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6 mois de prison pour un viol, la peine qui choque

6 mois de prison pour un viol, la peine qui choque
© Getty

L’affaire vire au scandale en Amérique. Le 2 juin dernier, Brock Turner, jugé coupable de viol, a écopé d’une sentence de 6 mois ferme. «Le procureur avait requis 6 ans d’incarcération dans un établissement fédéral, mais le juge a défendu sa position en arguant qu’une peine plus lourde aurait ‘un impact sévère’sur le jeune homme, star de l’équipe universitaire de natation», explique «Le Courrier International».

«Il ne mange plus de steaks»

Pire encore: le père de l’agresseur, Dan Turner, a écrit au juge pour lui signifier que «c’est un coût très élevé à payer pour 20 minutes d’action». Selon lui, son fils n’est «plus le même. Il n’est plus joyeux et n’a plus le sourire. Il aimait certains plats, particulièrement les steaks, mais il n’a plus d’appétit.» Glaçant. Sur Twitter, un torrent de colère s’est immédiatement déchaîné, de nombreux internautes dénonçant «la culture du viol» qui sévit aux Etats-Unis.

Quant au jugement, plusieurs experts se sont offusqués de la clémence du juge. Celle-ci s’inscrit dans une tradition qui vise à protéger les sportifs d’élite qui rapportent souvent beaucoup d’argent à leur université grâce à leurs performances. Sur le site change.org, une pétition exigeant que le juge partial soit suspendu de ses fonctions a déjà réuni 27 000 signatures, note le «Washington Post».

Une lettre déchirante

Le drame s’est déroulé sur le campus de l’Université Stanford en janvier 2015. Dans une longue lettre à son agresseur, la victime explique le déroulement des faits. Cette dernière a été publiée sur BuzzFeed et la jeune femme l’a lue lors de l’audience. Elle débute ainsi:

Tu ne me connais pas mais tu as été en moi, et c’est pour cette raison que nous sommes ici aujourd’hui […] J’avais du sang et des bandages sur les mains et les coudes. J’ai d’abord pensé que j’étais tombée, j’étais très calme et je me demandais où était ma sœur. On m’a alors expliqué que j’avais été agressée. J’étais toujours aussi calme, persuadée qu’il s’adressait à la mauvaise personne.

Elle poursuit sa longue lettre, bouleversante: «La peine requise d’un an de prison est un doux temps mort, une parodie vis-à-vis de la gravité de son agression, une insulte envers moi et toutes les femmes. Le message que vous faites passer, c’est de dire que des étrangers peuvent venir en vous sans votre consentement et ne recevoir qu’une peine minimale.» Elle remercie aussi les deux étudiants suédois qui sont venus à sa rescousse et ont empêché Brock Turner de s’enfuir, «vous êtes les héros de cette triste histoire». Et termine par ces mots:

Je suis avec vous, avec toutes les filles, partout dans le monde. Je me suis battue tous les jours pour vous, n’arrêtez jamais de vous battre. […] Vous êtes importantes, vous êtes intouchables, vous êtes belles, vous méritez d’être respectées, indéniablement, chaque minute de chaque jour. Vous êtes fortes, et personne ne peut vous prendre cela. A toutes les filles, partout dans le monde, je suis avec vous.


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