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Le monde va mal… Mais des solutions existent!

Le monde va mal… Mais des solutions existent!

Avant de paniquer, regardons les problèmes et les solutions à apporter, car elles existent.

© MARILOU BRINER

Ah, qu’elles semblent soudain loin les Trente Glorieuses et leur image d’époque insouciante et d’abondance. Depuis 2008, le monde semble être entré de plain-pied dans l’ère des crises permanentes, avec son cortège de krachs boursiers, de conflits, de pénuries, de pollutions, de pandémies et de baisses de pouvoir d’achat. Et avec l’invasion russe de l’Ukraine, cette spirale s’est soudain accélérée à en donner le tournis. On parlait encore de reprise économique record post-Covid en 2021? D'années folles qui allaient faire de la décennie 2020 une oasis d’abondance et de bien-être? Ce sera peut-être plus compliqué.

Tandis que le prix du baril nous gratifie depuis des mois de tarifs indigestes à la pompe, de nombreux pays européens, dont la Suisse, se préparent à des problèmes d’approvisionnement pour cet hiver, prévenant déjà qu’il faudra économiser l’énergie. Avec, également, le risque de coupures ponctuelles de gaz ou d’électricité, nous faisant revenir à une époque de disette qu’on croyait révolue depuis longtemps. Comme si cela ne suffisait pas, les dispositifs d’énergies vertes en fonctionnement sont aussi impactés, cette fois à cause du réchauffement climatique.

Après des mois d’une sécheresse historique, les niveaux des lacs et des rivières sont en effet au plus bas, péjorant parfois le rendement des barrages. Pendant ce temps, les glaciers fondent toujours plus vite.

Mais avant de paniquer, regardons les problèmes et les solutions à apporter, car elles existent. Si l’être humain a souvent la fâcheuse manie d’aller dans les excès et de préférer profiter du présent plutôt qu’anticiper l’avenir, il est aussi capable d’une incroyable résilience et d’imagination pour améliorer sa situation. Solidarité, bon sens, innovation technologique, autant de leviers à actionner pour sortir des ornières où l’on se coince parfois. Autant de raisons de se convaincre que de la lumière existe toujours, même dans les scénarios les plus sombres. [NP]

1. On est trop accros au pétrole

On imaginait avoir des années, et même des décennies, pour opérer confortablement la transition énergétique et sortir des hydrocarbures au profit de sources d’énergie plus vertes. Mais patatras, l’invasion russe en Ukraine a brutalement pointé du doigt notre addiction toujours aussi actuelle et quasi exclusive au pétrole, mazout et autres gaz naturels. La situation, pourtant, était peut-être en grande partie évitable. Alors que la Chine s’est imposé une politique énergétique stricte et prudente, en ne permettant pas à un fournisseur géographique donné de dépasser 10% de ses besoins, les pays européens ont été bien moins malins, se reposant trop sur l’achat massif d’énergie à l’étranger et, surtout, offrant trop d’importance à l’approvisionnement de la Russie, un pays qui était pourtant considéré, même avant la guerre en Ukraine, comme un État voyou.

La solution: Avec une politique énergétique européenne plus visionnaire, serait de diversifier davantage les sources d’approvisionnement et d’énergie: hydrocarbures, énergies renouvelables et même nucléaire avec en particulier les nouvelles technologies au thorium. Plus l’offre est riche, moins les risques de pénurie sont élevés. Plus pragmatique, outre l’option de se chauffer à la maison ou au bureau à une température raisonnable (20 degrés suffisent), le télétravail est à privilégier, car il permet d’économiser les consommations dues aux allers-retours domicile-travail, très énergivores. La pandémie nous a prouvé que cette formule était viable pour la plupart des entreprises.

Autre piste intéressante: la chasse aux éclairages nocturnes inutiles. Certains spécialistes avancent en outre qu’il faudrait faire appliquer certaines lois déjà existantes visant à l’économie d’énergie, et qui s’avèrent parfois peu suivies ou mal appliquées.

