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    Emily Blunt: petite fille elle bégayait

    Si on avait prédit à la jeune anglaise, enfant, son avenir hollywoodien, elle aurait levé les yeux au ciel. D’exaspération. Actrice, elle? Impossible, puisqu’elle bégayait.

    Publié le 
    1 Novembre 2015
     par 
    Henry Arnaud

    Une enfance dorée dans l’Ouest londonien, un père avocat pénaliste célèbre, une mère naguère comédienne qui élève ses quatre enfants, un oncle politicien influent, un grand-père commandant général de l’armée anglaise… Tout prédisposait la jeune Emily Blunt à la célébrité. Tout, sauf un bégaiement qui l’a réduite au silence entre 8 et 12 ans. «Quand vous bégayez si fort que vous n’osez plus parler, vous voyez forcément la vie différemment, même si vous n’êtes qu’une enfant», commente aujourd’hui la jolie brune, 32 ans, qui nous reçoit dans le Grand Hotel de Toronto où elle est descendue pour le TIFF – le plus grand festival du film au Canada.

    «Adolescente, je voulais devenir interprète. Je m’imaginais postuler pour une place aux Nations Unis. Jamais je ne me suis vue aller à Hollywood et faire du cinéma – pas même en rêve! Car parler était pour moi une véritable épreuve. J’avais beau me battre pour formuler des phrases, toujours je butais sur les mots. Alors je m’évadais en faisant de l’équitation. Ou en prenant des cours de violoncelle. Quand on a besoin de s’exprimer sans paroles, la musique est la meilleure amie qui soit.» Aussi la jeune Emily adorait-elle le chant. Ne lui permettait-il pas de faire usage de se faire entendre... sans plus de souci d’élocution?

    «Quand j’étais petite, mes parents ont tout essayé. J’ai suivi des traitements avec des médecins, travaillé avec des spécialistes de la diction, pratiqué des exercices de relaxation – rien n’y a fait.» Se pourrait-il qu’un événement douloureux ait déclenché son bégaiement, à 8 ans? «Non, répond-elle. Je n’ai pas le souvenir d’un choc particulier.» Et l’actrice d’enchaîner: «C’est un mal bien plus fréquent qu’on ne le pense et, si j’en parle, c’est pour servir d’exemple. De nombreuses stars, comme Bruce Willis, ont souffert de ce handicap dans leur jeunesse…»

    Des fées sur sa route

    Pour la préadolescente, la vie bascule en 1995. Emily a alors 12 ans. Elle étudie à la Ibstock Place School, une école indépendante fondée sur la conception pédagogique d’éveil par le jeu. C’est là qu’elle rencontre sa première «fée», «une de mes profs, qui m’a proposé l’impensable: intégrer la troupe de théâtre de l’école». En guise de baguette magique, l’enseignante a ce conseil tout simple: «Dire mes répliques en prenant un accent… Et ça a marché! Pour la première fois de ma vie je me suis retrouvée sur une scène, à parler sans bégayer. J’ai eu l’impression de renaître.»

    Dès lors, la Londonienne de bonne famille brûle les étapes. Découverte par un agent de théâtre dans une pièce de fin d’année à la Hurtwood House, collège privé connu pour son programme d’arts de la scène, elle joue bientôt dans «The Royal Family». Aux côtés de Judy Dench, comédienne shakespearienne connue des amateurs de James Bond sous le nom de M, patronne des services secrets british (et qui, dans la vraie vie, s’est vue élevée au rang de dame commandeur de l’ordre de l’Empire britannique, ndlr). «Dans la profession, Dame Dench est ma marraine. Au soir de la Première, elle est venue me dire: «Si, dans ce métier, quelqu’un t’embête, appelle-moi...»

    «D’autres fées ont accompagné ma carrière de débutante, poursuit la jeune femme. Aux Etats-Unis, Meryl Streep m’a prise sous sa protection...» Du «Diable s’habille en Prada» – avec Meryl Streep, donc – à «Sicario», actuellement sur les écrans suisses, en passant par «Wolfman» avec Benicio Del Toro ou «L’agence» avec Matt Damon, l’Anglaise a su s’imposer à Hollywood. Et prouver la richesse de son répertoire en endossant, d’un film à l’autre, des rôles aussi variés que contrastés.

    Ce goût du risque, et du jeu, Emily l’a hérité de sa famille. «Papa m’a ouvert l’esprit en m’apprenant à ne pas redouter l’échec, maman m’a donné des ailes pour ne pas avoir peur de la scène… Le virus de la comédie, c’est d’elle que je le tiens, c’est sûr! Même si elle avait renoncé aux auditions et au spectacle avant ma naissance pour élever ses quatres bébés. Quand je vois mon petit frère (ndlr: Sebastian, 26 ans, qui multiplie les petits rôles au cinéma) embrasser aussi cette carrière, je suis certaine que cela nous vient de maman.»

    Chacun trouve son happy end

    Bien armée, donc, la sergente Rita Vrataski d’«Edge of Tomorrow» (avec Tom Cruise)! Ce qui ne l’a pas empêchée de récolter quelques coups de la vie, admet-elle. «Nous en recevons tous. Certaines plaies sont plus difficiles à panser que d’autres, mais l’on apprend avec les années que la seule solution est de faire face et d’avancer. L’existence n’est pas un conte de fées. La mère de Bambi meurt dans le dessin animé, Dumbo est arraché à sa mère enchaînée… A chacun de nous de trouver son happy end.»

