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«12 years a slave», film choc de Steve McQueen sur l'esclavage aux Etats-Unis

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© DR

Cinéaste engagé, McQueen avait déjà frappé les esprits à Cannes en 2008 avec «Hunger», sur la grève de la faim jusqu'au boutiste de Bobby Sands, leader de l'Armée républicaine irlandaise (Ira), puis la Mostra de Venise avec «Shame», sur l'addiction sexuelle.

Cette fois-ci, il voulait «faire un film sur l'esclavage. Je voulais voir des images sur ce passé là», racontait à la presse Steve McQueen lors de la présentation du film en avant-première mondiale au Festival international de Toronto début septembre où il a raflé le prix. «Je n'arrivais pas à avancer quand ma femme m'a apporté le livre '12 years a slave'», poursuivait le cinéaste qui savait que certains esclaves du Sud avaient été kidnappés dans les Etats du Nord des Etats-Unis.

Ce n'est que plus tard qu'il a découvert le livre autobiographique de Solomon Northup, musicien noir de l'Etat de New York, bien intégré dans la société, kidnappé en 1841 avant d'être vendu comme esclave. Son calvaire durera douze ans, d'où le titre du roman et du film. Le récit deviendra un best-seller en Amérique lors de sa publication en 1853, huit ans avant le début de la guerre de Sécession. Par la suite, Solomon Northup a peu à peu sombré dans l'oubli.

«Dès que j'ai eu le livre en main je ne l'ai plus lâché, c'était remarquable. Chaque page était une révélation», selon le cinéaste. Le réalisme de la reconstitution des plantations étouffe progressivement le spectateur qui ressent au plus profond la chaleur torride, les odeurs, les coups infligés aux esclaves. Steve Mc Queen espère que son film permettra d'ouvrir le débat sur l'esclavage.

Souvenirs de liberté

Pour l'acteur britannique Chiwetel Ejiofor («Inside man», «Salt»), qui campe Solomon, «la force de cette histoire, c'est qu'elle est racontée à la première personne», déclarait-il à Toronto. «C'est un don du passé. Cela ne parle pas de race mais de dignité humaine, de nos libertés, de ce que nous voulons le plus dans ce monde».

En dépit des humiliations quotidiennes, des maltraitances des propriétaires ou de leurs nervis, Solomon refuse d'abdiquer combattant chaque jour l'injustice dans la mesure de ses faibles moyens. Il a une femme et deux enfants et des souvenirs de liberté qui l'aident à tenir autant qu'ils le torturent. En rentrant chez lui, dans une scène surréaliste, il demandera pardon à sa famille de n'avoir pas été là toutes ces années. «Il y a beaucoup de honte à propos de l'esclavage en Amérique et dans les Caraibes, mais il n'y a rien à se faire pardonner», jugeait McQueen.

Michael Fassbender, acteur fétiche du réalisateur britannique, incarne Edwin Epps, propriétaire d'esclaves alcoolique, violent et tourmenté. Le comportement de Epps était tellement épouvantable qu'encore aujourd'hui en Louisiane on utilise l'expression «arrête de faire ton Epps». Dans ses mémoires, Northup le décrit comme «grossier et repoussant» et «n'ayant jamais reçu les bénéfices d'une éducation».

Benedict Cumberbatch («Le cinquième pouvoir») campe un propriétaire apparemment plus humain même s'il sépare une mère de ses enfants lors d'un achat d'esclaves. Brad Pitt, qui a financé en partie le film, incarne lui un charpentier canadien abolitionniste qui aidera Solomon à recouvrir la liberté. L'une des révélations du film est l'actrice kenyanne Lupita Nyong'o, souffre douleur de Epps. L'actrice et réalisatrice née au Mexique, qui a grandi au Kenya avant de faire ses études aux Etats-Unis, fait dans ce film ses débuts américains sur grand écran.

«12 years a slave», qui a remporté dimanche dernier le Golden Globe du meilleur film dramatique, le plus prestigieux, fait déjà figure de favori pour les prochains Oscars (2 mars), aux côtés de «Gravity» ou «American Bluff», avec neuf nominations dont meilleur acteur et meilleur réalisateur.

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