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L'édito d'Alexandre Lanz: «Porno éthique, et toc!»

Edito alexandre lanz

«Le temps n’est-il pas venu d’arrêter de diaboliser la pornographie, pour une relecture sociologique et passionnante de nos comportements face à nos écrans?» - Alexandre Lanz

© Anoush Abrar

Instagram & Co. qui jouent les prudes en censurant le premier téton dénudé, quelle ironie! Trois cent cinquante-sept ans séparent cette posture hypocrite de la célèbre citation du Tartuffe de Molière, «couvrez ce sein que je ne saurais voir: par de pareils objets, les âmes sont blessées, et cela fait venir de coupables pensées». Ah oui, quand même.

Au moins, personne n’est dupe de la pudibonderie, et on se marre bien devant l’insoutenable nudité humaine pixélisée sur le troisième média social le plus utilisé au monde. D’autant plus que, pendant qu’Instagram joue les offusqués, 30% du trafic internet mondial concerne le porno en ligne, apprend-on dans le dossier consacré aux porn studies (dans le magazine du 25 juillet, article mis en ligne le 26 juillet 2021). J’aurais parié beaucoup plus!

Dans son essai Pornologie (Éd. du Murmure), le professeur de littérature Sébastien Hubier se penche sur ces études apparues dès les années 60 dans les universités anglo-américaines et qui intimident encore trop selon lui les chercheurs d’Europe continentale. Et si nous transposions Tartuffe et ses pensées coupables dans le contexte de l’époque sublimement narrée dans une série comme Black Mirror?

Le temps n’est-il pas venu d’arrêter de diaboliser la pornographie, pour une relecture sociologique et passionnante de nos comportements face à nos écrans?

Qu’on se le dise une fois pour toutes: le porno, ce n’est pas grave en soi. Hors de portée des industries traditionnelles – souvent pas plus égalitaires entre hommes, femmes et personnes issues des minorités sexuelles –, la pornographie ne se défait pas de l’image sulfureuse qui lui colle à la peau.

Porno éthique

Pourtant, à l’instar du collectif lausannois OIL Productions, il est possible de produire du porno éthique au sein d’un safe space, soit un espace sécurisé pour toute l’équipe de tournage, les performeurs et les performeuses. Le code de déontologie appliqué ici se traduit par la rémunération des intervenants, le droit de regard et des conditions de travail saines et valorisantes. Aujourd’hui, les codes du porno sont partout, de la culture mainstream aux arts les plus pointus, de la pub aux fictions sur petits et grands écrans.

En guise d’épilogue, rappelons que le porno est un fantasme qui n’a pas grand-chose à voir avec la réalité. Dans la vraie vie, un «non» n’est jamais un «oui» masqué, et seul vaut le consentement de chacune des personnes concernées. On ne le répétera jamais assez.

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