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Créer son bureau à la maison, mode d’emploi

Créer son bureau à la maison, mode d’emploi

Première étape pour bien télétravailler: trouver dans quelle pièce s'installer. Et réaliser que - parfois - on n'a pas trop de choix.

© Anete Lusina / Unsplash

Avec la généralisation du télétravail, les contacts informels avec les collègues ont dû se réinventer eux aussi. Chez Femina, on a trouvé une parade: un groupe de discussion intitulé «la machine à café». C’est là, au détour d’un commentaire sur la dernière vidéo de Kylie Minogue, que les choses ont commencé à s’enflammer. Une collègue demandait les astuces de chacun pour améliorer le confort du home office et ce fut le déluge de conseils, de bricolages, d’autres remarques de collègues qui se plaignaient d’avoir mal aux yeux, aux fesses, au dos, au poignet... car si on commence à mettre en avant les gains de productivité du télétravail (+13%, selon une étude de l’université de Stanford), ses dégâts potentiels sur notre santé - physique comme mentale - sont tout aussi importants.

Ainsi, bien avant la première vague du Covid, les spécialistes parlaient déjà d’épidémie, mais de douleurs musculo-squelettiques cette fois. Tous les sondages, toutes les études le confirment: la grande majorité des personnes a souffert, dans l’année écoulée, d’une douleur quelconque. «Une étude, certes française mais qui éclaire aussi la situation chez nous, a montré que 84% de la population active a eu mal quelque part sur une période de 12 mois. Et oui, le télétravail risque bien de renforcer l’intensité et la fréquence de ces douleurs», assène d’emblée Olivier Girard, ergonome et posturologue. Il sait de quoi il parle, depuis le confinement, l’Assurance invalidité est devenu son plus gros client. «Chez nous, entre 25 et 30% de la population n’arrive carrément plus à fonctionner normalement en raison de troubles musculo-squelettiques et doit ou s’absenter ou modifier son comportement.»

Et comme la situation actuelle pourrait durer, comme le dit si bien l’adage, il n’est jamais trop tard pour agir. En plus, on vous a mâché le travail avec dix points faciles à mettre en place pour que - désormais - télétravail rime avec autre chose que aïe.

1. Chambre à coucher et table de cuisine

Première question à se poser: où, dans son logement, installer son lieu de travail? Parfois, on a l’embarras du choix, parfois pas. «Disons qu’il convient de trouver la meilleure place pour soi et ça dépendra de chacun, nuance d’emblée Nadia Droz, psychologue et spécialiste en santé du travail. «Si on a peu de pièces et besoin d’une certaine intimité dans le cadre de son travail, la chambre à coucher pourra être une option.» A défaut d’un vrai bureau, une personne vivant seule ou en couple pourra installer son ordinateur sur la table de la cuisine ou de la salle à manger.

2. La chaise, le coeur du problème

Quand on demande conseil à Olivier Girard, auteur du livre Plein le dos (éd. Favre), il n’hésite pas: «Allez sur ma chaîne YouTube regarder ma vidéo sur le télétravail!» Il rappelle aussi que la première chose à faire est d’être «bien assis», soit droit sur ses ischions, avec le bas du dos bien soutenu. «Il faut donc se débrouiller pour avoir ça, éviter les sièges trop bas, trop profonds, trop durs ou sans support lombaire, comme les tabourets.»

3. L’ordinateur portable, ce faux ami

Il est techniquement impossible d’être confortablement installé en utilisant un ordinateur portable, fait à la base pour travailler sur de courtes durées et non des journées entières. Seule solution: séparer clavier et écran en achetant l’un ou l’autre. «Avec un budget de 50 francs, vous pouvez vous recréer un ordinateur de bureau en séparant la question des mains et des yeux», résume Olivier Girard. Idéalement, le clavier devrait être juste sous les doigts, permettant une position relaxée des épaules, à hauteur des coudes, tandis que l’écran devrait être juste en-dessous du niveau des yeux, à un angle d’environ 10 degrés. Bonus: brancher une souris.

