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Focus sur les bienfaits du make-up

Se maquiller = soigner sa santé mentale?

Se maquiller = soigner sa santé mentale?

Dès le début de la crise sanitaire, Alison Liaudat a «tout mis en place pour garder ce brin de normalité, alors que tout était chamboulé». Pour la blogueuse romande, se maquiller est également une façon de délimiter vie pro et vie perso.

© Freestocks / Unsplash

Se maquiller pour rester à la maison? Certaines n’en voient pas l’intérêt, comme Flore, 32 ans: «Durant ce confinement, je ne suis jamais maquillée. Je ne me lave même plus les cheveux pour être honnête. Pour rester cloîtrée chez moi, ça me va très bien, d’autant que je déteste la corvée du démaquillage.» Pour d’autres, dégainer pince à épiler, pinceaux et gloss est, au contraire, une question primordiale. «C’est important, j’en ai besoin, confie Camille, 34 ans. En ce moment, j’ai envie de fraîcheur et ça me fait plaisir de me maquiller, spécialement avec ce beau temps. C’est essentiel de continuer à prendre soin de soi, de se sentir jolie.»

Même son de gloss du côté de l’influenceuse Alison Liaudat, qui n’a pas modifié sa routine make-up depuis le début du confinement. «Au contraire, je me maquille même plus qu’avant, souligne-t-elle. Chaque jour, même le dimanche, je prends le temps de créer de jolis maquillages.» Dès le début de la crise sanitaire, Alison a «tout mis en place pour garder ce brin de normalité, alors que tout était chamboulé». Pour la blogueuse romande, c’est également une façon de délimiter vie pro et vie perso: «Jusqu’au repas du soir, je suis maquillée. Ensuite, je me démaquille, je m’habille plus décontracté et je profite de ma soirée. Ça me permet de faire une réelle distinction entre les différentes parties de la journée.»

«Rester en jogging et ne rien mettre sur mon visage, ça n’est vraiment pas pour moi. Moralement, je serais au fond du bac si je faisais ça.»

On a parfois tendance à l’oublier, mais se maquiller, c’est aussi prendre soin de sa santé mentale, comme l’explique Camille Saint-Jacques, auteur de l’ouvrage Éloge du maquillage, du cosmos au cosmétique (Ed. Max Milo): «On se maquille avant tout pour soi. C’est une manière positive de faire face aux adversités et aux incertitudes de la journée. Dans les maisons de retraite, dans les prisons, les femmes se maquillent pour vivre mieux ce qui peut encore être vécu. L’idée qu’on ne le fait que pour séduire l’autre est une vieille lune machiste qui, de l’Antiquité à la chrétienté, ne vise qu’à déconsidérer les femmes.»

Pour Florine Oury, psychologue FSP à Bulle et Romont, «se maquiller permet d'assurer une certaine continuité. Tout s'est arrêté du jour au lendemain, cela a été vécu plus ou moins difficilement par chacun. Essayer de maintenir un cadre, une routine peut être salutaire en ces jours incertains. Se lever, s'habiller, se maquiller, c'est une manière de rester active, de continuer à vivre. Et si l'on se sent bien physiquement, par effet domino, cela a généralement également un impact sur les autres domaines, notamment le mental.» Ne doutant pas des bienfaits du make-up pour certaines personnes, la psychologue fribourgeoise porte un regard bienveillant sur celles et ceux qui partagent leurs coups de pinceaux sur les réseaux sociaux: «c'est une façon de continuer d'exister dans le regard de l'autre. Instagram permet de poursuivre cette exposition, d'avoir un retour rassurant sur l'image que l'on a de soi.»

Un instant de calme bienvenu

Carole Bramaz, influenceuse et passionnée de beauté, prend du temps au quotidien pour se sentir bien et lutter contre les ondes négatives. Ça passe très souvent par le maquillage: «J’adore le côté créatif, mixer des couleurs, tenter de nouvelles techniques. Je peux prendre deux heures pour me maquiller et enlever le tout immédiatement après. L’acte en lui-même est essentiel, il me permet de penser à autre chose en me concentrant pleinement sur cette activité.»

Moment de calme, dextérité et attention totale portée uniquement sur le geste offrent un accès à un certain niveau de sérénité. La jeune femme en est convaincue: se maquiller lui permet de se relaxer, de s’éloigner des informations anxiogènes, de s’évader.

«Après m’être poudrée, avoir essayé de nouvelles choses, je me sens toujours plus apaisée, ça calme mon esprit et diminue mon stress.»

