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Portrait inspirant

HES: Luciana Vaccaro, en mission pour les étudiant-e-s

HES: Luciana Vaccaro, en mission pour les étudiant-e-s

«Mon parcours le prouve, d’ailleurs: je me donne à fond pour mon travail mais cela ne m’a jamais empêchée d’avoir une vie à côté: un mari, des enfants, des amis, des loisirs, des voyages…» - Luciana Vaccaro

© GUILLAUME PERRET

Regard franc et direct, poignée de main ferme et sourire chaleureux: il suffit de la saluer pour comprendre que Luciana Vaccaro est une femme de caractère autant que de cœur. Deux traits qui se confirment quand elle se met à parler. Et qu’il s’agisse de son itinéraire personnel ou de sa mission comme rectrice de la HES-SO, deuxième plus grande institution académique de Suisse, on sent l’exigence, certes, mais aussi le souci de l’autre, l’envie de faire bouger les choses:

«Mon but premier, c’est de permettre aux étudiantes et aux étudiants (environ 22 000) de développer leurs compétences et de donner au corps professoral les moyens d’enseigner!»

Main de fer dans un gant de velours, elle s’engage en particulier pour les questions d’intégrité individuelle, d’égalités des droits et contre les stéréotypes de genre: «Nous avons déjà mis sur pied différents programmes pour favoriser les carrières «haut profil» pour les femmes ou déconstruire les représentations patriarcales – par exemple via des ateliers d’informatique pour les filles de 9 à 12 ans – mais… il y a encore tant de verrous à faire sauter!».

Dyslexie, latin et grec

Née en 1969, elle est originaire de Naples, une ville «diversifiée et multiculturelle», où elle suit sa scolarité. Non sans difficultés: «Moi qui suis une fille de la physique et des mathématiques, comme mon papa qui est ingénieur, j’ai dû suivre un cursus latin-grec, comme tous les enfants des milieux intellectuels. Cela a été d’autant plus délicat que je suis dyslexique: à 6 ans, je faisais des divisions à deux chiffres mais je n’ai pas su lire avant 9 ans!»

En plus de cette problématique, ses parents divorcent quand elle a 10 ans. Elle et son cadet restent avec leur père, ce qui n’est alors pas commun. Qu’à cela ne tienne, elle fait de cette épreuve une force: «J’ai dû faire l’impasse sur ma maman, cela m’a appris une forme de résilience… En même temps, évoluer dans cet entourage masculin m’a aussi prouvé que rien n’est interdit au motif qu’on est une fille. Mon parcours le prouve, d’ailleurs: je me donne à fond pour mon travail mais cela ne m’a jamais empêchée d’avoir une vie à côté: un mari, des enfants, des amis, des loisirs, des voyages…» Quoi qu’il en soit, une fois sa maturité en poche, Luciana Vaccaro entre à l’université:

«Ça a été une libération puisque je pouvais enfin faire ce qui m’intéressait: la physique. De plus, c’est à cette époque que j’ai rencontré celui qui est aujourd’hui encore mon mari!»

Comme un déclic

En 1996, diplômée, elle décroche un stage au CERN: «Je pensais rester 6 mois en Suisse mais je n’en suis jamais repartie et je suis même naturalisée depuis 2017!» De fait, elle poursuit ses études à l’EPFL, où elle obtient un doctorat en microtechnique. Puis, dès 2000, travaille à l’Institut de micro-optique de l’Université de Neuchâtel. Et c’est là que son destin bascule à nouveau: jeune maman et enceinte de sa deuxième fille, elle monte un projet de coopération européenne… accepté le lendemain de son accouchement, en août 2005!

«Je pense que la maternité et la réussite de ce projet ont bouleversé ma vision des choses: les labos sont essentiels, il faut que des scientifiques fassent de la recherche fondamentale. Mais moi, je me trouvais dans une forme de schizophrénie: je passais ma journée de travail dans l’abstrait et le soir, à la maison, j’étais confrontée à des questions très concrètes et je trouvais de moins en moins de sens à ce que je faisais… Quand mon projet a été validé, ça a fait comme un déclic!»

Persuadée que la cohésion sociale passe par l’éducation, la physicienne bifurque alors: «Je me suis tournée vers le managérial dans l’idée de voir comment faire évoluer l’institution.» Elle monte des projets locaux ou internationaux avec succès, notamment le Grant Office de l’EPFL et, en 2013, devient la première femme rectrice à la tête de la HES-SO. Un apostolat. Et une passion communicative: à l’écouter, on a juste envie de la suivre.

Ce qui la ressource: Sa famille, la natation, les vacances dans la maison familiale en Sardaigne et… préparer des repas à l’italienne «pour 25 personnes»!

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