    Côté amour, la belle semble l’avoir trouvé, son happy end! Il y avait eu, en 2005, sa relation avec le chanteur canadien Michael Bublé. Pour qui elle était partie s’installer à Vancouver et qu’elle quittait en 2008: le crooner était infidèle. Quelques mois plus tard, elle rencontrait John Krasinski, acteur rendu célèbre par la série «The Office». Dès lors, tout est allé très vite.  Fiancés l’année suivante, mariés en 2010, ils sont aujourd’hui les parents comblés d’une petite fille de 20 mois, Hazel. «Nous ne nous sommes pas posé de question. Tout s’est fait naturellement car nous étions faits l’un pour l’autre.»

    Côté cinéma, ça ne va pas trop mal non plus. Et 2016 pourrait être une grande année pour l’actrice, puisqu’on la dit favorite, avec une poignée d’autres, pour une nomination tant aux Golden Globes qu’aux Oscars. Pour son rôle dans «Sicario», de Denis Villeneuve. Elle y interprète le rôle de Kate, jeune recrue idéaliste du FBI qui, confrontée aux cartels mexicains de la drogue, voit ses valeurs et ses convictions voler en éclats. «Un rôle complexe, trop beau pour que je puisse le refuser. Même si, pour la jeune maman en pleine «période couches» que j’étais, c’était ultraviolent.»

    Vous avez dit violent? Kate-Emily s’y bat «comme un homme». Contre un ancien boxeur, en plus (Jon Bernthal, de la série «The Walking Dead», ndlr). «J’ai tourné une longue scène de combat avec lui. Il m’a dit de ne pas avoir peur de le frapper pour de vrai. Mais j’ai pris des coups aussi! Ce sentiment de me battre contre un homme bien plus fort que moi… c’était dantesque. J’en ai eu des insomnies pendant plusieurs nuits.»

    «Au fait, lâche à brûle-pourpoint la combattante, il est grand temps que j’aille retrouver mon bébé.» L’instant d’après, elle est debout. «Dites bien aux Suisses que j’adore leur pays», ajoute-t-elle dans un sourire. Pardon? «J’étais à Genève en début d’année pour le salon international de la haute horlogerie.» L’égérie des montres IWC et du parfum Opium d’Yves Saint Laurent esquisse quelques pas vers la sortie, s’arrête, se retourne et lance: «J’espère bien revenir en Suisse prochainement. Pour un tournage ou des vacances privées... Ciao!» Forte, séduisante, joueuse, parfaitement à l’aise: une vraie professionnelle, on vous dit!

    Curriculum vitae

    1983 Emily Olivia Blunt naît le 23 février, à Wandsworth (au sud de Londres).

    2010 Son mariage avec John Krasinski, le 10 juillet, dans la propriété de George Clooney, un intime du couple, sur les bords du lac de Côme, en Italie.

    2014 Naissance de Hazel, leur fille, le 16 février.

    Questions d’enfance

    Odeur d’enfance Les pommiers en fleur des parcs de ma jeunesse.

    Ma sucrerie favorite Les bonbons mous à base de gélatine et en forme de petites bouteilles de coca qui s’appellent Fizzy Cola.

    Mon jouet d’enfance Une peluche qui s’appelait Bob l’ourson et qui avait un ruban autour du cou. Moi je l’avais surnommé Boy.

    Mon légume détesté Les carottes, qu’elles soient crues ou cuites. Maman a tout essayé pour m’en faire manger mais c’était plus fort que moi. Même le gâteau aux carottes, je n’arrivais pas à l’avaler.

    Mon premier amour Il s’appelait Alexander. Il avait 6 ans et moi 5. Je pensais à lui tout le temps, je me rappelle. J’en étais obsédée. Et je trouvais qu’il portait le plus beau des prénoms.

    Mon dessert enchanteur N’importe quel gâteau au chocolat! Mais mon préféré, de loin, était le moelleux au chocolat. J’ai appris la recette par cœur et c’est devenu ma spécialité. C’est un mi-cuit très difficile à réussir car il faut le cuire suffisamment pour qu’il soit solide mais pas trop, pour qu’il reste mou et tendre au milieu…

    Mes premières vacances Nous allions en famille au Portugal chaque été. Mes sœurs, mon frère et moi étions très impatients d’y être car, en vacances, nous avions le droit de faire des choses interdites le reste de l’année. Comme de nous coucher tard.

    Un vêtement dont j’étais fière J’avais un manteau d’homme que je trouvais sublime.

    Mon héros préféré Atticus Finch, héros du livre «Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur», plus tard adapté au cinéma («Du silence et des ombres»), avec Gregory Peck.

    Emily Blunt en images


    ©Yu Tsai/Contour by Getty Images; Getty Images

    Emily et Felicity, sa sœur aînée, au festival du film de Sydney, en 2005.
    Mère et fille en 2002, à Londres, pour la première de «The Royal Family».
    Emily et John Krasinski, fin 2009, peu de temps avant leur mariage.

     

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