santé

    Comment éliminer la graisse sur le ventre

    Pas de formule magique. La méthode la plus naturelle consiste à changer fondamentalement ses habitudes alimentaires et à bien bouger. Malbouffe et sédentarité s’entendent pour faire du gras.

    Publié le 
    28 Juin 2015
     par 
    Edmée Cuttat

    A l’image du muscle, la graisse est vitale. En même temps, réserve énergétique essentielle pour l’organisme, elle peut être nocive. Surtout lorsqu’elle s’accumule sur le ventre. Ce qui n’est pas étonnant, étant donné l’environnement obésogène dans lequel on évolue aujourd’hui. Il est donc indispensable de garder un œil sur cette zone critique. Le périmètre abdominal ne devrait pas dépasser 88 centimètres chez la femme, en dehors de la grossesse, et 102 centimètres chez l’homme.

    La donne est très claire

    Lorsqu’il y a déséquilibre entre ce qu’on ingurgite et ce qu’on brûle, on fait fatalement du gras. Il existe deux types de graisse, comme l’explique le Dr Zoltan Pataky, médecin adjoint au service d’enseignement thérapeutique pour maladies chroniques, dont l’obésité, aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG): la sous-cutanée, communément appelée le pneu, et la viscérale, plus profonde, qui va sournoisement se loger autour des organes, intestins, reins, foie, pancréas, cœur, bref partout sauf autour des poumons. D’où un réel et gros danger pour la santé.

    Il faut donc essayer, sinon de la supprimer, du moins d’en diminuer la quantité. Et pas uniquement d’un point de vue esthétique. Cette graisse intra-abdominale est en effet la plus nuisible, car ses cellules sécrètent des adipocytokines, favorisant l’artériosclérose, le diabète, l’infarctus, l’attaque cérébrale et certains types de cancer.

    Mais comment s’y prendre?

    On s’en doute, il n’y a pas de formule magique. La manière la plus naturelle recommandée par le praticien, c’est de changer fondamentalement sa façon de s’alimenter et de bouger régulièrement, malbouffe et sédentarité étant les deux principaux pourvoyeurs de cette mauvaise graisse.

    Rien de nouveau sous le soleil, serez-vous tentés de dire. Certes, sauf que l’important n’est pas de savoir les choses, mais d’entreprendre ce qu’il faut pour qu’elles aient un effet. Economiser, par exemple, un croissant par jour, pour ceux qui ont l’habitude d’en manger deux au petit-déjeuner, peut leur valoir dix kilos en moins en une année. Voilà qui incite à la réflexion!

    Il n’est toutefois pas facile de modifier nos comportements. C’est un travail à long terme que d’arriver à se nourrir quotidiennement d’une façon plus équilibrée en respectant consciencieusement les valeurs de base pour une assiette idéale: légumes et fruits, protéines (animales et végétales), féculents (riz, pâtes, pommes de terre). «Il est indispensable que ce changement d’habitudes n’exige pas trop d’efforts et devienne petit à petit un réflexe, une manière de manger à vie», dit le médecin. C’est le plus sûr moyen de maigrir et surtout de ne pas regrossir, remarque le Dr Pataky, qui bannit carrément de son vocabulaire le mot régime. «Restrictifs, ils sont tous contraignants et frustrants.» Il est vrai que certains vous font perdre très vite du poids. Mais on y laisse principalement du muscle, et dès qu’on reprend ses mauvaises habitudes alimentaires, hop!, les kilos reviennent au galop, généralement avec un bonus à la clé… A oublier également les produits light, qui ne trompent pas le cerveau et se transforment en autant de pousse au crime, en aiguisant vos envies de sucre et de gras.

    Pareillement important pour venir à bout de la bouée, l’exercice physique. En privilégiant particulièrement tout ce qui touche au cardio, comme le vélo, la course, le tapis roulant. Plus simple, la marche exécutée d’un bon pas, à raison d’une trentaine de minutes par jour. En revanche, si les abdos sont bons pour le gainage, ils ne vous aideront pas à éliminer votre graisse viscérale.

    La chirurgie esthétique

    Un moyen de se débarrasser d’un surplus, c’est évidemment la chirurgie esthétique. Autrement dit, en l’occurrence, la liposuccion. Une intervention qui, ajoute Zoltan Pataky, touche seulement la graisse sous-cutanée et non pas l’intra-abdominale.

    «Il s’agit de s’attaquer à un excès graisseux localisé, précise son collègue, le Dr Ali Modarressi, médecin adjoint au service de chirurgie plastique, reconstructive et esthétique des HUG. «Le plus souvent, cette graisse est difficile à perdre avec de bonnes habitudes, des exercices ou des régimes. Cela va du double menton à la cheville en passant par le ventre, l’estomac, les poignées d’amour ou la culotte de cheval.»

    L’opération consiste à aspirer la graisse avec une canule de 3 à 5 millimètres de diamètre, en anesthésie locale pour de petites surfaces et en anesthésie générale pour les plus importantes. Mais en aucun cas il faut considérer la liposuccion comme un traitement d’obésité. «C’est un acte chirurgical et on ne doit pas banaliser les risques de complications: infection, saignements… Il peut aussi y avoir des bleus, des gonflements. Ou des irrégularités qui sont souvent réversibles et se réduisent avec des massages.»

    Mais aujourd’hui, indique le spécialiste, on maîtrise bien ce qu’on enlève lors de cette intervention qui fournit un résultat plus rapide et significatif qu’avec les techniques de médecine esthétique, les machines ou des injections nécessitant plusieurs séances. A la suite de l’opération, il faut porter un vêtement compressif pendant environ quatre semaines et le résultat n’est définitif qu’au bout de trois mois. Pour autant, il ne faut pas croire qu’on peut manger ce qu’on veut. Si la graisse ne revient en principe pas où il y a eu liposuccion, elle ne va pas se gêner pour se répandre ailleurs.

    Pas de crème miracle

    Un mot sur les crèmes prétendument miracles. Qui n’en produisent hélas aucun. Comme elles ne pénètrent pas le derme, elles ne font rien fondre du tout, ni graisse ni cellulite. Toutefois, elles ont leur utilité, surtout en massage, pour améliorer l’aspect de la peau. Bonne nouvelle par ailleurs: il est inutile de se ruiner en visant le haut du panier des produits de marque. Toute crème hydratante fera l’affaire, même la moins chère.

    Des moyens simples et efficaces pour retrouver un ventre plat

    1. Eviter les régimes drastiques ou les produits light qui ne trompent pas le cerveau. S’habituer à composer régulièrement une assiette idéale comprenant les aliments de base: légumes, protéines animales et végétales, associés à des féculents (riz, pâtes ou pommes de terre).

    2. Il faut un mois pour prendre un kilo et trois mois pour le perdre. Combiné à une alimentation équilibrée, l’exercice aide à éviter cet effet yo-yo qui favorise la graisse abdominale. Le plus simple c’est la marche, exécutée d’un bon pas, une trentaine de minutes par jour.

    3. Si les abdos sont bons pour le gainage, ils n’aident pas à la diminution de la graisse viscérale. Le meilleur moyen de retrouver et de conserver un ventre plat consiste à privilégier tous les sports touchant au cardio-training, comme le vélo, le tapis roulant ou encore le rameur.

     

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