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Bien-être au travail

Ranger son bureau à la Kondo

Ranger bureau kondo

Ranger son bureau à la Marie Kondo, c'est le retrouver vierge tous les matins en arrivant au travail.

© Elsa Noblet / Unsplash

Le télétravail n’aura pas eu raison de l’obsession de la Japonaise Marie Kondo à vouloir nous faire tout ranger. Au contraire, puisqu’elle s’attaque dans son dernier livre, La magie du rangement au travail (Éd. First), coécrit avec le psychologue du travail Scott Sonenshein, au chenis qui s’accumule sur nos bureaux, voire dessous, dans des cas pas si extrêmes que ça. Et puisqu’il n’y a pas de vie de bureau sans sa dimension numérique, Kondosan empoigne aussi la gestion de l’encombrement immatériel qui plombe nos ordinateurs, surchargés de mails ou de dossiers laissés en jachère. Fidèle à sa méthode, éprouvée et adoptée par de nombreux adeptes du rangement depuis la sortie en 2012 de son best-seller dédié au désencombrement de la maison, la Japonaise et son acolyte prônent le tri sélectif version open space. Mais appliquer le rangement minimaliste à la Kondo au bureau pour s’y retrouver chaque jour avec joie, est-ce bien raisonnable et, surtout, réalisable? Sélection de 4 conseils nippons édulcorés par des spécialistes en organisation.

1. Ne rien stocker sur son bureau

La version Kondo: L’idée c’est d’arriver au travail l’esprit léger pour retrouver un bureau épuré à l’extrême. Rien ne devrait y être stocké, à part un ordinateur et un objet qu’on aime particulièrement, comme une tasse par exemple. Consultante certifiée Marie Kondo en Suisse, Alexandra Maeder confirme: «C’est une manière de pouvoir se mettre directement au travail. Assis au bureau, on ne devrait avoir dans son champ de vision que des objets qui procurent de la joie. Le reste doit être rangé dans un meuble à proximité.»

Ce qu’en pensent les experts: À défaut de n’avoir rien sur son bureau quand on arrive le matin, il faut en tout cas que ce qui s’y trouve soit rangé. Selon Alexandra Viragh, créatrice de la psycho-décoration et auteure de Rangement Détox (Éd. Solar), c’est même primordial:

«Je conseillerais plutôt de quitter son espace de travail en ayant tout rangé. Quand on y revient et qu’il y règne le désordre de la veille, ou des dossiers qui n’ont pas été clôturés, on n’a jamais l’esprit au repos. Il est indispensable d’inclure le temps de rangement du bureau dans toutes les activités de la journée pour pouvoir partir – et revenir – dans des conditions inspirantes.»

Même son de cloche pour Caroline Gleizes, experte en feng shui, auteure de J’arrête de vivre dans le désordre (Éd. Eyrolles): «Le rangement fait partie du travail. Si, le matin, on arrive sur une page vierge, ordonnée, c’est un énorme gain de temps. En cherchant dix minutes, plusieurs fois par jour, un document sans le trouver, à la longue, ça peut représenter des journées entières de temps perdu.»

2. Tout ranger en une seule fois

La version Kondo: Pour éviter l’effet rebond, c’est-à-dire que le désordre refasse systématiquement son apparition après avoir fait de l’ordre, il faut tout ranger à fond une bonne fois pour toutes et se fixer une date limite pour le faire. On trie par catégorie chaque objet et on connaît sa place. Le temps estimé pour ranger un bureau standard en entier et à fond est de cinq heures, selon Kondosan.

Ce qu’en pensent les experts: «Le rangement du bureau ne doit pas devenir un stress supplémentaire. Le fait de tout faire d’un coup peut donner l’impulsion pour s’y mettre, mais si on n’a pas compris les causes psychologiques de notre désordre, les choses vont s’accumuler à nouveau, explique Alexandra Viragh. Pensons rangement durable: je vais refondre la conception du rangement de mon bureau, à coup de dix minutes par jour et en m’occupant d’un tiroir à la fois.» Distiller pour être plus efficace et ne pas s’épuiser en voulant tout ranger de front, c’est aussi ce que préconise la psychologue et conseillère en organisation Laurence Einfalt, qui encourage au désencombrement dans son livre Se simplifier la vie (Éd. Eyrolles):

«Les gens qui ont un bureau rangé ont trouvé une place pour chaque chose. C’est ce qui permet de pouvoir tout ranger en deux secondes à la fin de la journée. Mais quand on est bordélique, toutes ces décisions à prendre d’un coup sur ce qu’on garde ou pas, c’est très fatigant. Il ne faut pas tout faire en une fois et surtout pas avec une date limite, c’est comme de se donner un coup de pied aux fesses: inutilement violent.

3. Jeter tous ses papiers

La version Kondo: En matière de papiers, la règle d’or, c’est de tout jeter. Tout en nuançant le propos en fonction de ce qu’il faut légalement conserver en fonction du pays où on se trouve. Toutefois, la gestion de la paperasse est ce qu’il y a de plus chronophage niveau tri, donc à régler efficacement et définitivement.

Ce qu’en pensent les experts: «Ça dépend du métier qu’on exerce. Si on est juriste ou chef de projet dans la communication, on va beaucoup imprimer, car on ne peut pas tout lire sur écran, décortique Laurence Einfalt. Toutefois, il est certain qu’on perd du temps à retrouver ce qu’il nous faut si on a trop de papiers entassés, surtout s’ils sont sur notre bureau parce qu’on n’a pas osé les jeter à un moment donné. Très souvent, les bureaux encombrés signalent des gens qui ont du mal à prendre des décisions.» Car un tas de paperasse qui s’empile, c’est mauvais pour l’estime de soi, selon la psychologue:

«Chaque objet ou papier qu’on laisse dans son environnement nous envoie un micromessage qui dit: «Occupe-toi de moi!» Au bout d’un moment, ça fait une espèce de bruit visuel qui génère des petites bouffées de culpabilité.»

4. Gérer le désordre immatériel

La version Kondo: Contrairement aux objets qui s’accumulent sous nos yeux, l’entassement numérique ne se constate que lorsque notre ordinateur est saturé, rame au démarrage et qu’on ne retrouve plus ses documents. Pour maîtriser son bureau numérique, on trie par catégorie: les documents, les mails puis les applications. Chaque chose à sa place.

Ce qu’en pensent les experts:

«Avoir 200 dossiers ouverts sur le bureau, c’est épuisant. Pour l’ordinateur aussi. Il faut en effet garder l’essentiel et si ça s’ordonne comme le désordre physique, c’est encore plus important quand c’est virtuel, car plus on se charge, plus on se disperse», commente Caroline Gleizes.

Le tri se fait comme dans la vraie vie, d’après Laurence Einfalt: «Si on garde des documents parce qu’on ne sait pas quoi en faire et qu’on n’ose pas les jeter, le bureau informatique sera aussi encombré que le bureau physique». Quand on en garde un, il faut se demander à quelle occasion on en aura besoin. Si on ne peut pas répondre à cette question, on peut aussi bien le jeter. En prime, une astuce qui est tout sauf Marie Kondo compatible:

«Pour faire un bon gros ménage sur son PC et que ça ne prenne aucun temps, on se crée un dossier nommé Avant le 15 septembre 2020 (ou une autre date) dans lequel on met tous ces documents et on recrée une nouvelle arborescence au fur et à mesure de ses besoins. On conserve ainsi l’idée de table rase, qui fait du bien, sans perdre les documents ni devoir les passer en revue…»

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