ans. Le but: affiner les méthodes. Les patientes seront réparties en 3 niveaux de risque, définis en fonction de leurs antécédents familiaux, de la densité du sein et d’un test ADN.

Le cancer du sein en 14 infographies

Si l’étude aboutit à des résultats probants, elle permettra de mettre en place un dépistage mieux ciblé, «évitant à des femmes parfaitement saines des examens qui ne sont pas inoffensifs et des interventions qui peuvent s’avérer mutilantes», conclut le média français.

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