Le petit geste: Avant chaque geste, être conscient de sa consommation en énergie et se demander s’il en vaut vraiment la peine. Essayer de limiter l’utilisation de l’eau chaude. Et, quand même, disposer de quelques bons pulls pour cet hiver. [NP]

© MARILOU BRINER

2. Pour que les glaciers ne soient pas une histoire ancienne

Malgré un été plutôt frisquet, les glaciers suisses ont reculé de 1% en 2021. Cette année, les prédictions s’annoncent bien plus alarmantes. «Les spécialistes s’accordent à dire que la fonte est inéluctable, regrette Sophie Fürst, coresponsable de campagne de l’initiative pour les glaciers. Il est déjà trop tard pour espérer les préserver intégralement.» Les images de cartes postales de l’Aletsch et de Moiry? Bientôt de l’histoire ancienne…

La solution: On pourrait penser que recouvrir les glaciers avec de larges bâches en polyester pourrait être salutaire. Une fausse bonne idée, selon Sophie Fürst: «Sur le long terme, ça n’est pas une solution satisfaisante. À quoi bon les préserver de la sorte si on ne peut plus les admirer?» La jeune militante, également secrétaire générale de l’Association suisse pour la protection du climat, enjoint les acteurs politiques et économiques à prendre de rapides mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

«Les glaciers sont une image parlante du dérèglement climatique. Il y a urgence pour agir à plus grande échelle qu’au niveau individuel!»

Le petit geste: L’initiative pour les glaciers est en phase de débat au niveau parlementaire. Un vote pourrait avoir lieu en juin prochain. L’activiste écologiste invite chacune et chacun à s’engager, à son niveau, pour sensibiliser la population. «Nous sommes toujours à la recherche de nouveaux bénévoles, explique Sophie Fürst. Localement, au sein de leur quartier ou de leur commune, les personnes intéressées peuvent faire changer les choses en informant, en donnant envie aux gens de voter et de se battre pour un futur qui respecte la nature.» 

Une ressource à découvrir: Suisse 2050, un site internet qui donne une vision positive du futur. Scientifiquement prouvés, les faits avancés peuvent se concrétiser si des mesures sont prises sans plus attendre. [MC]

3. Mieux se préparer avant la prochaine pandémie

Le Conseil fédéral annonçait le 24 août s’attendre à une nouvelle vague de Covid cet automne. Même si l’immunité de la population est élevée. À force, ce n’est plus une surprise. Et comme si un front ne suffit pas, la variole du singe progresse. À tel point que le directeur général de l’OMS a récemment déclaré que cette épidémie constituait une urgence de santé publique de portée internationale. Pas encore au stade de pandémie donc, mais les experts le redoutent.

La solution: Des vaccins pour couper les chaînes de transmission, accessibles au niveau mondial. C’est une des leçons du Covid: on ne peut pas lutter chacun dans son coin, il faut agir globalement car tant que le virus circule dans une partie du monde, il reste une menace. Il s’agit aussi de ne pas baisser la garde, car «ces pandémies ne s’effacent pas les unes les autres», soulignait la Pre Alexandra Calmy, responsable de l’unité VIH/sida aux HUG, dans une interview pour le Matin Dimanche sur l’affaiblissement de la lutte contre le VIH que les deux ans de focalisation sur le Covid ont causé. Des vaccins donc. Pour le Covid, la «bonne» nouvelle, c’est que les laboratoires Pfizer et Moderna ont déposé des demandes d’autorisation auprès de Swissmedic pour des vaccins adaptés au sous-variant BA.1 d’Omicron, et une campagne de vaccination devrait débuter en octobre.

S’il n’existe aucun vaccin spécifique contre le monkeypox, la Confédération devrait acquérir 100’000 doses de vaccins contre la variole, dont 40’000 pour lutter contre la variole du singe.