4. Mettre la table sur la table

On n’y pense pas assez, mais un bureau devrait être légèrement plus bas qu’une table à manger afin de permettre aux épaules d’être détendues. Pour 90% de la population européenne, cette hauteur de travail devrait donc se situer entre 68 et 76 centimètres. Prenez un mètre pour voir. Si besoin, surélevez légèrement la chaise, quitte à vous équiper d’un repose-pied pour compenser (une caisse de vin fera l’affaire).

5. Sortir sa planche à repasser

C’est le petit tuyau - inattendu - d’une spécialiste en télétravail. La planche à repasser permet de personnaliser la hauteur de son plan de travail et d’alterner les moments de travail debout et assis. «A défaut, il suffit de se lever de temps en temps, de faire quelques pas durant un coup de téléphone par exemple», explique encore Olivier Girard.

6. Presser sur pause

A la maison, pas de collègues pour venir nous inciter à descendre à la machine à café… du coup, pour certains, une tendance à passer de longues heures assis sans bouger. «De par mon métier, je vois des gens qui font trop peu de pauses, alors qu’elles sont essentielles», insiste Nadia Droz, coauteur avec Anny Wahlen de Burn out, la maladie du XXIe siècle? (éditions Favre). Pour elle, il faut se ménager des coupures. Une courte balade entre midi et deux heures si le temps le permet, un café… «ou se lever pour aller lancer une lessive! Ca permet de réfléchir à autre chose.» Elle pointe le doigt sur un phénomène qui concerne pas mal de monde: en télétravaillant, on pense devoir prouver davantage qu’on abat des tâches.

«Et c’est là où on se loupe. Les gens qui travaillent sans discontinuer ne sont pas efficaces, c’est du présentéisme appliqué au télétravail.»

7. Bouger: vous avez bien 20 secondes?

Pas besoin de prendre un abonnement sur une plateforme de yoga, de crossfit ou de zumba pour contrecarrer les effets délétères du télétravail. Olivier Girard propose deux petits exercices tout simples.

Le premier, à faire deux fois par jour: à quatre pattes, on passe de la posture du chat (dot arrondi) à celle de la vache (dos arqué) quelques fois, en mobilisant toute la colonne vertébrale. On répète les mêmes mouvements en reculant d’abord le bassin (plus ou moins au-dessus des talons), puis en l’avançant au-delà des genoux.

Le deuxième, à faire 40 secondes toutes les heures ou 10 secondes toutes les 20 minutes est de la relaxation pure et simple: debout, bras ballants, on secoue les poignets, puis les coudes, les épaules, la nuque et finalement toute la colonne.

8. Remplacer la machine à café

Non, pas besoin de vous lancer dans l’achat d’une machine à moka professionnelle. Il s’agit simplement de recréer, d’une manière ou d’une autre, ce moment d’échanges informels entre collègues, même à distance. On peut par exemple créer un groupe - sur Whatsapp, sur Slack, sur Google Meet… - intégrant tous les collègues avec lesquels on avait l’habitude de partager sa pause. «Il faut garder ces moments. Certes, c’est parfois ça qui nous retarde, mais c’est ça aussi qui nous lie et nous nourrit, souligne Nadia Droz. Il faut redonner de l’importance à l’informel.»

9. Installer un minuteur

A l’autre bout du spectre des hyper-présentéistes, certains ont au contraire tendance à être facilement distraits par tout ce que le travail à domicile peut offrir. A ces gens là, la psychologue du travail propose un truc tout simple: utiliser un minuteur et se dire que durant 20 minutes ou une demi-heure, on va travailler à fond sur telle tâche qui nous déplaît, avant de faire une petite pause ou d’effectuer un travail un peu plus léger.

10. Ritualiser la fin du travail

Dans la vie normale, le trajet de la maison au travail - que ce soit en vélo, en voiture ou en transports publics - sert de sas de décompression. Avec le home office, ce moment de transition disparaît. On risque ainsi d’emmener un peu de son stress professionnel à la table familiale. Premier truc: 15 minutes avant la fin du travail, on fait le point sur les tâches accomplies durant la journée (on réalise alors tout le job abattu) et on pense à, voire on dresse, une liste de ce qui est prévu pour le lendemain, afin de se décharger de ses pensées.

«Ensuite, on pourra par exemple sortir faire le tour du quartier, s’aérer ou faire du sport, avant de retourner aux activités privées», propose Nadia Droz.

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