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Notre avis sur le film «Aline», avec Valérie Lemercier

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«C’est quand j’ai vu Céline faire ses premiers pas sans René, ça m’a énormément touchée. Je connaissais bien ses chansons, surtout celles écrites par Jean-Jacques Goldman, moins son répertoire anglais. Mais c’est vraiment quand je l’ai vue entrer toute seule dans l’église le jour de l’enterrement de René… Je me suis identifiée.» - Valérie Lemercier, dans Vogue.

© Jean-Marie Leroy

Ce qu'on a aimé

1. L'hommage rendu par Valérie Lemercier

C'est avec un fin mélange d'humour et de respect que la talentueuse comédienne de 57 ans se glisse dans la peau de la star internationale Aline Dieu. Sans jamais tomber dans la moquerie ou le sketch, Valérie Lemercier s'imprègne des émotions de son personnage, alors que des pans de fiction viennent enrichir les faits biographiques avérés. Chaque scène respire l'admiration de l'actrice pour Céline Dion, représentée ici comme une femme ordinaire, folle amoureuse, très attachée à sa famille... et dotée d'un don incroyable pour le chant. Auprès du magazine Vogue, dont elle fait la Une en novembre 2021, la comédienne raconte: «C’est quand j’ai vu Céline faire ses premiers pas sans René, ça m’a énormément touchée. Je connaissais bien ses chansons, surtout celles écrites par Jean-Jacques Goldman, moins son répertoire anglais. Mais c’est vraiment quand je l’ai vue entrer toute seule dans l’église le jour de l’enterrement de René… Je me suis identifiée.»

Certaines critiques évoquent un fantasme égoïste, une envie absurde de se prendre pour son idôle... Mais en voyant les efforts fournis par Valérie Lemercier pour reproduire la gestuelle et le langage corporel de Céline Dion, on pense surtout à un hommage, de ceux qui émeuvent immédiatement. D'ailleurs, regarder Aline, c'est osciller sans cesse entre rires attendris et larmes - de joie et de tristesse. Quant à l'accent québécois de Valérie? Un détail. Sans être linguiste, on comprend que l'actrice a juste fait son travail, en rendant ses répliques facilement compréhensibles de toutes et tous.

© Jean Marie Leroy

2. L'histoire d'amour entre Aline et Guy-Claude

Laissons de côté le sujet délicat de la différence d'âge (bien suffisamment évoqué dans la presse au fil des années...) pour considérer la célèbre histoire d'amour en tant que telle. Dans Aline, l'héroïne et son agent, Guy-Claude Kamar (Sylvain Marcel), tombent progressivement fous amoureux, avant de se l'avouer enfin, lorsqu'Aline est devenue adulte. Leur histoire se trouve évidemment au cœur du film, comme elle a toujours trôné au centre de la vie de Céline Dion, si bien qu'on se laisse émouvoir, une fois de plus, par ce couple mythique. La preuve: la scène de leurs fiançailles m'a autant fait pleurer que celle des funérailles de Guy-Claude.

«Quand j'ai lu le scénario, je suis aller déjeuner avec Valérie, se souvient Sylvain Marcel dans une interview filmée pour The Red Heads. Vous savez, au Québec, beaucoup de moqueries entourent Céline et René. On les imite souvent, ce sont des personnages plus gros que nature. Et je pensais que ce film allait être comme cela. Alors j'ai demandé à Valérie ce qu'elle voulait faire. Je ne comprenais pas, je pensais qu'il s'agirait encore d'une parodie. Elle m'a répondu que ce serait une histoire d'amour, le récit d'un couple qui s'est conquis et qui a conquis la planète». Voilà qui est bien résumé, puisqu'Aline et Guy-Claude nous ont conquises aussi.

3. L'émotion palpable, durant tout le film

Oui, un film de deux heures peut être qualifié de «long»: mais cela ne risque pas de gêner les âmes sensibles ou les fans de films romantiques, surtout si vous ne connaissez pas encore la vie de Céline Dion sur le bout des doigts. Car tout au long de la production, les émotions virevoltent et nous embarquent dans une montagne russe de comique et de nostalgie. Voir Aline Dion subjuguer le public, entendre qu'un «chantier» doit être réalisé pour corriger sa dentition, danser dans sa cuisine, pleurer sur scène à la mort de son papa... On ne vous dit pas tout, mais sachez que les titres de Céline Dion intervenant dans tout le film ne seront pas les seuls à vous donner des frissons!

4. Le personnage de Sylvette Dieu, incarnée par Danielle Fichaud

Mention spéciale pour cette incroyable actrice canadienne, parfaite dans la peau de Maman Dieu (alias Maman Dion), éternelle et irréductible protectrice d'Aline, sa fille cadette. C'est elle qui nous tire les plus bruyants gloussements, surtout lorsqu'elle se montre féroce pour défendre «son bébé», ou qu'elle essaie de l'empêcher de tomber dans les bras de Guy-Claude. Le papa d'Aline (Roc LaFortune) et son frère aîné Jean-Bobin (Antoine Vézina) sont également très touchants, à l'instar de toutes les scènes nous présentant la chaleureuse complicité de la famille Dieu. Un seul mot nous vient pour les décrire avec justesse: «chou»!

Ce qu'on a moins aimé

1. Les scènes de l'enfance d'Aline

Le film démarre en effet par un flashback de plusieurs décennies, avec la romance des parents d'Aline, au Québec, et la construction progressive de leur grande famille. Dès qu'apparaît l'héroïne, petite dernière de la tribu, on retient une légère grimace d'embarras: c'est Valérie Lemercier, rajeunie grâce à des effets spéciaux, qui incarne la petite fille. L'effet est étrange, sachant que le visage de la comédienne quinquagénaire est indéniablement reconnaissable. Il en va de même pour la version d'Aline âgée de douze ans: il est impossible de croire que l'actrice qui l'incarne est effectivement pré-adolescente. On se demande si cette décision s'explique par une envie de bâtir plus justement le crescendo de l'histoire amoureuse entre Aline et Guy-Claude, lesquels se rencontrent lorsque la chanteuse est adolescente? L'idée est compréhensible, mais l'effet reste étrange. Heureusement, tout s'arrange dès que la protagoniste atteint l'âge adulte.

2. La ligne parfois floue entre parodie et biopic

Si le long-métrage ne se moque jamais ouvertement de son personnage principal, certaines scènes nous ont laissées perplexes, entre rire et gêne. Il semble en effet que Valérie Lemercier ait mis un point d'honneur à souligner la candeur, l'authenticité d'Aline, sachant que Céline Dion a souvent été louée pour sa capacité à garder les pieds sur terre. Or, à quelques reprises, l'innocence de l'héroïne frôle dangereusement la naïveté ou même la niaiserie. Dans la majorité des cas, les plaisanteries sont attachantes et suffisamment respectueuses, quelques répliques floutent la frontière entre le biopic et la parodie. Cela s'explique forcément par le fait qu'il s'agit ici d'un faux biopic: la marge créative offerte par ce projet laisse davantage de place à la théâtralité cinématographique.

En bref:

Si vous aimez la musique de Céline Dion, ne vous posez plus de questions: foncez! Si vous n'appréciez pas forcément ses morceaux mais que le personnage vous fascine, foncez aussi! Vous risquez de trouver le long-métrage un tantinet trop long, mais un penchant pour les films romantiques compensera largement cela. Nous, on est encore toutes émues et voilà deux heures qu'on écoute All by Myself en boucle.

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