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    Jennifer Lawrence, l’amazone du Midwest

    Pro-avortement et favorable à la contraception gratuite, la star des films «Hunger Games» a pris le contre-pied d‘une éducation très religieuse. Et elle assume ses choix.

    Publié le 
    21 Mars 2016
     par 
    Henry Arnaud

    «J’adore mes parents mais, si j’avais dû les écouter, je serais infirmière et j’habiterais dans un village au fin fond de l’Amérique. Mes ambitions n’avaient rien à voir avec le chemin qu’ils voulaient pour leur fille!» Dès qu’elle s’exprime, Jennifer parle à toute vitesse, comme si les idées se bousculaient dans sa tête. Comme la peur d’être interrompue: «C’est parce que je suis la dernière de trois enfants et que les aînés sont des garçons, avoue-t-elle. J’avais intérêt à m’imposer pour en placer une à la maison.»

    La famille Lawrence? Il y a la maman, Karen, responsable d’une colonie de vacances, et le papa, Gary, ouvrier sur des chantiers de construction. Deux grands frères sont d’abord nés, Ben et Blaine. Avant d’accueillir la petite Jennifer. Mais pas question que toute la fratrie vire soudain girly. «Enfant, j’habitais à quinze minutes d’une ferme équestre et j’y allais presque tous les jours tellement j’étais passionnée de chevaux. Mais je n’ai jamais pris un seul cours d’équitation de ma vie. Mes parents faisaient bien trop attention aux dépenses pour me payer cela. J’ai appris à monter à cheval à la dure, toute seule en regardant les autres et en demandant des conseils à la ferme. Mes deux frères adoraient la pêche, alors c’était direction la rivière si je voulais sortir avec eux. Bref, j’étais un garçon manqué.»

    Une énergie à canaliser

    C’est dans la plus grande ville de l’Etat américain du Kentucky, Louisville, qu’elle a vu le jour. «Je n’étais pas malheureuse là-bas mais je ne me suis jamais sentie à ma place. J’étais une fille bizarre à l’école. Je détestais la récréation, je n’aimais pas les journées de découverte ou les visites aux musées. Et je stressais si je devais aller à une fête ou un anniversaire.» Sans oublier son sens de l’humour manifestement très différent des autres élèves, preuve à l’appui. «Un jour, j’ai sauté par la sortie de secours du bus scolaire alors qu’il roulait. Ça n’a fait rire que moi!»

    Son hyperactivité était telle que ses parents l’ont envoyée dès l’âge de 11 ans chez un psy qui lui prescrit alors différents médicaments, histoire de la calmer un peu. Mais ça, c’était avant qu’elle découvre l’art dramatique. «Quand j’ai commencé à jouer au théâtre à l’école, personne ne m’a dit: continue, tu vas devenir une star de cinéma! Il n’y avait aucune chance, car pas de possibilité de s’exprimer artistiquement dans ma région. A 14 ans, quand j’ai dit à mes parents que je voulais déménager pour vivre à New York et passer des auditions afin de devenir actrice, leur réponse a été immédiate: Non… et jamais de la vie.» (Rires).

    Pour forcer sa chance, Jennifer travaille dur et termine sa scolarité au firmament, diplômée de sa high-school avec deux années d’avance sur ses camarades de classe. C’était la condition «sine qua non» pour que sa mère accepte de l’accompagner à des cours de théâtre à Broadway, durant l’été. «Je me souviens clairement avoir entendu ma mère dire à mon père par téléphone: «On dépense une fortune pour sa thérapie et ses médicaments mais elle n’a pas besoin de ça quand elle est à New York, elle est heureuse ici.» Pour payer son loyer et ses cours d’art dramatique à Manhattan, Jen bossait ensuite les vacances scolaires dans la colonie de vacances dirigée par ses parents. Elle y était rémunérée pour assister l’infirmière et faire les gardes en dehors des heures d’ouverture du cabinet médical. «J’ai utilisé toutes mes économies pour tenter ma chance. Ma maman, qui craignait de voir sa fille partir trop tôt, n’a jamais caché qu’elle espérait que j’échoue, comme cela je rentrerais vite à la maison. Parce que si je réussissais mes premières auditions, cela voulait dire que je resterais définitivement à New York. Aujourd’hui, ça va mieux. Elle me soutient à 100% et elle est fière de ma réussite.»

