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«J’aide les couples à se séparer dans la bienveillance»

Uncoupling couple separation bienveillante

Rester ami avec son ex? Pas évident. Il existe pourtant des méthodes et des thérapies pour y arriver, comme le conscious uncoupling pratiqué par Gwyneth Paltrow et Chris Martin. On veut y croire, parce que finalement, tout le monde est gagnant.

© Getty

Coach certifiée en séparation bienveillante, une nouveauté en Suisse, et formée à diverses formes de psychologie appliquée, Stéphanie Grivet s’est spécialisée dans l’accompagnement de couples qui se séparent. Elle reçoit dans un centre cosy et flambant neuf à Vevey. Son objectif: préserver les liens familiaux malgré le traumatisme que représente le divorce. «J’avais repéré cette technique aux Etats-Unis, la séparation consciente, conscious uncoupling, créée par la psychologue Katherine Woodward Thomas. Je m’y suis intéressée, d’autant que ça me touchait puisque j’étais passée par là. J’ai divorcé, mais j’avais réussi à garder une bonne entente avec le père de mes trois enfants. Toutefois, en entendant parfois ce qui se passait autour de moi, je me suis dit que ce serait bien de pouvoir aider les gens à passer ce cap, surtout dans l’optique de préserver les enfants. Car même séparés, nous formons toujours une famille.»

Femina Pourquoi consulter un coach quand on divorce?
Stéphanie Grivet
La séparation est toujours un moment difficile. Pour son propre bien-être et celui de son entourage, garder une relation sereine est crucial. Les comportements qu’on a alors peuvent avoir des conséquences sur notre futur immédiat, voire sur les 20 prochaines années, si on a des enfants! Ceux-ci vont grandir, se marier, avoir des enfants eux-mêmes et si les parents ne s’entendent pas, cela fait des tensions, des conflits de loyautés, parfois des coupures avec les grands-parents, l’impact est énorme:

L’idée est de créer une bonne base pour le futur; d’apprendre à communiquer en tant que co-parent; à ne pas faire grandir les enfants trop vite avec des soucis d'adultes. Je vais le répéter souvent: on n’est plus un couple, mais on est toujours une famille.

Cela veut dire que, quand les gens viennent vous voir, la rupture est consommée?
Absolument. En général, ils ont déjà fait un «process», ils sont allés voir un psychologue, ils ont essayé diverses méthodes, mais ils ont pris la décision de se séparer. Plus ils consultent tôt, mieux c’est, pour que la séparation se passe de façon constructive plutôt que destructive. Cela permet d’avoir une autre approche. Il y a beaucoup de croyances autour du divorce, on pense que cela doit forcément être l’horreur, la catastrophe. Or, il est possible de garder les bons souvenirs, de se dire que, maintenant, ça ne marche plus, mais de se projeter vers un avenir meilleur, et d’en sortir grandi.

Les gens viennent en couple au Centre? Pas facile sans doute d’y traîner son ex…
Non justement. Je reçois les gens individuellement. Ils font un travail sur eux-mêmes, qui influe ensuite sur la relation à l’autre. La rupture n’est pas vécue de la même façon par les deux protagonistes, il y en a toujours un qui a fait plus de chemin que l’autre. C’est un processus de deuil en plusieurs étapes, vécu différemment par celui qui quitte ou celui qui est quitté. A ce moment-là, la communication est vraiment difficile à cause de ce décalage.

Et comment ça se passe alors?
On commence par identifier les émotions, les blessures, qui viennent souvent de l’enfance et engendrent une certaine dynamique dans le couple. On détermine aussi quelle est sa part de responsabilité. C’est très important, même si c’est seulement 3%, cela permettra de ne pas reproduire les mêmes schémas dans les prochaines relations.

En prenant de la distance avec ses émotions, on peut aborder ensuite la situation sous un autre angle, en se focalisant sur soi plutôt que sur les erreurs de l'autre.

Il y a aussi des techniques pour faire redescendre le conflit, éviter l’escalade.

Mais comment composer avec un ex-conjoint particulièrement… négatif, pour rester poli!
Je reçois des gens très en colère, qui ne se parlent plus que par avocats interposés. Le travail sur soi permet de ne pas avoir de réactions émotionnelles aux comportements de l’autre, de s’en distancer, de rester bien centré, neutre. C’est là que la part de responsabilité est importante, elle change la dynamique, renverse les perspectives. On se rend compte que ce n’est pas uniquement l’autre qui est fautif, qu’il y a des comportements qui ont été permis à un moment donné. On remonte aux questions fondamentales: pourquoi me suis-je engagée avec cette personne, comment ai-je permis à cette relation de durer toutes ces années? Il y a souvent des signes dès le début. On les appelle «red flags», des drapeaux rouges.

Est-ce une longue thérapie?
Le protocole est fixe et se déroule sur 6 séances. La première consultation est très importante, on y évalue le niveau de traumatisme, l’état général de la personne. Parfois, on ne va pas au-delà, une décision qui peut venir d’un côté comme de l’autre. Les trois séances suivantes constituent le travail sur soi, pour aller au fond de soi comprendre les comportements. Cela demande de l’engagement, il y a des exercices à faire, des lectures. Les deux dernières séances sont consacrées à la vision du futur, qu’est-ce qu’on veut créer, comment on veut être désormais, ainsi que dans ses prochaines relations pour que ce qui arrive ne se reproduise plus!

Il y a donc de l’espoir?
Oui, bien sûr! Je ne cautionne pas le divorce, mais c’est une réalité, les chiffres sont là, alors faisons de notre mieux pour que cela se passe bien. J’ai une clientèle de tous les âges, avec ou sans enfant, marié ou pas marié. Parfois, des gens viennent aussi longtemps après la séparation, 5 ou 6 ans, quand ils se rendent compte qu’ils n’ont toujours pas réglé le problème. Tout le monde peut progresser à travers cette épreuve, la surmonter et avoir une vie géniale après. Une fois qu’on est au clair avec soi-même, qu’on a appris à écouter son ressenti, qu’on a éveillé son intuition, on est prêt à écrire une nouvelle histoire.

Infos: Le Centre, Coaching et développement personnel, Vevey et Facebook
Prochains ateliers- conférences «Réussir son divorce avec la Séparation Bienveillante»: 21 mai 2019 à Genève, 28 mai 2019 à Sion, 12 juin 2019 à Vevey

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