Le petit geste: Se plonger dans le roman d’Emily St. John Mandel, Station Eleven. Certes, 99% de la population mondiale y est exterminée par une grippe en deux semaines, mais les grappes de survivants sont autant d’îlots de résilience. Lumineux et optimiste malgré le chaos. [FR]

4. On réagit face à la flambée des prix

Chacune et chacun a déjà pu le constater en faisant ses commissions: les prix de plusieurs denrées ont pris l’ascenseur. La faute à l’augmentation massive du prix des énergies. Cette dernière a non seulement un impact sur le coût de production et de transport des marchandises, mais elle grève aussi directement le porte-monnaie des ménages qui doivent se fournir en combustibles de chauffage et carburants. Une situation néfaste pour le pouvoir d’achat des consommatrices et consommateurs.

La solution: La Fédération romande des consommateurs (FRC) réclame des actions concrètes de la part des pouvoirs publics pour lutter contre la paupérisation des ménages les plus touchés par cette flambée des prix. Pour baisser le prix des carburants, elle suggère la mise en place d’une application en ligne permettant de comparer les prix à la pompe, à l’instar de ce qui se fait déjà en Autriche. «La FRC réclame également plus de transparence dans la formation des prix, ajoute Jean Busché, responsable économie au sein de la fédération. La hausse des prix à la production est aujourd’hui largement répercutée par les distributeurs sur les consommateurs.»

«Alors que les salaires stagnent, on peut s’interroger sur la responsabilité des distributeurs quant à la baisse du pouvoir d’achat qui impacte plus fortement les ménages les moins aisés. Tous les acteurs de la chaîne de création de valeur, de la production alimentaire à la vente, doivent recevoir une part équitable du gâteau.»

Le petit geste: Passer aux transports publics, rouler moins vite, réduire la température de son logement, privilégier les circuits courts et les produits bruts, changer de caisse maladie… De nombreuses nouvelles habitudes à prendre peuvent avoir un impact non négligeable sur l’addition finale. Sur son site, la FRC consacre un vaste dossier à l’inflation et livre de précieux conseils. [MC]

© MARILOU BRINER

5. Les primes d’assurance maladie, un emballement sans fin?

Mauvaise nouvelle pour les ménages romands, les primes d’assurance maladie risquent d’augmenter d’environ 8 à 10% dans le pire des cas pour 2023 (6% pour financer le découvert des deux dernières années et 2 à 3% pour compenser l’augmentation des coûts). Le scénario le plus optimiste et sans doute le plus probable mise sur une facture plus haute de 5 à 6% en moyenne.

La solution: Deux initiatives populaires sont en cours d’examen au Parlement fédéral: l’une du Parti socialiste qui prévoit de plafonner à 10% du revenu le montant consacré aux primes d’assurance, l’autre du Centre qui demande que le Conseil fédéral introduise des mécanismes de frein aux coûts de la santé. Au printemps de cette année, le Conseil national a proposé dans les deux cas des contre-projets qui, enfin, pourraient permettre d’améliorer la situation des ménages. Il a voté une solution en vue de réduire les primes pour les assurés, portée financièrement à parité entre cantons et Confédération, un soutien qui se monterait à 2,2 milliards. Il a accepté l’initiative du Centre et rajouté un objectif décisif pour freiner la spirale des coûts: renégocier en 2024 le tarif des prestations médicales. Le résultat des travaux du Conseil national sera discuté le 6 septembre à la commission du Conseil des États, et au plénum pendant la session qui suit.

Si, miracle, tout se passait comme prévu, alors les assurés ont des raisons d’espérer. Dès 2023, un soutien au financement des primes et, dès 2024, une maîtrise des coûts.

