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Comment se sentir bien quand on vit seul en ce moment

Comment se sentir bien quand on vit seul ce moment

«La fatigue est effectivement un obstacle, car elle accentue le repli sur soi. Aussi, on peut profiter de ce moment de confinement pour s’offrir de bonnes longues nuits, idéalement de 8 heures (voire plus!).»

© Getty

FEMINA On parle beaucoup de la complexité d’habiter ensemble 24 heures sur 24, en famille ou en couple, mais comment digérer cette situation historique de confinement quand on vit seul?
Pauline Tafelmacher
Ce qui compte aujourd’hui, que l’on soit seul par choix de vie sociale ou non, c’est de faire face à une situation qui est extraordinaire pour tout le monde, tout en se disant que c’est un état temporaire. Même si la crise (ou le confinement) peut nous paraître longue, il faut s’encourager le plus possible, soi et les autres, en pensant par exemple à toute la solidarité qui se manifeste, à toutes les personnes qui travaillent pour le bien de la population comme, notamment, le personnel médical.

Par ailleurs, je recommande aux gens qui vivent seuls de songer à tout ce qu'ils pourraient tirer de cette expérience. Si cela est possible et si la santé le permet, je leur conseille également de se focaliser sur tout ce qu’ils avaient mis de côté depuis des mois. Toutes ces pensées renforcent un état d’esprit positif.

L’idée est de se protéger psychologiquement et de ne pas céder à la panique.

Comment faire pour garder un lien malgré tout avec les autres?
La chance que nous avons à notre époque, c’est toute la technologie moderne des communications, des moyens que, récemment encore, nous n'avions pas! J’encourage les gens à cultiver des contacts virtuels, selon leurs préférences d’applis, de réseaux sociaux, ou encore de messages classiques. Personnellement, je recommanderais plus particulièrement le téléphone, car la voix offre une présence réelle et qui peut être si chaleureuse!

Enfin, une recommandation toute simple mais importante: la consultation des médias (TV, radio, journaux et sites d’infos en ligne) permet de rester dans le mouvement collectif et de se sentir moins isolé.

Est-il plus important d’identifier ses nécessités ou de lister ses manques?
Je pense qu’il est plus constructif de s’orienter sur ses besoins, car c’est une réflexion d’emblée plus positive. Ainsi, on pourrait être davantage à l’écoute de soi. On peut s’interroger: ai-je un désir de contact?

Ai-je besoin d’organiser ma semaine? Ou ai-je envie de ne rien préparer?

Oui, des personnes seules peuvent se sentir bien dans l’improvisation ou le vide de leurs journées. A contrario, d’autres vont ressentir de la détresse ou une certaine angoisse.

Dans ces cas-là, il ne faut pas hésiter à demander de l’aide auprès des services à disposition (par exemple La Main Tendue, au 143, la centrale des médecins, au 0848 133 133, ou à ProSenectute, au 021 646 17 21). Un autre exemple: l’association Bénévolat Neuchâtel propose de l’aide pour des personnes à risques qui auraient besoin de courses ou encore de faire promener leur chien. On trouve ce genre d’association dans tous les cantons!

Comment garder espoir et confiance en soi?
Ça peut paraître bateau, mais en regardant le beau temps et le printemps qui est arrivé avec toutes ses fleurs et ses abeilles. La vie est là, très concrètement, et elle s’active tout autour de nous. On peut avoir confiance en elle!

D’une façon plus pragmatique, on a de quoi garder espoir quand on voit tout ce que notre pays met en œuvre avec les services de la santé, mais aussi l’alimentation, l’industrie… et tout ce que les gens font pour que la vie continue!

Cette solidarité globale est porteuse d’espoir et donne confiance, je trouve. Alors pour nourrir leur foi en eux, ceux qui le peuvent et qui le souhaitent pourraient participer à des actions bénévoles. Aider ses parents, sa famille, une voisine via un site en ligne… chacun, à son échelle, peut proposer son aide aux autres et s’allier ainsi au mouvement général.

Cela revient-il à chasser la négativité ambiante et la peur de la maladie?
Exactement! Il faut essayer de se concentrer sur les belles qualités humaines que la crise est en train de révéler. Cette situation extraordinaire éveille, je crois, un grand sentiment d’empathie. On peut donc se focaliser sur ce qu’il y a de positif dans tout ça.

