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Disneyland Paris remonte le temps

Jenifer high res

Jennifer Segui à Disneyland Paris, mai 1996 (à gauche) et avril 2012 (à droite).

© DR

L’expo «Back to your future» est à contempler chez Colette à Paris jusqu’au 30 juin 2012. Célébrités, visiteurs anonymes ou membres du personnel ont joué le jeu avec humour. Notre journaliste Jennifer Segui a eu la chance de pourvoir participer à l’aventure. Récit

Faire un bon dans le passé ne serait-ce que pour quelques minutes… Prêter son corps de maintenant à ses vieux effets d’avant. Revivre un instant qui, jusqu’ici, était demeuré unique… Depuis deux ans, la photographe Irina Werning travaille à reconstituer de vieilles photos en invitant les protagonistes d’antan à reprendre la pause. Une photo de promo, un nourrisson et son hochet, un tête à tête amoureux… chaque situation, Irina la décortique, l’analyse et parcourt le monde pour la fixer à nouveau sur la pellicule.

Cette idée, la jeune argentine l’a eue en préparant le mariage d’une amie: «Pour lui réaliser un diaporama, j’ai recherché plein de photos de son passé. Il y a eu comme une ampoule qui s’est éclairée au dessus de ma tête.» Position, lumière, vêtements, expression, lieu. Voici les incontournables pour réussir un parfait retour dans le temps. Et attention, aucune triche possible. Photoshop, tout comme tout autre logiciels menteur, est banni. Intitulée «Back to the Future», sa démarche personnelle a tout de suite plu à Disneyland Paris, à la recherche d’un projet photographique autour de son vingtième anniversaire. Back to your future était né et allait inviter célébrités ou anonymes à envoyer leurs photos prises sur le parc ces dernières années pour reprendre la pause. Une aubaine pour Irina qui avait toujours envisager de faire l’une de ses images à Disney: «Pour moi qui travaille sur l’enfance, sur l’émotion, sur le temps, il était évident que j’allais faire une photo dans l’un des parcs. Mais j’aurais dû demander les autorisations, attendre… Et là, j’ai pu faire ce que je voulais, quand je voulais.»

Perfectionniste, Irina ne laisse rien au hasard et s’occupe elle-même de la réalisation des costumes: «Je vais dans les boutiques, je cherche sur le Net. Parfois je fabrique moi-même en cousant ou en créant des transferts pour un T-shirt par exemple.» Un travail d’artiste et d’artisane pour un retour dans le passé entièrement réalisé sans trucages.

Exposition visible jusqu’au 30 juin 2012 au waterbar de la boutique Colette à Paris, 213, rue Saint-Honoré, 75001, Paris. www.colette.fr

La machine à remonter le temps

«Lorsqu’on m’a demandé d’envoyer quelques photos prises dans le passé au cœur du célèbre parc, je ne me doutais pas encore que j’allais voyager dans le temps.

Retour en arrière: 1996. Je vis à Paris depuis quelques mois pour mes études. Le parc, lui, a ouvert ses portes trois ans auparavant. Autant dire que je profite de la proximité pour visiter maintes et maintes fois ce lieu où sont mis en scène tous le personnages qui ont bercé mon enfance. Un petit coup de blues, une visite familiale et hop ! Direction Marne la Vallée !

Ce jour de mai 1996, je suis donc en visite. Il est tôt, Eurodisney, c’est le nom que le parc porte encore à l’époque, vient d’ouvrir ses portes. C’est un jour de semaine, hors vacances scolaires. Il n’y a pas foule. Je marche donc devant le château de la Belle au Bois Dormant exempt de toute présence humaine. Ce qui est, selon les pros du lieu, rarissime. Mon petit copain de l’époque, qui est aujourd’hui mon mari, prend cette photo. Je plisse un peu les yeux. Malgré les nuages, la luminosité est forte. Un vrai ciel parisien.

Treize avril 2012. Me voici de retour sur le parc pour «refaire le match». Les semaines précédentes, j’ai du me mesurer sous toutes les coutures pour qu’Irina prépare mon costume. Rendez-vous est donné à 8 heures du matin, une heure avant l’ouverture des portes. Lorsque j’arrive, Irina vient à ma rencontre l’air désespéré: Le ciel est trop bleu, la lumière trop forte. Elle ne peut pas shooter, Par chance, je suis encore là le lendemain. Et j’accepte sans sourciller le rendez-vous fixé à 6 heures le matin, juste au lever du jour.

Quatorze avril. Dans une petite salle du Disneyland Hôtel, où tout le monde dort encore, je retourne en arrière en passant les vêtements. Irina a fait des merveilles, la tenue est presque la même qu’il y a 16 ans. Seule la veste aura droit à un coup de ciseau sur l’arrière pour atténuer l’effet cintré. Je pénètre dans le parc presque vide. Seuls les nettoyeurs et les camions de transport de fond et de livraison s’activent. Fascinée, je contemple le parc côté coulisses, comme je ne l’ai encore jamais vu. Seule l’odeur du pain en train de cuire dans la bakery de Main Street me distrait un brin. Réveillée aux aurores, je n’ai pas pu prendre de petit déjeuner.

Devant le château, Irina pose son trépied à la recherche du cadre exact. Je me place en attendant que la lumière soit optimale. Pendant près de 25 minutes, je garde la pose, inconfortable, un pied en avant, les mains crispées. Et je me rends compte que la petite musique qui accompagne les visiteurs tout au long de la journée dans le parc se fait entendre même lors des horaires de fermeture. Le balai des camions nettoyeurs prend une toute autre dimension ainsi rythmé.

Enfin, la photo se termine. Irina est satisfaite, je quitte le parc en croisant les visiteurs du jour qui se pressent pour être les premiers dans leur attraction préférée. Il est temps pour moi de rentrer à l’hôtel pour prendre un bain chaud et un solide petit déjeuner.

Un mois plus tard, je découvre le cliché. Sentiment étrange de se contempler. La même, mais autrement. La transformation physique est là. Les années se font sentir. Mais le résultat est assez fascinant. Le travail artisanal d’Irina, alors que d’autres se contenterait d’un montage photoshop, rend la chose magique. Le temps qui passe s’est incarné dans ces deux photos. Passé et futur s’entrecroisent. Au moment de se quitter, Irina m’a donnée rendez-vous dans vingt ans pour la suite. J’ai dit Ok. Les années, les rides… même pas peur!»

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