Le petit geste: Oui, c’est astreignant, mais il vaut la peine de se renseigner sur les tarifs des différentes assurances maladie et – le cas échéant – en changer avant le 30 novembre pour l’année suivante. [GS]

6. Déposez les armes, svp!

Le mot guerre a pris (encore) une autre dimension depuis le 24 février dernier, lorsque la Russie de Poutine envahissait l’Ukraine, mettant en exergue une certaine instabilité du monde. Depuis, les tensions et les risques d’escalade entre la Chine continentale et l’île de Taïwan se sont accentués, faisant craindre l’émergence d’un nouveau front. Si les conflits – plus ou moins – régionaux ont hélas toujours éclaté un peu partout à travers le monde, c’est le fait que des superpuissances – détentrices de l’arme atomique au passage – soient désormais au centre de ces conflits qui fait craindre le pire.

La solution: En amont de l’éclatement des conflits, lorsque les premiers coups de feu ont été tirés, mais aussi lorsqu’ils prennent fin: diplomatie, bons offices et médiation. «Une des raisons pour lesquelles on voit aujourd’hui le nombre de conflits augmenter, c’est parce qu’il y a de nouveaux conflits, mais les vieux conflits ne s’arrêtent pas.»

«C’est aujourd’hui beaucoup plus difficile de mettre fin à des conflits que ça ne l’était il y a 15 ans», analyse Jean-Marie Guéhenno, ancien secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix de l’ONU, sur le site de l’organisation.

Le petit geste: Outre un don – même minime – à l’organisation humanitaire de son choix, on file à Genève pour visiter le Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Outre son exposition permanente répartie en trois espaces (Défendre la dignité humaine, Reconstruire le lien familial et Limiter les risques naturels), il accueille jusqu’au 9 octobre l’expo temporaire Who cares? Genre et action humanitaire, loin des représentations stéréotypées. [JP]

7. Pour les vacances, préférer le train à l'avion

Il suffit d’un peu de bon sens ou – à défaut – d’utiliser un des nombreux calculateurs de bilan carbone pour comprendre que prendre l’avion, ça pollue. ça pollue beaucoup. Un vol aller-retour Genève-New York en classe éco émet ainsi l’équivalent de 2 tonnes de CO2 par passager… Problème insoluble: l’Accord de Paris stipule que pour limiter le réchauffement climatique à +1,5 degré, nous devrions nous limiter à émettre au maximum… 2 tonnes de CO2 par habitant et par an. Alors deux solutions s’offrent à nous: continuer à prendre l’avion pour aller faire un week-end de shopping à Barcelone et passer le reste de l’année dans une grotte à manger les insectes qui passent, ou revoir notre façon de voyager. Les Suédois ont carrément trouvé un néologisme: le flygskam, soit la honte de prendre l’avion en raison de sa contribution au changement climatique.

La solution: Elle est multiforme. La pandémie de Covid nous a déjà (ré)ouvert les yeux: entre les sublimes rivières tessinoises, les montagnes grisonnes, les bonnes adresses vintage zurichoises, les voyages proches ont de beaux jours devant eux. Mais comme nous l’écrivions déjà dans notre édition du 17 avril 2022, il y a aussi et surtout le retour des trains de nuit – le moyen de transport public le moins polluant! L’offre est en train de se réétoffer: Hambourg, Vienne, Graz, Zagreb, Budapest, Prague, Berlin, Cologne, Amsterdam ou Ljubljana. La Suisse est à la pointe dans ce secteur, puisque la gare de Zurich se classe deuxième parmi les hubs les plus importants d’Europe, juste derrière Vienne. Et cela sans compter ni les TGV ni les freccie rosse (les flèches rouges), qui permettent de rejoindre rapidement plusieurs grandes – et belles – villes italiennes.

Le petit geste: Impossible de faire l’impasse sur ce voyage aux USA? On privilégie les vols directs – c’est au décollage et à l’atterrissage que l’avion pollue le plus – et on adhère à un programme de compensation carbone, histoire de minimiser son empreinte. [JP]

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