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Rencontre avec Marzella, deux musiciennes romandes que rien n'arrête

Rencontre marzella musiciennes que rien narrete

«Le retour qui me rend la plus heureuse, c’est quand une personne nous dit qu’elle se sentait triste et qu’un de nos morceaux l’a aidée à aller mieux.» – Ella Malherbe

© ANNE GERZAT

Leurs voix se complimentent, leurs univers se complètent. Au fil des années, leurs créations musicales évoluent, osent une exploration plus personnelle. Depuis leur rencontre sur les bancs de l’école, rien ne semble pouvoir freiner l’élan créatif de Marzia et Ella (alias Marzella), autrices compositrices et interprètes de 28 ans, dont le titre Never Again charme les ondes de la radio depuis le mois de juin 2022. Après To You, un premier album produit en 2015, elles ont enchaîné avec Season of Life, en 2019, dont les accords poétiques ont propulsé les musiciennes sur de nombreuses scènes, dont celle du Montreux Jazz Festival. Un rêve se réalisait – et ce n’était pas le dernier. Leurs voix, aussi différentes qu’harmonieuses, semblent avoir mûri en parallèle à leurs textes, qui abordent souvent de grands questionnements, doutes et émotions fortes.

En attendant leur prochain album, dont la sortie est fixée au printemps 2023, on pourra déjà écouter le single Suspension, en ligne dès le 22 novembre 2022. Un programme déjà bien rempli, dites-vous? Le talentueux duo multi-instrumentiste ne s’est pas arrêté là, sachant que Marzella a également réalisé la bande originale du documentaire Cascadeuses, en salle depuis le 9 novembre 2022 et primé au Zurich Film Festival. Avec le titre du générique, You Don’t Own Me, mis en ligne le 2 novembre, elles invitent des notes rock et rebelles, parfaitement adaptées aux quotidiens intrépides des trois cascadeuses professionnelles qu’on découvre dans ce film, signé de la réalisatrice jurassienne Elena Avdija.

«On s’est beaucoup identifiées aux héroïnes du documentaire, même si on ne fait pas de cascades nous-mêmes, commente Ella. Je pense qu’on comprend un peu ces femmes, dans le sens où elles suivent leur passion, même quand cela a des répercussions sur leur vie. Elles ne peuvent pas arrêter, car c’est ce qu’elles aiment faire et c’est l’activité qu’elles ont choisie.» Concernant ce choix, la jeune femme se réfère aux textes de leur musique qui, justement, expliquent ce point commun: «Dans l’un de nos morceaux, on évoque justement tous les chemins possibles qu’on aurait pu emprunter. Mais on a choisi celui-ci, pour le meilleur et pour le pire.»

Leur chemin, elles le pavent avec authenticité, à leur image. Depuis le début, Marzia et Ella puisent dans leurs racines respectives, italienne et irlandaise, pour infuser trois langues différentes à leurs compositions, fusionnant la puissance percutante de l’anglais, la mélodie élégante de l’italien et la grâce théâtrale du français. Les refrains oscillent d’une langue à l’autre, créant un mélange de tonalités unique. «Notre musique évolue au fil du temps, précise Marzia. On y a ajouté une touche plus rock et plus électro, selon les enregistrements. Chacune d’entre nous a pu mettre en avant ses propres différences, sans toujours se fondre dans l’autre.

On n’a plus peur de laisser l’autre toute seule et chacune ose prendre sa place.»

Expliquant que cette évolution est difficile à décrire et se ressent surtout dans les nuances, Ella ajoute: «Nous sommes deux personnes différentes qui se donnent à fond et dont l’énergie qui en résulte n’est pas la même. Pour ma part, j’avais envie de danser sur scène, de laisser mon corps se mettre en mouvement. C’est ce que j’ai exploré à fond pour le nouveau set. Au début, on se disait que Marzella se limitait forcément à “deux filles derrière leurs instruments". Mais on a réussi à casser ces barrières.» Cela se ressent notamment dans le puissant Never Again, qui donne envie de bondir et de chanter, tant il est facile de s’identifier aux paroles.

Danser et pleurer

Comme beaucoup d'artistes, c'est sur scène que Marzia et Ella se sentent réellement la connexion avec le public: «En live, on a envie que les gens s’amusent, qu’ils oublient leur quotidien le temps d’un concert, partage Marzia. Et que chacun-e parte en se sentant énergisé-e, inspiré-e, avec des étoiles dans les yeux. Durant l’un de nos derniers concerts, à Yverdon, une fille dans le public a pleuré tout le long. On ne s’attendait pas à ce que notre nouveau set, qui bouge plus, crée autant d’émotion qu’avant, quand la musique était plus calme. En fait, elle en a créé encore plus! On passe par différentes palettes d’émotions et je crois que le public le ressent.»

Pari réussi, puisque les artistes ont laissé leur musique changer et s’épanouir en même temps qu’elles. «Quand on arrive à se libérer de nos barrières mentales et à s’exprimer sans filtre sur scène, j’ai l’impression que les gens participent à quelque chose de libérateur et qu’on parvient à leur communiquer cette énergie, partage Ella.

Le courage de réaliser ses rêves

Or, chaque journée ne se résume pas à de la musique live. Les créatrices de Marzella travaillent, se démènent et prennent les devants. «Les jours qui suivent nos concerts, je me sens heureuse, remplie, décrit Marzia. Même les tâches difficiles me paraissaient moins compliquées à réaliser. Mais ce n’est pas toujours ainsi!

Parfois, on oublie qu’on a beaucoup travaillé et qu’on a récolté les fruits de ces efforts. Avec Ella, on essaie de se rappeler de célébrer nos victoires de temps en temps.»

Comment parviennent-elles à dépasser les moments plus difficiles, le trac, les doutes? Ella réfléchit un instant avant de répondre: «La motivation n’est pas toujours présente, mais je me dis que je n’ai pas le choix. Si je veux y arriver, je dois faire des efforts, et personne ne va les fournir pour moi! Depuis le début, on prend les devants et on essaie d’être aussi proactives que possible, en démarchant les salles de concert, par exemple. Et sans s’attendre à ce que les opportunités tombent du ciel: on doit aussi créer nous-mêmes.» Puis, après des mois de travail, vient le moment tant attendu où la musique est diffusée, présentée au monde, envoyée dans l'univers telle une bouteille à la mer remplie d'étoiles, d'émotions et d'efforts. «Quand un album ou un single sort c’est une sensation assez dingue, car ce projet est comme notre bébé, souligne Ella. On a mis tellement de cœur et de temps dans nos chansons qu’une sortie est toujours émouvante. Et ces productions sont lancées dans l’univers d’une seconde à l’autre, avec un simple clic! C’est terrifiant et très enthousiasmant à la fois.»

Enthousiasmant, car ces condensés de créativité, de réflexions personnelles et de poésie se retrouveront ensuite dans les écouteurs, dans les enceintes, sur les scènes et à la radio. Les auditeurs-trices intègrent les musiques à leur vie, les font leurs, à leur tour. Ella conclut: «Le retour qui me rend la plus heureuse, c’est quand une personne nous dit qu’elle se sentait triste et qu’un de nos morceaux l’a aidée à aller mieux». Marzella, un antidote au blues d’automne.

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