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«Demain»: l’interview green de Cyril Dion

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© DR

Alors que les habitants de notre planète sont menacés par l’effondrement des écosystèmes, les trentenaires Cyril, Mélanie, Alexandre, Laurent, Raphäel et Antoine, tous issus du milieu du cinéma, partent explorer le monde (dont la Suisse) en quête de solutions capables de sauver leurs enfants et les générations à venir.

Grâce à des expériences pertinentes d’acteurs dans leurs domaines respectifs (agriculture, énergie, habitat, économie, éducation, démocratie), le team du film essaye de résoudre le Rubick’s Cube qui permettra de construire une autre histoire de l’avenir. Mais aussi d’expliquer aux gens que le fait d’envisager des solutions au réchauffement climatique rime avec un esprit positif, créatif et participatif. Bien loin de l’image ennuyante dont l’écologie a pu souffrir dans les années 90. Entretien avec un homme entreprenant qui a fait de l’écologie un activisme au quotidien.


Cyril et Mélanie avec Rob Hopkins le fondateur des Villes en Transition.

FEMINA Vous voulez bien en quelques mots, vous présenter à nos lectrices?
Cyril Dion
Je m’appelle Cyril Dion, j’ai 37 ans, deux enfants… J’ai un parcours un peu atypique. J’ai d'abord été comédien, puis j’ai participé à l’organisation de congrès israélo palestinien, du premier et second congrès mondial des imams et rabbins pour la paix. Fin 2006, j’ai co-fondé l’ONG Colibris avec l’écologiste Pierre Rabhi, je l’ai dirigée 7 ans. En 2011 j’ai crée la collection Domaine du Possible chez l’éditeur Actes Sud, puis en 2012 le magazine Kaizen avec quelques amis. Aujourd’hui j’écris et je fais du cinéma. Essentiellement...

Racontez-nous, quand avez-vous eu envie de sauver le monde? Qu'est ce qu'il vous a donné le déclic d'aller au-delà du discours politique/ slogan «sauvons la planète»?
Je ne parviens pas à me souvenir d’un moment précis. A vrai dire j’ai toujours eu l’élan de réparer ce qui était cassé. Et de faire des choses qui ont du sens pour moi. Ensuite tout s’est construit petit à petit, d’abord par l’art, puis par l’angle de la santé et de la médecine douce, par la paix, l’écologie et aujourd’hui un peu tout à la fois! Je suis dans un moment de réunification des différentes parties de moi-même...

Le plus beau souvenir sur le tournage de «Demain», votre docu écolo?
Mais ce n’est justement pas un docu écolo! C’est un film qui tâche de montrer à quoi nos sociétés pourraient ressembler demain, en mettant bout à bout des solutions dans tous les domaines. Nous parlons aussi bien d’agriculture, d’énergie que d’économie, de démocratie et d’éducation… Et mon meilleur souvenir est justement dans l’école en Finlande où nous avons rencontré Kari, un proviseur absolument extraordinaire. Les enfants lui sautaient dans les bras lorsqu’ils le croisaient dans les couloirs. J’étais à la fois émerveillé et en colère: de ne pas avoir pu vivre dans une école pareille et que mes enfants non plus.

Quelles sont vos actions au quotidien pour lutter contre le réchauffement climatique?
Multiples! Ce sont moins des actions qu’un mode de vie. Je suis végétarien depuis un peu plus d’un an. Or l’élevage et la consommation de viande représentent 18% des émissions de GES. Je mange bio et le plus local possible. Ma maison est très bien isolée et consomme peu pour le chauffage. Je roule à vélo dans Paris… Cela peut paraitre anodin mais 80% de l’énergie que nous dépensons vient des transports (y compris des objets et de la nourriture), du chauffage ou de la climatisation! Pour le tournage nous avons pris beaucoup d’avion, alors nous avons planté des milliers d’arbres qui séquestrent le carbone avec l’association Pur Projet de Tristan Lecomte. Je fais pas mal d’autres choses, dont avoir mon argent dans une banque qui n’investit pas dans les énergies fossiles.


Crédit: Emmanuel Guionet

Dans «Demain», vous expliquez que des civilisations ont disparu à cause de leur alimentation. Devenir végétarien est-il une solution durable?
Végétarien ou flexitarien oui. Il faudrait manger peu de viande et idéalement bio: élevée en pleine air, qui pâture pour les ruminants et qui n’est pas nourri avec du soja ou du maïs que l’on a fait pousser en déforestant des millions d’hectares. Par ailleurs, c’est une façon de pouvoir sustenter tout le monde sur cette planète. Au lieu de transformer les céréales en protéines animales on les consomme directement, donc on nourrit d'avantage de personnes.

Les attentats de Paris, les accidents climatiques, l'économie en berne... beaucoup de monde délaisse l'environnement cause de soucis. Quel serait votre message à une planète au moral dans les chaussettes?
S’occuper de notre planète, de l’économie, de la paix, de nous c’est la même chose. Nous avons besoin de réinventer une société où chacun peut trouver sa place, peut trouver du sens, s’épanouir, tout en participant à résoudre nos problèmes. Et l’excellente nouvelle est que c’est absolument possible: nous avons été filmer des personnes dans 10 pays qui le font déjà. Y compris en Suisse!

Enfin, quelle est la suite à «Demain»? Y'aura-t-il un autre épisode? Comment allez-vous continuer votre activisme?
Je prépare une sorte de suite oui. Qui parlera de l’étape d’après, celle où des millions de personnes commenceront à se rassembler pour faire que ces initiatives isolées deviennent notre normalité. A suivre!

NDLR: Femina et les cinémas Pathé organisent une avant première de «Demain» le 14 décembre 2015 à Lausanne (Pathé Flon) avec la présence des deux réalisateurs. Inscriptions sur place ou en ligne.

  • 17 h 45 Pathé Flon: accueil
  • 18 h 30 film suivi d'un débat en présence de Mélanie Laurent et Cyril Dion

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