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Sur scène, tous d’elles fusionnent, leurs deux voix, posées sur un piano et des percussions afro-cubaines et leur son, mixé de samples hip-hop, de chants tribaux et d’électro délicate. Mystique et unique. Comme hypnotisé, le public avale d’une traite les paroles des comptines vaudous et ovationne cette mini tribu de révélations soul pop. Montreux a accueilli en juillet 2015 un vivier de talent au charme provenant des racines de la Terre. Il fallait les dénicher. Et maintenant, il va falloir les réinviter Messieurs les organisateurs. Sinon, les fans pourraient gronder plus forts que les cris de tous les ibeyis réunis.

Un tandem qui réinvente la musique du monde

Un univers musical fort donc, un album «Ibeyi», habité, intime, organique et des voix comme des mirages sonores… A 20 ans, Lisa-Kainde et Naomi Diaz, ces jumelles françaises nées de mère vénézuélienne et de père cubain sont d’incroyables oiseaux urbains. Depuis une enfance passée entre Paris et Cuba, leur duo est à la fois leur travail, leur vie, leur force et leur rempart. Car depuis l’âge de 11 ans, ces deux jeunes femmes sont orphelines de leur père Miguel «Angá» Díaz, l’un des plus fameux percussionnistes, il meurt d’un infarctus. Puis, autre coup dur, leur sœur, décède il y a deux ans. Ibeyi donne ainsi, vous l’aurez senti, une âme, un aura au dance-floor, souvent bien trop commercial.

Dans leur façon de faire transiter l’esprit des morts, elles ont le goût du sacré, on devine, en héritage familial. Même dans le cajón de Naomi, on sent planer la beauté de la nostalgie des disparus. Certains cognent, Naomi percute le silence pour parer l’absence. Et Lisa, et bien elle enfonce ses touches de piano comme pour invoquer l’espoir. Leur histoire est déjà belle comme une légende. Elle nous en raconte une petite partie avant leur live. Attention, prodiges juvéniles à suivre.


Photos: Marc Ducrest

FEMINA On décrit souvent votre musique comme un deuil ou une nostalgie, comment la décryptez-vous?
Ibeyi C’est une question que l’on nous posait souvent, alors on a décidé de dire que notre musique était du négro-spiritual-contemporain. Ça résume bien notre travail. On utilise des prières yorubas et en même temps c’est contemporain car on les mélange avec de la musique qu’on écoute. Pour être franche, on fait aussi de la soul-yoruba-down-tempo-électro et un peu de hip-hop!

Un mot pour résumer tout cela?
Le mot qui me vient en tête, c’est espoir. On a envie de faire une musique qui donne de l’espoir.

A quoi ressemble votre groupe de sœurs?
Sur scène, c’est magique. C’est génial de chanter avec quelqu’un qui sent les choses en toi. On n’est pas obligé de parler pour s’entendre. Aussi dans la musique, avoir un groupe, ce n’est pas d’essayer forcément à avoir la même vision, mais fusionner des univers. Cela fonctionne entre nous pour cette raison.

Le trop chou selfie de #ibeyi pour #feminasuisse #MJF15 l'interview à suivre sur Femina.ch @ibeyi2 @ibeyitwins

Une photo publiée par Femina (@feminasuisse) le

Vous chantez en anglais et yoruba (de la famille des langues nigéro-congolaises). Que racontez-vous?
On se raconte nous. On a essayé de faire un album hommage pour notre père et notre sœur disparus, de parler de sujets importants: la vie, l’amour, la mort… dans toutes ses formes. L’amour familial, fraternel ou passionnel.

Les personnes qui inspirent votre travail?
Ou la la! Cela peut être Nina Simone, Frida Kahlo, Francis Bacon, Angélique Kidjo, John Wayne ou encore Eminem! Nos vies et nos émotions vous inspirent également pour écrire.

Ou puisez-vous votre force?
Dans l’autre. Quand l’une de nous n’a pas d’énergie, elle va se caler sur l’autre.

Les dates de lives sont sur le site d'Ibeyi.

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