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8 femmes afghanes qui ont marqué leur temps

Leena Alam photo Shah Marai

La société semblait prête à évoluer, comme le prouvent Leena Alam (photo), héroïne de Shereen's Law, la première série féministe du pays, ou encore Roya Mahboob, entrepreneuse devenue à 23 ans CEO très médiatisée d’une firme de logiciels.

© Shah Marai

Reprise par les talibans, l’Afghanistan risque de redevenir ce pays où les femmes n’existent pas: privées d’école, de travail, de liberté et même de visage. L’Etat d’Asie centrale, dont la sensibilité très conservatrice était ancrée bien avant l’avènement des fondamentalistes, a rarement donné à sa population féminine la place qu’elle méritait. Ainsi, lorsque, sporadiquement, quelques femmes parviennent à briser la chape de plomb sociétale pour venir s’exprimer, c’est bien souvent pour parler… des autres femmes.

L’histoire se souvient de Soraya Tarzi, reine d’Afghanistan entre 1919 et 1929. Cette souveraine atypique mena de profondes réformes en faveur des droits féminins, promouvant en particulier l’accès à l’éducation des filles. Regardée comme l’une des femmes les plus influentes de l’époque, même en Europe, elle reçut un prix honoraire de l’Université d’Oxford pour son engagement humaniste.

Un monde d'hommes

L’élan donné par Soraya Tarzi se poursuivit au point de se retourner contre la monarchie. Après la Seconde Guerre mondiale, un vent de renouveau souffle sur le pays, faisant vaciller une dynastie perçue comme trop poussiéreuse. Mais cette conquête des droits civiques grâce à l’instauration d’une république en 1973 déplaît dans les régions les plus rurales du pays. L’émancipation des femmes y est vue comme une hérésie.

L’invasion armée par la Russie puis la réplique américaine installèrent définitivement l’instabilité en Afghanistan, dont les femmes figurent parmi les premières victimes. L’arrivée des talibans dans les années 90 fait empirer les choses. Obligeant dès lors à résister contre cette politique 100% mâle et 200% machiste.

Nouveau journal féminin

Après avoir fui au Pakistan, Mary Akrami, par exemple, va créer en 1995 des écoles pour les jeunes filles afghanes en exil. Après la déroute des talibans, elle revient à Kaboul et fonde le Centre de développement des compétences des femmes en Afghanistan, ouvrant des écoles et des lieux d’accueil pour les victimes de violences conjugales. Son implication en faveur des droits féminins est favorisée par la mise en place d’un régime démocratique et le soutien de certaines figures politiques.

Mary Akrami © Adek Berry/AFP

La première dame Rula Ghani, épouse du président afghan Ashraf Ghani, diplômée en sciences politiques, avait ainsi aménagé une aile du palais présidentiel pour coordonner la défense des droits des femmes dans le pays.

Rula Ghani © Sajjad Hussain/AFP

Autre figure marquante de l’ère post-talibans, Shukria Barakzai, qui lance dès 2002 le magazine féminin Aina-E-Zan (Miroir des femmes), une publication très engagée que dévorent des milliers de lectrices. Cette journaliste influente, qui désirait au départ devenir géophysicienne, fut interrompue dans ses études par l’arrivée des talibans au pouvoir.

A g. Angela Merkel, à d. Shukria Barakzai © Tobias Schwarz

Une lutte de tous les instants qui, même avec la présence militaire occidentale, n’était pas sans risques. Journaliste et militante féministe active depuis le début des années 2000, Mina Mangal paya son engagement de sa vie: elle fut abattue de neuf balles, en 2019, rejoignant la triste et longue liste des femmes tuées ou mutilées pour avoir voulu défendre la condition féminine en Afghanistan.

Manifestation dans l'ombre

La femme politique Fawzia Koofi, quant à elle, a échappé à plusieurs tentatives d’assassinat.

En dépit de cette menace permanente, la société semblait prête à évoluer, comme le prouvent Leena Alam, héroïne de Shereen's Law, la première série féministe du pays, ou encore Roya Mahboob, entrepreneuse devenue à 23 ans CEO très médiatisée d’une firme de logiciels. Le magazine Time la place même dans sa liste des 100 personnalités les plus influentes de l’année 2013.

Roya Mahboob © Slaven Vlasic

Les talibans de retour, on sait que la société afghane se repliera bientôt sur elle-même, loin des regards. Des femmes ont manifesté courageusement dans les rues il y a quelques jours. Qui étaient-elles? Que disaient-elles? Cela, déjà, on ne le sait plus.

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