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Club mythique: Le MAD, un truc de fou!

Le mad de lausanne un truc de fou

«Le MAD s’est toujours adapté pour animer les nuits des jeunes Romands de 18 à 28 ans. Il est parfois un peu frustrant de décevoir les trentenaires qui considèrent que c’était tellement mieux avant! Ce qui, soit dit en passant, signifie qu’on est dans le juste. Mais ça ne fait jamais plaisir de décevoir des clients», partage Igor Blaska, DJ et propriétaire des lieux.

© JV Photographie

Situé dans l’enfilade des entrepôts qui donnent cet aspect londonien et sa sulfureuse réputation au quartier du Flon à Lausanne, le MAD trône, majestueux, depuis son ouverture en 1985. Sa façade flanquée d’un préservatif géant témoigne d’une époque où le sida menaçait les clubbers en quête de sensations fortes. La devanture des clubs historiques est souvent inversement proportionnelle à la popularité du lieu. Mais à l’instar du Berghain, imposant temple des nuits berlinoises, l’enseigne aux trois lettres au néon est l’exception qui confirme la règle en Suisse. Sa forme cubique et brute en béton impose – à son échelle – l’immensité du club depuis la rue.

Laissons parler les chiffres, le MAD, c’est cinq étages, trois dancefloors, le restaurant Bedroom et son pub en sous-sol, le Zoo. Un bâtiment tout entier dévolu à la musique électronique. Pour plusieurs générations de noctambules romands, le club représente le parcours initiatique dans le monde de la nuit, pulsant aux rythmes sans fin. De la pop du début des années 80 à la house music née à Londres à la fin de la même décennie, les nuits deviennent bouillonnantes pour les aficionados de musique électronique. Une révolution. D’un coup, les slows du quart d’heure américain et les dédicaces au micro prennent un sacré coup de vieux, au même titre que les disc jockeys officiant au mois dans les discothèques du coin.

A ses tout débuts, le club est une salle de spectacle qui propose deux ou trois concerts par semaine. Igor Blaska, DJ et propriétaire des lieux, se souvient:

«Quand j’ai commencé, les gens aimaient danser sur Rita Mitsouko, la Mano Negra et Eurythmics. Nous programmions ce type de concert. Ensuite, un DJ terminait la nuit aux platines. A l’époque, c’était Djaimin, Laurent Garnier ou Mandrax, tous devenus des stars entre-temps.»
À propos de David Guetta, Igor Blaska se souvient: «C’est un ami, j’étais allé le chercher à Paris. Le MAD, c’était la première date qu’il faisait en dehors de son pays au tout début des années 2000, quand il s’occupait du Palace et des Bains Douches.» © DR

Changement d’époque

Les temps évoluent, l’époque est technologique. «L’arrivée des ordinateurs a abouti à une nouvelle forme de composition et donné naissance à un nouveau mouvement musical, la techno, comme on l’appelait. C’était le début des boîtes à rythme et l’éclosion de DJ comme David Morales, qui créaient de la musique en remixant de grands artistes pop, comme Madonna ou U2», poursuit Igor Blaska. Tous les chemins mènent alors à Lausanne, en passe d’obtenir son célèbre surnom de «capitale de la nuit».

Mais en dehors des clubs, la techno est diabolisée, stigmatisant une jeunesse qui serait en proie aux drogues dures pour danser jusqu’au bout de la nuit.

«Tous les mouvements musicaux ont eu leurs drogues, quand le rock est arrivé il y a cinquante ans, c’était les bédos et le LSD, souligne le DJ tout en relativisant. Il ne faut pas faire des généralités, tout le monde n’était pas défoncé!»

En phase avec les 18-28 ans

Désormais, les DJ sont traités comme des virtuoses et font des tournées internationales dignes des plus grandes stars. Légendes vivantes, ils s’appellent Jeff Mills, Mills, Steve Aoki (photo ci-dessous), Tiesto, Mr Mike, Carl Cox, Erick Morillo. Les clubbers se déplacent parfois de très loin pour les soirées mousse importées d’Espagne et les fameuses soirées gays du dimanche soir, qui ont vu le jour pratiquement en même temps que le club.

Le DJ Steve Aoki © DR

Du rock à l’électro en passant par la pop, rester dans le coup en matière de musiques urbaines n’est pas gratuit. C’est d’ailleurs là l’unique ombre au tableau pour Igor et sa bande. «Le MAD s’est toujours adapté pour animer les nuits des jeunes Romands de 18 à 28 ans. Il est parfois un peu frustrant de décevoir les trentenaires qui considèrent que c’était tellement mieux avant! Ce qui, soit dit en passant, signifie qu’on est dans le juste. Mais ça ne fait jamais plaisir de décevoir des clients.» Si les enfants ont rarement envie de danser sur les mêmes musiques que leurs parents, au moins, ils fouleront la même piste de danse. A quelques années d’intervalle.

Sur le Léman comme à Ibiza

© DR

Le Mad Boat vogue au rythme des musiques électroniques sur les flots du Léman depuis bientôt vingt ans. Extension des soirées Rave Sessions avec des DJ superstars, le gros bateau de CGN peut accueillir jusqu’à 1050 personnes à bord. David Guetta, connu pour son flair pour les bonnes affaires, inaugurait le concept en 2002. Depuis, le Mad Boat met chaque année le cap sur la Riviera pendant le Montreux Jazz Festival. Un rituel que ne manqueraient pour rien au monde les clubbers fidèles à l’adresse lausannoise. Prochaines sorties prévues les 8, 30 et 31 juillet 2021.

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