Franca Sauser, esthéticienne à Gals (BE) et YouTubeuse beauté, compare cette pratique à une activité méditative: «La créativité que m’apporte le maquillage amène une certaine zénitude. Se maquiller pour soi, seule chez soi, a tout son sens aujourd’hui. Pour moi, ne pas s’oublier et se chouchouter, c’est la clé du bonheur.» Solène, 28 ans, continue elle aussi à se maquiller quotidiennement. «Cette période est déjà suffisamment stressante sans que je doive en plus me passer de correcteur, affirme-t-elle. Je sais qu’il faudrait s’assumer et accepter son corps tel qu’il est, mais j’essaie juste de faire ce dont j’ai besoin pour me sentir bien dans mes baskets. Au final, c’est ça le plus important.»

Souvent pointé du doigt pour son côté superficiel, le maquillage permet pourtant de s’adapter aux circonstances de l’existence, aussi imprévisibles et angoissantes soient-elles. «Il nous aide à vivre notre vie, résume Camille Saint-Jacques. Il s’agit d’une démarche pragmatique, qui compose avec les changements quotidiens de notre visage. La dynamique va donc de la périphérie (l’image que renvoie le miroir) vers le centre (notre psyché). C’est là une attitude très constructive: faire avec ce que le réel a de plus intime pour se reconstruire, s’adapter au quotidien.» Et se donner les armes d’affronter, comme on le peut, une situation qui nous dépasse toutes et tous.

Le maquillage, boosteur de productivité?

Publiée en 2017, une étude réalisée par une équipe de psychologues de l’Université de Harvard a démontré que les femmes qui portaient du maquillage avaient tendance à avoir une meilleure estime d’elle-même et à mieux réussir certains tests et examens. Le lipstick effect, une réalité? Samantha Boardman, psychiatre et enseignante à New York, en est convaincue: «Je recommande à mes patientes de porter du maquillage lorsqu’elles ont de la peine à travailler depuis la maison», a-t-elle confié dans une interview accordée au site Refinery29.

«Se présenter différemment, c’est se sentir également mieux préparée mentalement pour attaquer sa journée professionnelle.»

Alison Liaudat en a fait l’expérience: l’Instagrammeuse est «clairement plus productive» lorsqu’elle est maquillée. «Sinon, j’ai l’impression de rester coincée dans une phase brouillon, de ne pas véritablement commencer la journée, constate-t-elle. Pour moi, c’est aussi essentiel que de me laver les dents. Je me sens bien, prête et forte lorsque je suis maquillée.»

Certes, on ne chasse pas les périodes improductives à coups d’eye-liner, mais ce petit plus peut aider à donner une tonalité bien différente à sa journée. Sofia, 36 ans, travaille uniquement depuis la maison depuis mi-mars. «J’essaie de garder une routine beauté dans cette période particulière, note-t-elle. Je fais attention à mon apparence, notamment si j’ai des vidéoconférences agendées.» Quant à Louise, 44 ans, elle ne commence jamais sa journée sans être parfaitement apprêtée: «C’est capital, sinon je vais me laisser aller et je sais qu’un cercle vicieux va alors s’installer.»

Le pouvoir des paillettes

Que l’on soit comme Laureline, 28 ans, qui «ne se maquille plus que pour faire les commissions», comme Daphné, 34 ans, qui met du rouge à lèvres «seulement lorsque j’en ai envie et que ça me fait plaisir» ou comme Mireille, 50 ans, pour qui il est «impossible de ne pas porter de mascara au quotidien, même si je vis seule et ne vois personne», l’essentiel est d’être attentive à ses besoins, ses envies. Alison, elle, n’a pas hésité à dégainer les paillettes, alors qu’elle n’a pas mis le nez dehors: «Je me suis réveillée et je me suis écoutée: il FALLAIT que je porte des paillettes. Je me suis maquillée comme si j’allais en soirée ou à un festival, ça m’a fait du bien.»

«J’étais super contente du résultat, j’ai reçu plein de messages très positifs sur les réseaux. Beaucoup de mes abonnées m’ont dit qu’elles allaient faire pareil, que ça les avait inspirées.»

Alors qu’habituellement, on se maquille en étant stressée et en ayant constamment un œil sur l’horloge de son portable, effectuer son make-up en ayant du temps à disposition pour le faire change la donne. Une façon d’apprendre à ralentir, de se reconnecter à soi-même et de s’offrir du temps de qualité à passer en tête à tête avec la personne la plus importante de sa vie, face à son miroir.

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