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une femme sur 10 est concernée

«Arrêtons d’utiliser le terme “fausse couche”!»

«Arrêtons d’utiliser le terme “fausse couche”!»

Le manifeste exige notamment des lieux dédiés dans les maternités. En Suisse aussi, les femmes qui traversent un arrêt naturel de grossesse sont encore trop souvent «auscultées à côté des salles de naissance avec des pleurs de bébés en bruit de fond», comme le souligne le collectif français.

© PEXELS/ENGIN AKYURT

Si l’on n’a pas directement vécu une fausse couche, nous connaissons toutes et tous une amie, une sœur, une proche à qui cela est arrivé. Les statistiques suisses font défaut sur le sujet, mais une femme sur dix est concernée, avance une étude parue en 2021 dansThe Lancet. En France, une grossesse sur quatre est touchée par le phénomène lors du premier trimestre, note Madmoizelle: 200’000 femmes traversent ainsi chaque année cette épreuve.

Pourtant, le terme utilisé est problématique: il culpabilise les femmes, puisque ce sont elles qui sont pointées du doigt dans l’expression «faire une fausse couche». Le poids des mots a son importance: utiliser l’adjectif «fausse» donne l’impression que l’événement n’était pas réel, qu’il n’a pas vraiment existé. Mais la souffrance de celles qui le vivent est bien là.

8 mesures concrètes à adopter d'urgence

Fort de ce constat, un collectif engagé baptisé «Fausse couche, vrai vécu» a publié une tribune dans Le Monde. Elle a été écrite et signée par 6 femmes: Judith Aquien (autrice de Trois mois sous silence), Fanny de Font-Réaulx (cofondatrice de Luna Podcast), Mathilde Lemiesle (autrice de Mes Presques Riens), Sandra Lorenzo (autrice de Une fausse couche comme les autres), Anna N’Diaye (cofondatrice de Luna Podcast) et Paloma Stefani (chargée de communication de Luna Podcast).

Ces dernières exigent du gouvernement français 8 mesures concrètes, et invitent celles et ceux qui partagent leur opinion à signer une pétition. Parmi celles-ci, citons notamment un arrêt de travail 100% rémunéré d’au moins trois jours pour les femmes ayant traversé un arrêt naturel de grossesse et leur conjoint-e, une formation adéquate pour les sages-femmes et les gynécologues, une plate-forme d’écoute, la création de lieux dédiés dans les maternités ou encore un suivi psychologique remboursé. De plus, elles insistent également sur la nécessité de changer de vocabulaire:

«Finissons-en avec l’expression “faire une fausse couche” qui culpabilise et invisibilise. Parce que rien n’est faux et que tout est vrai. Parce que nous ne “faisons pas les fausses couches”, mais les subissons. Et que les mots pèsent sur nos esprits, dictent nos pensées et influencent nos actes. Parlons “d’arrêt naturel de grossesse”, car c’est bien ce dont il s’agit et ce que nous vivons dans nos corps.»

Collectif «Fausse couche, vrai vécu»

Interviewée par l’émission de la RTS Forum en 2021, Lamyae Benzakour, psychiatre aux HUG, dénonçait la banalisation des fausses couches, également présente en Suisse. «Il est important de ne pas minimiser ce que les patientes peuvent vivre: il y a le risque d’une spirale vicieuse qui peut s’installer. Lorsqu’une femme traverse une fausse couche, elle peut ensuite vivre dans l’appréhension d’en connaître lors de grossesses ultérieures. Et le stress, malheureusement, est aussi un facteur de risque de fausse couche.» En Suisse comme ailleurs, il reste bien des mesures à prendre pour améliorer la prise en charge des patientes victimes d’un arrêt naturel de grossesse, tant sur le plan psychologique que médical.

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