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Fishbach: «La mort me fascine»

Flora Fischbach

«Au début, pour écrire, je me nourrissais des sentiments que je ne pouvais que taire, concède Flora. On n’est pas tous doués pour dire les choses. Moi, pour exprimer ces émotions, je devais les transformer en musique.»

© Getty

Son actu

Nominée aux Victoires de la musique 2018 dans la catégorie Révélation de scène, Fishbach n'a malheureusement pas remporté le titre, le vendredi 9 février. Si vous mourez d'envie de la voir en live, rendez-vous sur sa page Instagram, où elle annonce toutes ses dates de concert!

Son don inattendu

«Je suis une assez bonne imitatrice. C’est un peu bateau, mais je peux prendre la voix d’une vieille marâtre, comme celle d’un petit bébé!»

Sur sa shame list

«J’avoue, je regarde des émissions de survie à la télévision. Je sais bien que c’est totalement honteux, mais on a tous besoin d’un moyen de se vider la tête. Le mien, c’est Koh-Lanta!»

Ce qui la dope

«Quand on me lance des défis. Je n’ai pas forcément besoin de les gagner, puisque je déteste la compétition, mais j’aime bien qu’on me les impose: je crois que cela me porte.»

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Portrait

Sa voix grave et éraillée vous désarçonne d’emblée. Même transmis par téléphone, le timbre profond paraît trop mûr pour cette jeune femme au teint diaphane, ce qui lui confère quelque chose d’intemporel. A seulement 26 ans, Flora Fischbach accueille ce troublant constat comme le plus beau des compliments. Pour elle, l’âge n’est qu’un détail. D’ailleurs, «on s’en fout»: le nombre de ses printemps ne la définit pas. Depuis la sortie de son premier album, en 2017, elle s’est déjà lassée qu’on la compare à d’autres artistes, ou qu’on la rattache à une époque. De toute façon, il est impossible de n’en choisir qu’une: le synthé numérique qui rythme ses mélodies électro-pop et rock rappelle l’audace des années 1980, alors que le personnage lui-même semble plutôt s’être échappé d’un roman du XIXe siècle, d’une prose romantique peuplée de métaphores ténébreuses. Fishbach (comme son nom de famille, mais «sans le c») en a fait son petit jeu. Quand elle compose, l’artiste brouille les pistes, mélange tout, exploite son penchant gothique et se permet de rester brutalement elle-même: «Fishbach, c’est un personnage clair-obscur, doté d’une immense soif de liberté et d’un intarissable besoin de s’exprimer», résume-t-elle.

Sombres inspirations

Ses premières chansons sont nées dans la solitude de sa chambre d’adolescente, au clavier de son ordinateur.

«Au début, pour écrire, je me nourrissais des sentiments que je ne pouvais que taire, concède Flora. On n’est pas tous doués pour dire les choses. Moi, pour exprimer ces émotions, je devais les transformer en musique. J’avoue que c’est un peu autiste comme délire!»

De ces bribes créatives, puisées notamment dans des chagrins d’amour, les thèmes choisis par la jeune femme ont toujours conservé une grande part de tristesse. Parmi toutes les émotions dont elle s’inspire, la souffrance représente sa principale muse. «Le bonheur n’a rien d’extraordinaire, estime-t-elle. Quand on est heureux, on a peu de recul, puisqu’on vit simplement l’instant. Mais quand on souffre, on possède un autre regard, une certain distance par rapport à ses émotions, et on réalise tout d’un coup qu’on a énormément de choses à dire. Mes chansons m’aident parfois à faire le deuil d’une histoire mourante.»

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Une famille de croque-morts

La mort, comme l’amour, sont omniprésents dans l’univers de Fishbach, qui a grandi avec une appréhension bien particulière de l’au-delà:

«J’ai un oncle croque-mort qui embauchait tous ses frères et sœurs dans son entreprise de pompes funèbres, raconte-t-elle avec un sourire dans la voix. Ma maman travaille en gériatrie et accompagne tous les jours des personnes au trépas. Toute ma vie, j’ai côtoyé la mort. Je la considère comme une part nécessaire de l’existence. Elle me fascine, je n’en ai pas peur du tout.»

Lorsque Flora décrit ce qui la pousse à chanter, la Faucheuse ressurgit, comme une vieille amie qui l’a aidée à comprendre son art: «Plus jeune, je participais à des ateliers de chant que ma mère animait pour des personnes atteintes d’Alzheimer. En voyant leurs réactions, j’ai réalisé que la musique est la seule chose qui reste vraie, qui existera jusqu’au dernier souffle de la vie.»

«La scène, c’est comme le sexe»

Parfois, en écoutant ses morceaux, on a l’impression que Fishbach possède plusieurs voix, appartenant à des êtres différents. «Je le fais exprès, déclare-t-elle avec malice. Parfois, je chante un personnage que je ne veux pas être, ou un sentiment que je souhaite évacuer. Tout est possible et j’essaie d’explorer cela avec ma voix, qui est mon seul outil. Mais il n’y a pas de délire schizophrène là-dedans, hein! Nous possédons tous des voix différentes, qui reflètent les innombrables aspects de nos personnalités. Vous n’avez pas la même voix quand vous parlez à votre patron que quand vous parlez à votre amoureux, par exemple!»

C’est sur scène que Fishbach trouve l’espace et la liberté nécessaires pour incarner ces différentes versions d’elle-même:

«J’y déverse toute ma colère et toute ma part sombre. Je compare souvent mes concerts au sexe, car j’y trouve le même échange, la même chaleur, cette sensation de ne plus avoir mal nulle part.» Et quand le public ne coopère pas? «C’est pareil qu’au lit, ça ne marche pas! plaisante-t-elle. Heureusement pour moi, je n’ai rencontré que des bons partenaires jusqu’à présent.»

En live, Fishbach «chante fort». Elle souligne les «défauts» de sa voix rauque avec une certaine fierté. Après tout, ses notes dissonantes la caractérisent: et elle compte bien insister sur tout ce qui la rendra incomparable.

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