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Je n’y avais pas pris garde. Concentrée que j’étais ces dernières années sur mes chères têtes blondes, à qui je tentais d’éviter noyades ou insolations. Mais ça m’a, si j’ose dire, sauté aux yeux il y a quelques jours, sur le bord d’une plage du midi de la France. A peine ai-je levé les yeux de mon polar, que je l’ai vue. Comme tous mes congénères squatters de serviette aux alentours. Hommes, femmes et enfants compris. Cette jolie quarantenaire blonde, simplement vêtue d’un bas de bikini à petits nœuds. Le haut du corps uniformément bronzé, la poitrine généreuse et libre, batifolant en riant aux éclats sur la rive avec son enfant. Devant l’assistance médusée, elle avait osé ce à quoi la plupart des femmes ne songent même plus: le monokini. Un mot que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Car oui petits tripatouilleurs de smartphones, au siècle dernier, dans les années 80 et 90, bon nombre de femmes, jeunes, vieilles, plus au moins bien foutues, avaient tombé le soutif. Ça s’appelait bronzer topless. Et à part quelques réacs, personne n’y voyait rien à redire.

C’était le bon temps. Celui où, à tort, on ne se méfait pas des méchants rayons du soleil. Celui où, à raison, montrer ses seins sur la plage n’avait rien de subversif. En France, un mannequin enlevait le haut sur des affiches publicitaires géantes. L’actrice Valérie Kaprisky sublimait la tendance dans le film «L’Année des Méduses».

Indécent et choquant

Mais voilà que sur cette plage, la semaine dernière, y’avait comme un malaise. Cette pourtant bien jolie poitrine arrivait comme un cheveu sur la soupe, au milieu des mignons bikinis, des sages une pièce et des maillots shorts portés par nombre d’adolescentes dont la pudeur naissante s’accorde parfaitement avec le style paddle. A l’heure où l’on dévoile tout sur les réseaux sociaux, où les décolletés sur les tapis rouges atteignent des profondeurs abyssales, où les fessiers rebondis font le buzz, montrer ses seins, plus précisément ses tétons, sur la plage et devenu indécent. Pire, choquant.

Bliss #StBarth

Une photo publiée par Laeticia Hallyday (@lhallyday) le

Mais qu’est-ce qui, en vingt ans, a transformé le téton en symbole de provocation? Au point qu’on le cache sur la plage. Au point qu’on ne supporte plus de voir celui d’une femme qui allaite en public. Au point qu’il est utilisé comme moyen de propagande politique par des groupes comme les Femen.

Retour de la pudeur ou du fait religieux? Un peu des deux sans doute… Reste que la question de ce sein désormais caché, si futile soit-elle, en dit, encore une fois, long sur la liberté des femmes à disposer librement de leur corps. Et de leurs seins.

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