    Jusqu’au bout d’un rêve

    Père et mère étaient d’ailleurs à ses côtés lorsqu’elle a remporté l’oscar en 2013 pour son rôle dans «Happiness Therapy», avec Bradley Cooper. «Je n’aurais peut-être jamais accepté «Hunger Games» sans ma maman. J’avais auditionné pour «Twilight» mais Kristen Stewart avait décroché le rôle de Bella à ma place. Quand j’ai vu à quel point ces films avaient bouleversé sa vie, j’ai eu peur que le succès éventuel de «Hunger Games» ne change la mienne… J’étais prête à refuser ce contrat lorsque ma mère m’a traitée d’hypocrite. Elle m’a fait remarquer que j’avais toute ma jeunesse voulu être actrice. C’est donc grâce à elle que j’ai accepté d’être Katniss Everdeen et que je suis dans cette position agréable de pouvoir choisir mes films à présent.»

     

     

    Indépendante depuis l’âge de 15 ans, Jennifer Lawrence a ainsi pu prendre du recul. «Me retrouver livrée à moi-même m’a fait ouvrir les yeux très vite sur plein de choses de ma jeunesse. J’ai grandi dans une famille très religieuse et conservatrice. Je n’aurais jamais pu obtenir l’autorisation de prendre la pilule si j’avais dû demander ça à mes parents. Heureusement pour moi qu’il existe aux USA des établissements qui conseillent les adolescentes et leur donnent des moyens de contraception gratuits. Je n’aurais jamais eu le droit d’acheter des préservatifs non plus si j’étais restée toute ma jeunesse dans une maison de Jésus.» Si les principes de ses parents ont beaucoup évolué au cours des années, la jeune fille a néanmoins dû «se débrouiller sans leur aide pour ne pas tomber enceinte avant d’être majeure».


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    La comédienne se veut d’ailleurs féministe et assume sa lutte pour la parité, y compris celle des salaires à Hollywood: «Il m’a fallu devenir adulte pour comprendre que c’était cool d’être une fille. A la maison, mes frères me chambraient en me disant: «Arrête de faire ta fille! Tout ça laisse des traces.» Aujourd’hui, toute la famille Lawrence est bien sûr fière du succès de la cadette. Et attend peut-être d’elle qu’elle l’agrandisse… «Je ne suis pas pressée de me marier. Je préfère bosser dur et sortir avec mes copines quand j’ai un soir de libre que dépendre d’un homme. Vive le girl power!», conclut-elle dans un éclat de rire.

    Questions d’enfance

    Mon dessert enchanteur Les cookies en tout genre. C’est l’un des rares desserts que je ne peux pas m’empêcher de manger. S’il y a une assiette sur la table, je suis capable d’en avaler 5 ou 6 d’affilée.

    Mon cauchemar récurrent Je suis depuis toujours effrayée par les araignées… et les fantômes. J’ai longtemps eu peur qu’un fantôme débarque dans une pièce s’il fait tout noir.

    La phrase qu’on me répétait sans cesse «Ça va, Nitro?» C’était mon surnom à l’école, où j’avais été élue élève la plus bavarde du collège. On me comparait à de la nitroglycérine car j’étais pleine d’énergie et prête à exploser au moindre truc qui m’agaçait.

    Une odeur d’enfance Celle de la pizza qui sort du four. C’est l’un de mes plats favoris depuis toujours.

    Mes premières vacances New York à 14 ans, durant un break scolaire avec mes parents. Je suis tombée amoureuse de Manhattan et j’ai tout fait pour m’y installer l’année suivante.

    Un vêtement dont j’étais fière Ma tenue de cheerleader! Sinon, j’ai deux grands frères, donc j’héritais les fringues qu’ils ne mettaient plus. Et ma mère m’emmenait dans les vide-greniers pour acheter quelques pièces. Je ne me suis intéressée à la mode qu’après avoir assisté à mon premier défilé de haute couture pour Dior.

    Dernière année à Louisville. A la rentrée, Jen Law, 15 ans, s’envolera pour New York.
    En 2004, le grand sourire de cheerleader en haut à gauche: c’est elle.
    Gamine, avec Gary Lawrence, son père.
    En famille, le soir du 24 février 2013: elle vient de recevoir l’Oscar de la meilleure actrice.

     

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