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«Zoom fatigue»: On en a marre des avatars

Zoom fatigue marre avatars

La visio nous essore, nous vide, nous ankylose le cerveau? Selon des chercheurs de l’Université Stanford, aux Etats-Unis, c’est à cause d’une surcharge de langage non verbal.

© Getty Images

C’est vrai, au début, on avait trouvé ça drôle, la visio. Soudainement assignés à résidence au printemps dernier, on découvrait un mode de communication dont le potentiel comique et subversif faisait du bien en pleine vague de Covid.

Les télétravailleurs ont eu leur lot d’incongruités, de petits surréalismes du quotidien: les chats qui invitent leurs postérieurs dans le champ, les gens qui parlent en morse sans le savoir, les gens flous, dans le noir, décapités par l’écran, les pseudo-geeks qui tentent de faire apparaître un décor numérique aux contours approximatifs autour de leur tête comme dans un téléjournal nord-coréen des années 90, ceux encore qui se pointent en veste de costume mais planquent une tenue caleçon chaussettes sous la table...

La lassitude guette

De l’humanité que nous avions connue autrefois ne subsistaient que des bustes en deux dimensions, façon galerie de tableaux dans un musée où l’on tournerait indéfiniment en rond. Drôle de visite.

Mais voilà, une année plus tard, la plaisanterie a assez duré. Homo sapiens n’en peut plus de contempler toute la journée ses congénères résumés en huit pixels et demi. La fatigue Zoom s’est installée. Des chercheurs de l’Université Stanford, aux Etats-Unis, viennent d’ailleurs de publier ce 23 février 2021 des travaux sur la question. La visio nous essore, nous vide, nous ankylose le cerveau? C’est à cause d’une surcharge de langage non verbal.

Estime de soi en berne

Avec des meetings 2.0 où l’économie de parlote est la règle, nous essayons de comprendre les autres en suranalysant leur visage et leur gestuelle. Oui, nous sommes tous devenus des mentalistes du FBI en puissance. Mais être un Patrick Jane du quotidien a un prix: à force de regarder plein d’individus immobiles dans les yeux, nos fonctions exécutives cérébrales sont en PLS. Et voir notre propre trombine en vignette, au milieu de celles des autres, nous amène en outre à nous auto-évaluer en permanence. Plutôt moyen pour la confiance en soi.

Les chercheurs affirment même que «les utilisateurs contemplent des reflets d’eux-mêmes à une fréquence et pendant une durée jamais observées auparavant dans l’histoire des médias et, sans doute, dans l’histoire des êtres humains».

Prédiction: après la pandémie, après avoir balancé nos logiciels de visio par la fenêtre, on en aura aussi probablement notre claque des selfies.

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