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Musique: Rencontre avec Kalika, une chrysalide hyperpop

Musique: Rencontre avec Kalika, une chrysalide hyperpop

«Après la sortie de la chanson, j’ai pris une vague de haine assez violente. Ce ne sont généralement que des vieux gars d’extrême droite qui mettent des gifs d’Eric Zemmour ou me disent que je suis une traînée.» - Kalika, chanteuse

© MATHIAS ADAM

«Oh je ne sais plus où donner de la langue, oui j’ai sucé tous les glaçons», le refrain de la chanson de Kalika est presque aussi entêtant que celui du Can’t Get You Out of My Head de Kylie Minogue. Un tube, un vrai. Hyperpop, rare et puissant, comme on les aime. Kalika n’avait que trois ans quand la pop star australienne faisait «lalala» au volant de sa De Tomaso Mangusta dans le clip anthologique accompagnant sa ritournelle robotique. Entre 2001 et 2022, les temps ont changé. Pour commencer, les réseaux sociaux ont remplacé MTV. Avec eux, le déferlement de fiel est presque devenu une nouvelle norme. Finies, les émissions de variété à la papa dans lesquelles Alizée se trémoussait en microshort le samedi soir à la télé.

À ce propos, dans une autre vie, Kalika s’appelait Mia et entrait dans La Nouvelle Star sur M6 en 2016 avec sa version dark de Moi, Lolita face à un jury médusé. Depuis, disparues les rondeurs adolescentes, et il faudrait plus qu’un JoeyStarr mal luné pour la perturber. Kalika est née. La variété française, elle a grandi avec.

«J’adore Jeanne Mas. Avec ma mamy on l’écoutait à fond dans son gros camion. J’étais trop fan!» s’enthousiasme-t-elle pendant l’entretien, camouflée sous le capuchon de son hoodie.

Elle, ce n’est pas de l’or qu’elle met dans ses cheveux, ce sont des étoiles, qui ornent sa coupe digne de Sailor Moon. L’artiste de 23 ans ne fait rien à moitié, ses looks hauts en couleur sont subversifs jusqu’au bout de ses ongles vernis comme un camion volé.

Hymne générationnel

Désormais, la musique se partage de façon organique et les nouveautés sont teasées sur les apps qui algorithment nos quotidiens. Kalika a choisi Instagram pour titiller ses followers avec sa nouvelle chanson en duo avec Yelle. «T’aimes pas mon allure, moi j’aime pas tes peintures. T’étales ta culture comme de la confiture…»: le premier couplet s’inscrit totalement dans la transmission d’un hymne générationnel. Quelle jeune femme n’a jamais subi la drague lourdingue et malaisante d’un homme qui n’en a pas conscience, sûr de son charme, accoudé à un bar? La thématique de la chanson est universelle. «Le mec dans le clip, c’est mon manager en fait, dit-elle en riant. Il a été trop chou de jouer le rôle de relou alors qu’il ne l’est pas du tout en réalité.»

Le sexe de son point de vue

Sublime clin d’œil de sororité en guise de passation de flambeau, Yelle incarne la mère de Kalika dans le clip. Leur complicité tue tout.

Comme l’artiste de Saint-Brieuc en Bretagne célébrée aux États-Unis autant qu’elle est incomprise en France, Kalika chante en français. Se sent-elle aussi condamnée dans son propre pays, de ne pas se couler dans une case formatée? «Ah ouais, de ouf. Pas tant au niveau du public, j’ai noué des liens très forts en faisant beaucoup de concerts. La scène, c’est une vraie connexion, observe-t-elle. Mais je sens un frein au niveau médiatique, il y a clairement ce truc de «On ne va pas t’aider ma petite». Même les médias de la hype, parfois ce sont les pires, ça me fait bien rire!»

«Ça dérange beaucoup de voir une jeune femme qui sait ce qu’elle veut et qui parle de sexe de son point de vue à elle. Les glaçons, c’est comme Les sucettes que Serge Gainsbourg avait composée pour France Gall.»

«Si la chanson avait été écrite par un gars, ça aurait été OK, sauf que là, ça vient de moi, il y a ce truc puissant qui ne passe pas.» Alors la petite haine ordinaire sur les réseaux, Kalika en a fait les frais. «Après la sortie de la chanson, j’ai pris une vague de haine assez violente. Ce ne sont généralement que des vieux gars d’extrême droite qui mettent des gifs d’Eric Zemmour ou me disent que je suis une traînée. Je reçois des menaces de mort!» Au lieu de tendre l’autre joue, elle tend un miroir à ses détracteurs qui n’apprécient pas forcément leur reflet. Décidément, la nature humaine…

Musique: Rencontre avec Kalika, une chrysalide hyperpop
© MATHIAS ADAM

Sa bio express

  • 1998 Elle pousse son premier cri.
  • 2016 En mai, lorsqu’elle s’appelait encore Mia, elle se battait en finale de La Nouvelle Star contre Patrick, qui l’emportait.
  • 2021 Son premier concert au centre culturel parisien La Bellevoise affiche sold out. Le 14 janvier de la même année sort son premier titre sous le nom de Kalika, L’été est mort.
  • 2022 Son premier EP, Latcho Drom, sort le 4 mars.
  • 2023 Ses fans attendent patiemment la sortie de son premier album, annoncé pour le printemps.

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