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L'e-shop Marie Kondo

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Après, sa façon de plier les pantalons et les housses, moi je dis: «Attention, danger, elle est pas nette cette fille!» Personne de sain ne met autant d’énergie dans un tiroir de commode.

© Ludovic Andral

Marie Kondo, je l’ai toujours trouvée suspecte. Pourtant, à la base, je devrais être bonne cliente, je suis une sorte de version européenne de son minimalisme. Chez moi, c’est vide et je suis exigeante sur l’ordre (complètement psychorigide et en droit de demander l’AI pour me donner à corps perdu dans une thérapie de fond, estiment mes enfants qui, clairement, n’ont pas hérité de ma notion du rangement). Sans compter que je ne possède que six ou sept pantalons, autant de vestons, de pulls et de chemises – non je n’aime pas acheter ni me demander tous les matins ce que je vais bien pouvoir enfiler. Donc, je ne me demande pas. Je tire des vêtements du placard un peu au hasard et comme le noir, le blanc et le gris se mélangent toujours assez bien, en général c’est portable (voir photo ci-dessous pour confirmation).

Jeter tout ce qu’on n’utilise plus depuis douze mois, rationaliser son espace pour donner une place à chaque objet ou vêtement et donc vraiment maintenir son intérieur en ordre, je peux comprendre. Mais virer les livres, déjà ça m’a semblé bizarre. Là où j’ai carrément trouvé sa méthode flippante, c’est quand elle a expliqué qu’il fallait dire au revoir et merci aux objets qu’on jetait.

Les autres gens qui parlent aux choses, on ne leur propose pas des émissions sur Netflix, on les interne, juste pour dire.

Un e-shop Kondo

Après, sa façon de plier les pantalons et les housses, moi je dis: «Attention, danger, elle est pas nette cette fille!» Personne de sain ne met autant d’énergie dans un tiroir de commode. Et puis, le ton doucereux… clairement une gentillesse de façade, propre à une personnalité agressive, voire violente, qui un jour vous décapite parce que vous avez squeezé le tube de mayo au lieu de l’enrouler par le bout.

Mais j’avais tort de me méfier. Non pas qu’on soit sûr qu’elle n’ait tué personne – c’est peut-être juste qu’on n’a pas encore retrouvé le cadavre. Non. La papesse du rien, maintenant que ses ouailles ont tout jeté pour être plus heureuses et trouver le bonheur par le vide, a ouvert un magasin en ligne. Ben oui, ses clients ont plein de place pour de nouveaux objets, les siens, non? Je trouve ça très rassurant de découvrir qu’elle avait un plan business et qu’elle est juste cupide.

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