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En cuisinant pour la Suisse, je lutte contre la faim

Web VECU Corinne sporrer

«Au final, il n’est pas nécessaire de réaliser de grandes actions pour changer le monde. Nous pouvons tous faire quelque chose, aussi insignifiante que puisse paraître notre marge de manoeuvre. Même le plus petit geste peut avoir un impact immense.»

© Corinne Sporrer

Tout a commencé par un changement de trajectoire presque instinctif. Une fois mon diplôme universitaire en poche, j’ai décroché un emploi dans le domaine de l’hôtellerie et de la restauration de luxe, à Genève. Cet univers m’a passionnée pendant près de dix ans, mais j’ai fini par ressentir le besoin d’élargir mon horizon. J’avais envie d’aller plus loin, sur un plan professionnel, et je me sentais passablement bloquée dans le poste que j’occupais.

J’ai donc choisi de me lancer dans des études de marketing, une formation totalement différente de l’hôtellerie, que j’ai poursuivie à l’ESSEC de Paris. Sans cet enseignement, je n’aurais probablement jamais pu entreprendre l’activité que j’exerce aujourd’hui. Ce cursus m’a notamment permis d’intégrer la fondation suisse Heart for India, qui se soucie de la nutrition et de l’éducation des femmes et des enfants démunis en Inde. Pendant près de cinq ans, j’ai eu la chance de diriger cette organisation caritative, en collaboration avec la princesse Françoise Sturdza, qui en est la présidente.

Cap sur l'Inde

Lorsque nous nous rendions en Inde, afin de rencontrer les enfants que nous soutenions, et de vérifier que tout se passait bien sur le terrain, elle a su décoder pour moi la culture de ce pays, et m’éclairer sur les us et coutumes locales que je ne connaissais pas encore. C’était fascinant. Je savais déjà que les droits des femmes n’y étaient pas encore très développés, et elle m’a fait comprendre à quel point il était essentiel de permettre aux jeunes filles de poursuivre des études plus longues, afin de les aider à se libérer de la domination masculine. Cette expérience a été si enrichissante qu’elle a mené à une véritable révélation.

«J'ai soigné des gens atteints du virus Ebola»

Naissance d’une chrysalide

Mettre un pied dans le monde du non-profit m’a ouvert les yeux. Je me suis dit: «Voilà, c’est ça que je vais faire de ma vie.» Je ne voulais pas que mon travail ne serve qu’à produire un chiffre d’affaires, mais qu’il puisse répandre le bien autour de moi.

J’ai alors ressenti l’envie de créer ma propre structure et de voler de mes propres ailes. Je tenais à créer un lieu convivial et caritatif, qui soit la fusion de mes connaissances en matière de restauration et de mon expérience dans l’humanitaire: c’est ainsi qu’est née mon association, L’Effet Papillon. Afin de lever les fonds nécessaires au soutien des causes qui me tiennent à cœur, j’assure un service de traiteur, ainsi qu’une cafète sur roulettes, qui livre des repas chauds aux entreprises ne disposant pas de restaurant.

Je construis des écoles au Togo

Le plus fondamental des besoins

A terme, un repas mangé à L’Effet Papillon financera un repas gratuit pour quelqu’un qui se trouve dans le besoin, en Suisse et ailleurs. Pour l’instant, je cuisine la majorité des plats moi-même, ou avec l’aide de Marlou, ma collaboratrice. Le Country Club de Genève, l’un de nos principaux partenaires, nous prête généreusement un coin de sa cuisine. Histoire de respecter au maximum la planète, j’essaie d’utiliser surtout des produits locaux et de saison. Et je tiens également à utiliser des céréales dans toutes mes recettes: celles-ci constituent souvent la seule nourriture qui maintient en vie les populations souffrant de la faim. En les intégrant à toutes mes préparations, je souhaite créer un lien entre mes clients et les bénéficiaires de mon action. Nous reversons nos bénéfices à des projets humanitaires, toujours en lien avec l’accès à la nutrition et à l’eau potable. Cette cause est très importante pour moi, car j’ai compris, lors de mes voyages en Inde, que le manque de nourriture entrave absolument tout. Il s’agit du premier besoin, la base qui donne accès à tout le reste: si on n’a pas cela, on n’a rien.

Actuellement, nous soutenons trois projets, dont l’association Le Caré, qui secourt les personnes en situation de précarité, à Genève. Nous sponsorisons également une initiative au Burkina Faso, dont l’objectif est de faciliter l’accès à l’eau potable, en creusant des puits. Et la troisième fondation que nous aidons s’évertue à héberger des enfants indiens livrés à eux-mêmes dans la gare de Jaipur, afin d’éviter qu’ils ne se tournent vers la drogue ou la prostitution.

Rien qu’un battement d’ailes

Je voulais faciliter l’accès à l’action philanthropique, pour les personnes qui ressentent l’envie d’aider mais ne savent pas comment s’y prendre: je leur amène littéralement des initiatives caritatives sur un plateau! D’ailleurs, ce sont les clients qui choisissent lequel de nos projets ils souhaitent soutenir: au moment de payer leur repas, ils reçoivent systématiquement une petite pièce de bois, qu’ils peuvent insérer dans l’une des trois tirelires attribuées aux projets. Ainsi, ils ont le pouvoir de décider où part leur argent. Les gens apprécient énormément cela, ils m’en remercient souvent.

Au final, il n’est pas nécessaire de réaliser de grandes actions pour changer le monde. Nous pouvons tous faire quelque chose, aussi insignifiante que puisse paraître notre marge de manoeuvre. Même le plus petit geste peut avoir un impact immense.

Cette idée donne d’ailleurs tout son sens au nom de mon association, qui se réfère à la théorie de l’effet papillon: un petit battement d’ailes peut provoquer un véritable ouragan à des milliers de kilomètres de là. Je pense que c’est ainsi que nous devrions voir l’aide humanitaire.

Mon combat auprès des Indiens victimes d'abus sexuels

Informations pratiques

Retrouvez davantage de renseignements sur L'Effet Papillon, ses prestations, ses projets caritatifs, et ses paretnaires, sur le site de l'association.

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