Se retrouver seul nous renvoie-t-il à l’idée qu’il faut être davantage là pour les autres?
Pour certaines personnes esseulées, cette situation peut être l’occasion de cultiver des relations qu’elles ont mises de côté. Malheureusement, le confinement accentue la solitude. Elles auront la possibilité toutefois de s’interroger: ce sentiment général d’unité me donne-t-il envie de me tourner davantage vers les autres? Ma vie a-t-elle davantage besoin des autres? N’aurais-je pas plus de bonheur à partager davantage avec les autres? Cette crise va sans aucun doute nous faire tous réfléchir sur nos états d’êtres sociaux et la valeur de nos relations.

D'ailleurs, comment prendre soin de soi, émotionnellement parlant?
En étant bien à l’écoute de soi et sans jugement. Il est recommandé de laisser monter ses émotions et d'accepter ses contradictions. On peut être une personne forte et finir par craquer. Si c'est nécessaire, il faut partager ses émois, avec un ami au téléphone par exemple, afin de nommer et de poser ses sentiments.

Surtout, il faut s’offrir des petits plaisirs! Seul, on peut également se prendre dans nos bras (sérieusement!), cuisiner son plat favori ou encore se faire couler un bon bain, regarder une série qu’on adore… tout ce qui nous apporte un peu de douceur en fait. Si on se sent submergé par des pensées trop négatives par contre, il faut demander de l’aide (médecin de famille, psy, ou la centrale des médecins au 0848 133 133).

Des chercheurs ont relevé que le manque de sommeil ou un sommeil de mauvaise qualité avait un effet désocialisant. Une raison supplémentaire de chouchouter encore plus ses nuits quand on vit seul?

La fatigue est effectivement un obstacle, car elle accentue le repli sur soi.

Aussi, on peut profiter de ce moment de confinement pour s’offrir de bonnes longues nuits, idéalement de 8 heures (voire plus!). On veille toutefois également à la qualité du sommeil.

Primo, il est fondamental de ne pas être en état d’urgence permanent. On se déconnecte durablement au moment où on souhaite se coucher. Amis, famille, travail, on leur dit à tous bonne nuit…

Ensuite, on soigne la transition de la dernière source d’excitation, c’est-à-dire qu’il faut que le cerveau se calme après la télé ou le dernier contact avec un écran. On peut prendre une petite douche, se donner rendez-vous avec sa tisane ou encore se laver les dents au calme…

Une fois couché, on consacre encore quelques instants pour apaiser sa respiration et chasser ainsi la cogitation psychologique familière des personnes hypersensibles. Dernière astuce naturelle: je préconise la prise de fleurs de Bach, en particulier le marronnier blanc, n° 35.

Avez-vous en tête un exercice à appliquer au quotidien?
Comme le corps est mis à mal par la sédentarité, il faut chouchouter son équilibre avec l’esprit, en faisant certains exercices de yoga par exemple, grâce à des séances de méditation en ligne, tous les deux jours idéalement. Le but: s’ancrer en soi et chasser les pensées liées à l’actualité.

Ecrire est-il salvateur en cas de situation extraordinaire comme celle-ci?
Journal de bord, carnet intime, notes… écrire en temps de crise permet l’introspection, je l’encourage si on ressent le besoin de coucher ses émotions, c’est une merveilleuse activité pour celles et ceux qui aiment rédiger.

Sinon, sur quelles activités miser à la maison pour se changer les idées en solo?
Oui, il n’y a en effet pas que l’écriture qui puisse nous faire du bien. Afin de lâcher prise sur la situation, on peut jouer de son instrument de musique, chanter, peindre ou encore danser!

Toutefois, on peut se contenter de petits rituels dans la journée: boire son café chaque matin avec le journal, faire sa gym tous les deux jours, lire un bon bouquin dans l’après-midi, appeler ses enfants tels jours dans la semaine et regarder un docu de la RTS tel ou tel soir… ou encore ne pas arrêter de remplir son agenda, parce que la vie continue, malgré tout!

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