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Comment stopper l’épidémie d’obésité?

Comment stopper l’épidémie d’obésité?
© iStockphoto.com

Pourquoi parler d’une «épidémie» d’obésité?

On parle d’épidémie à raison, parce que, depuis la fin des années 70, le taux d’obésité a augmenté de manière exponentielle dans les pays industrialisés. Ici, la transmission rapide ne se fait évidemment pas par voie bactérienne ou virale, mais par la diffusion des mauvaises habitudes. Cela dit, vu son caractère transnational et global, je serais plutôt d’avis de parler de «pandémie».

La situation n’est pas nouvelle. En quoi se serait-elle aggravée?

L’aggravation de la situation est en partie due à l’augmentation du pourcentage des enfants obèses. Ce sont surtout les nouvelles générations qui sont exposées à l’acquisition de mauvaises habitudes alimentaires. Et, une fois ces dernières acquises, il est très difficile d’en changer. Il suffit de voir comment le marketing des aliments riches en «mauvaises graisses», sucre et sel vise spécifiquement un public jeune. Sachant que ces populations en particulier ont une nette préférence pour ces produits, on comprend pourquoi le problème s’amplifie avec le temps. Rappelons qu’un enfant obèse a 80% de chances de l’être encore à l’âge adulte… Or le pourcentage d’obésité chez les personnes majeures observées aujourd’hui est déjà élevé, alors même que les jeunes d’hier n’étaient pas si nombreux à l’être. Ce qui explique cette croissance inévitable.

Les campagnes de santé n’ont donc pas suffi?

Il est clair que si l’on parle d’épidémie aujourd’hui, c’est la preuve que les conseils délivrés par les organismes chargés de la santé publique, du style «mangez moins, bougez plus», ont échoué. Et ce non pas parce que les gens ne les ont pas suivis, mais parce que, tout simplement, il ne sert à rien de donner des conseils d’hygiène de vie dans un environnement «obésogène»!

A qui la faute, alors?

Pour en cerner les vraies causes, il faut d’abord comprendre les mécanismes physiologiques à l’œuvre dans la déposition excessive de graisse dans l’organisme. Car affirmer que l’on grossit parce qu’on mange plus de calories qu’on en brûle, c’est comme dire que Bill Gates est devenu la personne la plus riche du monde parce qu’il a gagné plus qu’il n’a dépensé: on ne peut pas dire le contraire, mais cela n’explique rien! La masse graisseuse augmente si notre corps stocke plus de graisse qu’il n’en consomme, et cela ne tient pas seulement à un apport calorique trop important, mais à la production excessive d’insuline. Cette hormone permet de stocker la graisse et empêche d’en brûler dans nos activités quotidiennes. Or ce qui entraîne un excès de production d’insuline c’est essentiellement une alimentation trop riche en glucides.

Le problème n’est donc pas l’excès de graisse?

Au contraire! Car quel est le seul nutriment qui n’a pas d’effet sur les niveaux d’insuline? La graisse alimentaire. Donc, c’est bien une diète riche en «bonnes graisses» (végétales plus qu’animales) et pauvre en sucres et féculents qui aiderait à combattre la tendance actuelle. Malheureusement, cette théorie, qui dérive de la biochimie et de la physiologie, contraste fortement avec les recommandations officielles.

Vous voulez dire que bouger n’est pas utile?

Bien sûr que c’est indispensable pour être en bonne santé, mais pas pour lutter contre la prise de poids. La sédentarité ne cause pas l’obésité, c’est plutôt l’inverse; avec la prise de poids, un cercle vicieux s’installe qui aggrave et la sédentarité et l’obésité. Quant à dire aux gens de manger moins, cela ne marche pas non plus, car en consommant les mêmes aliments mais en moindres quantités ils ont davantage faim et ne peuvent pas tenir sur la durée. Donc arrêtons de dire «bougez plus et mangez moins»; ce conseil est d’autant plus dommageable qu’il fait reposer l’entière responsabilité sur les épaules de chacun, jusqu’au mal-être, la culpabilité et la frustration… compensés ensuite par une alimentation sucrée!

Que faudrait-il faire, selon vous?

S’attaquer aux vraies causes. Nous sommes envahis par un marketing de produits industriels néfastes. Les aliments riches en sucres sont de plus en plus répandus, mis à portée de main dans les stations d’essence, à la poste, au fitness, dans les kiosques, juste sous les yeux des enfants… Souvent peu chers, leur goût et leur effet métabolique sont tels que l’on ne se contente pas d’une dose mais qu’on a tendance à en consommer toujours plus. Et dans le même temps les aliments naturels sont de plus en plus chers! Mon avis est que si les politiques sanitaires n’affectent pas ce «business» alimentaire et continuent de répandre les mêmes recommandations qui ont failli jusqu’ici, cette pandémie n’a pas fini de croître.

Pour aller plus loin, voir le site du nutritionniste Valerio Rizzo.

3 gestes à faire pour lutter contre l’obésité

1. Mangez des pommes

«One apple a day keeps the doctor away»: le dicton se trouve particulièrement adapté en cas de surpoids, selon une étude de l’Université de Washington parue l’an dernier. Du fait de ses composés non digestibles, la pomme permet de rétablir l’équilibre de la flore intestinale et, ainsi, de lutter contre les problèmes métaboliques liés à l’obésité. A manger seule, en milieu de matinée ou d’après-midi.

2. Faites la planche

Au sol, engagez les muscles de la sangle abdominale jusqu’à vous retrouver sur les avant-bras, le corps légèrement surélevé, dos plat, jambes tendues et talons poussant vers l’arrière. Pour éviter de creuser le bas du dos, engagez les muscles profonds du ventre. Maintenez la posture trois respirations, puis redescendez au sol. Répété trois à cinq fois chaque jour, cet exercice renforce le dos fragilisé par le surpoids et aide à une prise de conscience du corps.

3. Respirez

Les troubles respiratoires sont une conséquence fréquente de l’obésité. Et mieux respirer est indispensable pour soutenir le fonctionnement métabolique. Prenez chaque jour 5 minutes, à jeun, pour vous asseoir confortablement, dos droit. Dans un relâchement du ventre, inspirez par le nez en comptant jusqu’à 5. Restez une seconde poumons pleins, puis, lentement, expirez par le nez en comptant jusqu’à 5 et restez une seconde poumons vides.

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