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Variole du singe: des communautés LGBTIQ+ dénoncent un abandon

Variole du singe: Des communautés LGBTIQ+ dénoncent un abandon

«Les gens veulent se protéger, mais on ne leur donne pas les moyens.» - Gaé Colussi, responsable de Pink Cross pour la Suisse romande, l’organisation faîtière nationale des hommes* gays et bisexuels

© GETTY IMAGES/ALAIN JOCARD

Il y a 416 cas confirmés de variole du singe en Suisse, l’un des pays les plus infectés par million d’habitants. 416 malades – un chiffre probablement sous-estimé – et encore bien peu de réponses médicales et politiques. Depuis la recrudescence sans précédent de ce virus originaire du continent africain, de nombreux États vaccinent et l’OMS a déclaré le 23 juillet 2022 l'«urgence de santé publique de portée internationale». Transmis par contact intime, 97% des malades en Suisse sont des hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes. D’après des témoignages, les symptômes peuvent provoquer des douleurs intenses et même nécessiter une hospitalisation. Mais en Suisse, aucun vaccin n’est encore disponible.

«Les gens veulent se protéger, mais on ne leur donne pas les moyens», s’insurge Gaé Colussi, responsable de Pink Cross pour la Suisse romande, l’organisation faîtière nationale des hommes* gays et bisexuels.

«Les membres des communautés rapportent un sentiment d’incertitude, d’abandon et une impression de ne pas compter dans la société.»

Interpellé depuis plusieurs semaines par les associations LBGTIQ+ et le corps médical, le Conseil fédéral devrait annoncer l’achat de 40 000 doses, selon les médias alémaniques. Trop tard, selon la professeure Alexandra Calmy, médecin adjointe responsable de l’Unité VIH/sida aux HUG. «L’attentisme est difficile à comprendre, même si j’admets que la situation est compliquée pour la Suisse, petit pays fragmenté en 26 cantons qui ne fait pas partie du système européen.»

Risques de discrimination

Sur internet, des critiques violentes fusent parfois à l’égard des communautés queers masculines, critiquées pour certaines pratiques sexuelles. Des réactions qui peuvent rappeler la période sida, mais également faire écho à l’inactivité de la Suisse face à la propagation de l’épidémie. Gaé Colussi prévient d’un risque de stigmatisation: «Les autorités sanitaires sont attentives à ne pas lier la maladie aux communautés LGBTIQ+: on a appris de la période VIH.»

«Mais la stigmatisation se cache dans les détails: une personne testée positive est dans l’obligation de s’isoler trois semaines et un traçage de ses contacts est réalisé. C’est potentiellement "outant".»

«Le fait que le monkeypox touche actuellement une communauté particulière ne devrait pas avoir d’impact dans la réactivité de notre pays à l’achat de vaccin et de traitements antiviraux», réagit de son côté Alexandra Calmy. De fait, n’importe qui pourrait être infecté: en Afrique, par exemple, des femmes et des enfants sont également tombés malades.

«Est-ce qu’il y a eu un phénomène de stigmatisation, presque de moralisation de certaines pratiques sexuelles? C’est possible. Est-ce que cela explique la lenteur de la réaction politique? Je ne l’espère pas», conclut la médecin.

Flou autour des tests

Outre un accès au vaccin simple, gratuit et au plus près des communautés, Pink Cross invite les autorités à mettre au clair les modalités de dépistage. «Certains cantons n’ont même pas de page informative, regrette Gaé Colussi. La consigne officielle est de contacter un médecin en cas de suspicion d’infection. Mais qui est autorisé à effectuer les dépistages, dans quelles conditions? Quel est le coût du test et qui le prend en charge? À l’heure actuelle, les dépistages sont effectués uniquement en cas de symptômes (fièvre, ganglions lymphatiques enflés et/ou douloureux, éruption cutanée, ndlr). Des tests préventifs pourraient être proposés, afin de rassurer les personnes qui craignent la contamination.»

Plus d'informations concernant la variole du singe: drgay.ch

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