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Affaire Hallyday: comment passer le cap de l'héritage sans trop de dégâts?

Leatitia hallyday

Epouse et enfants lors de l'enterrement du Johnny national.

© Getty

C’est le genre de scène que le cinéma aime beaucoup. Alignée en rang d’oignons, la famille du défunt fait face au notaire qui s’apprête à ouvrir le testament. Et forcément, lorsqu’il annonce que le papa/tonton/mari/frère a légué l’entier de sa fortune à la Société protectrice des animaux ou qu’il a clairement favorisé l’un de ses rejetons au détriment de l’autre, ça passe mal.

Dernier exemple people en date: Laura Smet et David Hallyday déshérités par leur cher père au profit de son épouse Laeticia. Si l’exhérédation complète est très rare en Suisse, les situations conflictuelles restent, elles, nombreuses. Notamment parce que le droit suisse permet tout à fait de favoriser l’un de ses descendants, avec ce que les pros appellent la quotité disponible, soit la part dont le futur défunt dispose librement (soit un peu plus d’un tiers de la masse successorale pour un défunt qui laisse un conjoint et des enfants).

Testament en béton armé

Ça, c’est pour le côté technique. «Mais il est clair que le volet émotionnel est très important dans ce domaine, il nous prend bien plus de temps que le volet purement administratif, admet sans hésitation Me Philippe Tanner, notaire à Orbe. Evidemment, avec les familles recomposées, on augmente énormément le risque de problèmes.» Un phénomène que psychologues spécialisés dans le deuil et notaires reconnaissent tous. «Beaucoup de gens renâclent à passer par la case notaire et ils réalisent souvent trop tard que cela aurait simplifié bien des choses», ajoute l’expert, aussi président de l’Association des notaires vaudois.

Mais malgré des dispositions testamentaires en béton armé, les tensions sont souvent au rendez-vous. Anne de Montmollin, directrice de la fondation As’trame, qui accompagne notamment des personnes en deuil, l’explique pour deux raisons.

«Premièrement, la succession arrive très vite alors que le processus de deuil s’amorce à peine. Le moment est donc délicat, et chacun le vit différemment, même dans une famille très unie, en fonction de son histoire propre, de son lien avec le défunt.»

Le notaire de citer le cas du mari qui souhaite liquider au plus vite les affaires de sa femme décédée, se mettant ainsi à dos ses enfants qui ne comprennent ni ne partagent son empressement.

Deuxième point, loin d’être anodin: les questions matérielles ne font souvent que cristalliser des tensions larvées. «Par exemple, un enfant en attente de reconnaissance, une fois la personne disparue, n’aura plus que le matériel ou le symbolique sur lequel se rabattre», explique Anne de Montmollin. Guerres sous-jacentes ou blessures anciennes sont alors ravivées.

La solution, même si elle ne résout pas tout? Régler les éventuels problèmes relationnels, oser parler des attentes non dites. «Et se rappeler que, même si chacun vit le deuil différemment, on est tous dans le même bateau», rappelle Anne de Montmollin.

Mode d’emploi

En Suisse, contrairement à la Californie, il est quasi impossible de déshériter ses proches (descendants, parents et conjoint survivant), en vertu de ce qu’on appelle la part réservataire.

«Le principe est qu’une part minimale de la succession leur est réservée», explique Philippe Tanner.

Seule possibilité d’exhérédation: que le proche en question ait commis une infraction pénale grave à l’encontre du défunt. «Dire qu’on veut déshériter sa fille parce qu’elle ne nous a pas rendu visite une seule fois en dix ans, ça ne marche pas, prévient le spécialiste. On peut, malgré tout, écrire dans son testament que l’on déshérite ses proches, mais ceux-ci pourront alors réclamer réparation en justice.»

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