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Cinéma

«Downton Abbey»: pourquoi l’adaptation de la série est-elle LE film à voir cet automne?

Downton abbey film critique

Durant deux heures, les domestiques et la famille Crawley font revivre Downton pour le plus grand bonheur des amateurs de la série.

© Carnival Film

Lorsque la salle s’obscurcit, on ne distingue pas les personnages, simplement de petits détails. Le cachet d’une lettre que l’on referme et que l’on scelle avec précaution, qui passe ensuite de mains en mains, de Buckingham Palace jusqu’à l’office de poste, du facteur jusqu’à Downton, enfin. Durant cette scène d’ouverture, la musique de générique qui a bercé les 6 saisons de la série britannique résonne alors. Et la magie opère…

On se retrouve à nouveau plongé en 1927, dans ce château si particulier. On a alors l’impression de pouvoir humer les petits plats mijotés de Madame Patmore, de se glisser dans les pas de Barrow pour se précipiter dès qu’une sonnette retentit, de marcher aux côtés de Mary et Tom lorsqu’ils inspectent le domaine.

Le style Fellowes

L’intrigue se résume en une phrase: Downton est en effervescence, car le roi et la reine d’Angleterre visiteront le château dans le cadre de leur tournée dans le Yorkshire. Vous l’aurez compris: non, il ne se passe pas grand-chose. Et pourtant, on ne voit absolument pas défiler les 2 heures que compte le film. Car l’art de Julian Fellowes, scénariste de la série et également de ce long-métrage, se reflète dans sa manière de dessiner l’époque, de nous faire ressentir les petites joies, les chagrins et les tensions des jours qui passent. La famille Crawley et les domestiques se partagent à nouveau l’écran. Et si les multiples rebondissements ne les impactent pas de la même manière, ils les lient finalement intimement.

On peut certes regretter certaines ellipses trop teintées de «et ils vécurent heureux» (notamment les difficultés de Daisy face à Andrew qui auraient mérité un traitement plus approfondi), mais l’ensemble reste extrêmement plaisant et divertissant. Le clap de fin de la série est tombé en 2015. Mais les acteurs semblent avoir toujours le même plaisir à l’idée se glisser dans leurs costumes d’époque et de jouer les aristocrates. Et, pour sûr, les fans de la famille Crawley savoureront avec délice ce «revival» inédit, serait-ce uniquement pour Lady Violet (l’épatante Maggie Smith), dont chaque réplique est semblable à un savoureux scone agrémenté de confiture aigre-douce. On en redemande et on les savoure jusqu’à la dernière petite miette. Tout en espérant, avouons-le, une éventuelle suite.

Des critiques moins élogieuses

Celle-ci pourrait se profiler plus vite que nos espoirs, puisque Julian Fellowes, interviewé par «Variety», n’a pas caché son enthousiasme:

Je ne pense pas que l’on puisse parler sérieusement d’une suite avant d’analyser la sortie du film. Ensuite, je suis sûr qu’on en discutera, mais je ne peux pas encore vous dire quelle direction cela prendra.

Si le film a emballé la rédaction de Femina, il n’a pas réjoui tous les critiques de cinéma. «The Spectator» le juge «extrêmement prévisible et extrêmement ennuyeux». «The New York Times» évoque une surabondance de gros plans au détriment d’une intrigue qui tienne en haleine le spectateur tandis que «Salon» estime que «le film existe uniquement pour satisfaire les fans et n’a aucune raison d’être». D’autres se montrent plus réceptifs, à l’instar de «Marie-Claire» qui a apprécié l’atmosphère «douce et apaisante» ou le «Figaro» qui qualifie le long-métrage de «bonbon de légèreté, de traits d’esprit et d’humour anglais irrésistible».

«Downton Abbey», en salles dès le 25 septembre 2019 en Suisse romande.

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