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La couleur des sentiments

Rachel Dolezal, une «drôle» de militante afro-américaine

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Rachel Dolezal a par le passé utilisé le terme de trans-black pour se définir. On parle alors de transracialisme, de la même manière qu’on utilise celui de transidentité pour les questions de genre.

© Netflix

C’est qui?

Rien n’est simple avec elle. Rachel Dolezal de naissance, elle se fait désormais aussi appeler Nkechi Amare Diallo, histoire de brouiller encore les cartes. Agée d’une quarantaine d’années, cette figure respectée de la cause noire aux USA a, durant de nombreuses années, menti sur ses origines afro-américaines, jusqu’au moment où ses parents – blancs – ont décidé de rétablir la vérité. Car Rachel clamait depuis toujours que son père était noir. Le scandale aux Etats-Unis est alors énorme. Si on ne remet pas en cause son engagement, on lui reproche d’avoir menti sur sa véritable identité.

Certains la soutiennent, convaincus de sa sincérité, car même face aux preuves, elle continue de dire qu’elle se sent afro-américaine depuis l’âge de 5 ans, utilisant le terme de «transracialité». Pour faire croire à ses origines métissées, elle teignait et frisait ses cheveux, tout en assombrissant sa peau.

Pourquoi on en parle?

Depuis 2018, la plateforme Netflix en a fait un documentaire édifiant, «Rachel Dolezal, un portrait contrasté» qui non seulement revient sur ce parcours étonnant (et met en lumière des épisodes de violence avec ses parents), mais pose aussi la question de notre identité. Est-ce que le fait de se considérer – même sincèrement – noir suffit pour le proclamer haut et fort, quelle que soit sa couleur de peau, son histoire ou sa culture?

Alors qu’on débat encore de ce sujet, hautement sensible au pays de l’Oncle Sam, voilà que Rachel Dolezal lâche cet été 2019, sur les réseaux sociaux, qu’elle se définit dorénavant comme bisexuelle, au moyen d’un post plutôt tarabiscoté, évoquant au passage des threesomes (plans à trois). du coup, ce coming out est reçu avec un chouia de scepticisme de la part de certains acteurs du milieu associatif LGBT…

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Just wanted to take a moment to recognize Pride Month 🌈 I am in absolutely no rush to explore a new relationship, but it still matters to stay visible. My first kiss was with a girl when I was 18. I am bisexual. Just because I have been married (briefly) to a man or have had children by male partners does not mean I am not bi. Just because I’m bi doesn’t mean I’m confused. Just because I’m bi doesn’t mean I’m “almost” gay. Just because I’m bi doesn’t mean I’m any less monogamous or into threesomes. I’ve always been attracted to a certain vibe and the body parts present matter less to me than the heart, soul, compatibility & chemistry. So, don’t ignore or delegitimize the “B” In LGBTQI... It’s a real identity. We are here, and no one’s opinion is going to make me gay or straight or not bi. So, although I’ve been single & celibate for 4 years and don’t plan to change that any time soon (my life is too complicated & stressful), this is my lil Pride support post to say “press on” and “keep being you” to the bi community & 🏳️‍🌈 #pride #pridemonth #bisexual #notashamedtosay #beyou #youarewhoyouare #iamwhoiam #itsoktosupport #inclusionisntforshow

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Qu’est-ce que les autres en disent?

Avant la découverte de la supercherie, elle était unanimement adulée et respectée au niveau local, hyperactive au sein de plusieurs associations qui se battent pour les droits de la communauté afro-américaine, dont la NCAAP (National Association for the Advancement of Colored People), l’une des plus influentes du pays. Toutefois, depuis 2015, autant dire qu’ils sont peu à se mouiller pour elle.

Quelques personnalités, toutefois, sont venues à son secours, comme le psychologue Halfrord Fairchild:

«Rachel Dolezal est noire, car elle s’identifie comme telle, et son identification est authentique pour autant que je puisse en juger.»

Pour le Washington Post, elle illustre la «culpabilité blanche poussée à son paroxysme», tandis que les termes d’appropriation culturelle voire de blackface ont souvent été utilisés à son encontre.

Ce qui la définit

Rachel Dolezal a par le passé utilisé le terme de trans-black pour se définir. On parle alors de transracialisme, de la même manière qu’on utilise celui de transidentité pour les questions de genre.

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