L'édito de Sonia Arnal: mes envies de kidnapping
L’illumination m’a frappée en lisant le récit, dans Le Matin Dimanche la semaine passée, d’une septuagénaire condamnée, notamment, pour avoir kidnappé à plusieurs reprises le chat de sa voisine. Elle l’a aussi insultée et diffamée, mais quand on y pense, c’est très secondaire.
Non, c’est que l’autre jour JC (Jean-Claude, le chat de Moutier un peu balourd mais sympa, qui me sert d’animal domestique en échange des croquettes que je lui sers) s’est mis à miauler qu’on aurait juré un nourrisson qu’on égorge. Enfin l’autre jour, c’était l’autre nuit. Fort agité, sur le balcon, dont il ne peut s’échapper parce que je l’ai grillagé, il renversait tout sur son passage.
Toutefois, comme le bal s’éternisait et menaçait de rameuter le voisinage, je me suis sortie des plumes. Pour trouver non pas un chat, mais deux. Enfin un et demi. JC s’agitait parce qu’une jeune fille de son espèce (5-6 mois, je dirais) avait réussi à s’introduire nuitamment sous le filet, profitant de sa sveltesse et de sa petitesse (et peut-être aussi d’un trou que nous avons découvert a posteriori).
L'idée d'un second chat
Elle avait l’air ravie d’être là et ce benêt de JC ne savait pas trop qu’en penser, content de voir que la chose était capable de s’auto-mouvoir, mais pas super-rassuré. Il a finalement fait ce qu’il fait toujours dans le doute, il lui a filé une torgnole. Mais du genre mou, quand celui qui la donne n’est pas sûr que ce soit vraiment la bonne idée. Comme j’avais quand même l’intention de dormir un peu, j’ai pris la ravissante bête dans les bras et l’ai déposée dans le jardin pour qu’elle puisse rentrer chez elle.
Funeste erreur, j’aurais dû la garder! Voilà ce que j’ai réalisé trois semaines plus tard en lisant votre journal favori.
D’abord je ne l’aurais même pas volée, elle est arrivée là toute seule. Ensuite ça aurait fait quelqu’un pour déniaiser Jean-Claude – c’est pas du luxe. Et puis ça m’aurait enfin fait le deuxième chat dont je rêve mais que mon entourage me refuse. J’aurais pu la jouer «c’est arrivé à l’insu de mon plein gré». Comme quoi on a tort de sous-estimer les personnes âgées, elles ont toujours plein de sagesse à nous offrir.
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