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En 40 ans, le Sida a coûté la vie à plus de 32 millions de personnes

Sida 40 ans lutte

Le 3 juillet 1981, un article du New York Times informe la population du nouveau virus, désigné dans un premier temps comme le «cancer gay», une appellation pour le moins stigmatisante.

© Getty Images

On préfère généralement les anniversaires joyeux, celui-ci est funeste: le sida a 40 ans. Difficile à imaginer aujourd’hui, et pourtant. Au tout début des années 1980, le spectre du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) – dont le sida est le dernier stade de l’infection – est en passe de terrasser toute une génération et de traumatiser les suivantes. Caractérisée par son esprit rebelle et libertaire, la fin des années 1970 augure une nouvelle décennie à l’âme schizophrénique: à la fois pop et fluo, les années 1980 s’ouvrent sur une note crépusculaire qui tient en quatre lettres qui font froid dans le dos. Le sida, synonyme de mort.

Les hommes gays et bisexuels sont les premiers à être infectés aux Etats-Unis par cette nouvelle maladie sexuellement transmissible, qui anéantit le système immunitaire jusqu’à l’issue fatale.

Le 3 juillet 1981, un article du New York Times informe la population du nouveau virus, désigné dans un premier temps comme le «cancer gay», une appellation pour le moins stigmatisante.

L’épidémie se transforme rapidement en une hécatombe mondiale, touchant toutes les franges de la population.

Les médias s’emballent, le corps médical est impuissant et les chercheurs sont démunis face à la complexité du virus qui mute rapidement. Les campagnes de prévention surgissent un peu partout sur les murs des villes. En Suisse, les premières affiches de STOP SIDA arrivent au printemps 1987, frappées du slogan «Faites la guerre au sida. Faites l’amour avec préservatif». La capote revient sur le devant de la scène, imposée comme l’unique moyen de prévention lors des relations sexuelles. La psychose est à son comble, relayée par les médias. La déraison populaire relègue les malades à des pestiférés.

Le baiser

Il faudra attendre la fameuse poignée de main de la princesse Diana avec un patient dans un hôpital en Grande-Bretagne devant une horde de paparazzi en 1987, suivi du baiser à pleine bouche de l’actrice française Clémentine Célarié avec un homme séropositif devant les caméras du Sidaction en 1994 pour que la vindicte populaire se relaxe. Pendant ce temps-là, l’association Act Up-Paris, créée en juin 1989 par Didier Lestrade, Pascal Loubet et Luc Coulavin, multiplie les opérations coups-de-poing en mode guérilla, pour que la maladie ne demeure pas traitée en sourdine en raison de son aura sulfureuse liée aux hommes gays.

Depuis 1981, le sida a coûté la vie à plus de 32 millions de personnes à travers le monde. Malgré de considérables progrès au niveau des traitements, tels que la trithérapie et le traitement préventif (la fameuse PrEP), aucun remède, ni vaccin n’ont été trouvés à ce jour. Le combat continue, n’abandonnons pas. 

Ils témoignent

David, 25 ans: «Un traitement pour le restant de ma vie contre dix minutes d’amusement sans protection, non merci!»

«Même si les chiffres ont montré que la probabilité de contracter le virus du sida a beaucoup baissé en Suisse, ce combat fait encore sens à mes yeux. Pendant les premières années à découvrir ma sexualité, je n’étais pas tellement conscient des risques. L’idée de mettre un préservatif ne me venait pas spontanément. Je pense qu’il y a une certaine désinvolture de la part des gens de mon âge, car nous nous sommes familiarisés avec le virus. Nous voyons des personnes qui vivent sans problème avec le sida et, du coup, on pense qu’on ne peut plus en mourir. Pour ma part, maintenant que je suis renseigné, je prends nettement plus de précautions. La perspective de devoir prendre un traitement pour le restant de ma vie pour dix minutes d’amusement sans protection est insupportable. J’ai aussi très peur à la pensée de pouvoir le transmettre à d’autres partenaires sans savoir que je suis positif. Etre séropositif, c’est une chose, mais devoir annoncer à d’autres qu’elles ont contracté le virus par ma personne, ce serait encore pire.»

Léon, 22 ans: «Notre génération n’a pas complètement oublié l’histoire du virus du sida»

«J’avoue qu’il y a des situations où j’aurais pu faire un peu plus attention: quand j’ai confiance en mon partenaire, il se peut que je ne prenne pas suffisamment de précautions, soit parce qu’il s’est fait tester récemment, parce qu’il n’a encore jamais eu de relation sexuelle avec quelqu’un d’autre, etc. L’essentiel, c’est d’en discuter – du sida comme de n’importe quelle autre MST. Pour ma part, c’est un sujet que j’aborde facilement, y compris avec une relation d’un soir. Et malgré quelques écarts, je reste prudent: j’ai souvent fait des dépistages quand j’étais célibataire, ou au moment de me mettre en couple, histoire d’être tranquille. Je ne sais pas si les jeunes de mon âge sont vraiment plus désinvoltes face au sida… Comme il existe des traitements, on fait peut-être moins attention, mais on en parle davantage. Ce n’est plus un tabou. Je n’ai pas tellement peur du virus en lui-même que de tout ce que j’ai entendu sur son histoire, les appréhensions et les stigmates qui y sont liés.»

Informations sur la campagne HOPE sur le site aids.ch

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