culture

    Les Millenials jugent la série «Friends» grossophobe, homophobe et sexiste

    La mythique sitcom des années 90 ne séduit plus autant les jeunes. Ceux qui la découvrent aujourd’hui sur Netflix ont un avis plutôt tranché sur le comportement des six protagonistes. Homophobie, rapports homme/femme, body shaming: la liste des controverses est longue.

    Publié le 
    17 Janvier 2018
     par 
    Muriel Chavaillaz

    Durant 10 ans, de 1994 à 2004, «Friends» a séduit des milliers de téléspectateurs. Impossible d’imaginer une semaine sans un nouveau gag de Chandler, une énième conquête pour Joey ou un clash entre Rachel et Ross. Les aventures de la célèbre bande d’amis faisaient alors l’unanimité. La preuve: «Friends» a été sacrée «meilleure série de tous les temps» par «The Hollywood Reporter».

    En 2018, on ne rit plus des mêmes choses qu'en 1994...

    Si elle démarrait en 2018, la production ne serait probablement pas renouvelée. Les péripéties de Jennifer Aniston, Matthew Perry, Lisa Kudrow, Matt LeBlanc, Courtney Cox et David Schwimmer sont actuellement rediffusées sur Netflix. Et elles sont loin de faire l’unanimité… La génération actuelle n’apprécie guère les visions parfois rétrogrades et conservatrices des personnages. «Ce dont on riait il y a 10 ou 20 ans peut parfois faire grincer des dents», note «Slate». «The Independent» a interrogé de jeunes Britanniques pour connaître leur avis sur le show. Verdict? La plupart ont révélé être «mal à l’aise» face à la manière dont «Friends» traite les rapports hommes/femmes ou les thématiques LGBT.

    Fin alternative de «Friends»: la théorie la plus triste du monde

    Premier problème soulevé: l’intolérance de Ross. «Je revisionne «Friends» sur Netflix et put***! Je n’avais jamais réalisé à quel point Ross est homophobe», s’exclame Amy, 25 ans. La jeune femme fait notamment référence à l’épisode de la nounou d’Emma: Ross ne supporte pas le fait qu’il s’agisse d’un homme et n’hésite pas en déduire immédiatement qu’il est gay. Ruth Graham, journaliste de «Slate», relève le même problème concernant Chandler. Elle le qualifie de «personnage le plus obsolète» et pointe du doigt le fait qu’il redoute constamment qu’on ne le trouve pas «assez masculin». Halluciné par le fait que Joey possède un oreiller rose, il lui lance alors:

    Si tu continues comme cela, tu te retrouveras bientôt avec des doigts dans ton machin!

     

    Monica, une victime de plus du body shaming

    Une réplique parmi d’autres qui ne passe absolument plus aujourd’hui. Les Millenials interrogés se sentent également concernés par le body shaming dont est victime le personnage de Monica. Surnommée «la grosse Monica» lorsqu’elle est au lycée, cette dernière accumule tous les stéréotypes que l’on attribue aux personnes en surpoids: elle mange constamment, s’affole lorsqu’elle ne retrouve pas ses KitKat, n’est pas très intelligente… A des années-lumière du mouvement «body positive», le scénario est taxé de «grossophobe». «Slate» résume ainsi les critiques:

    Le message véhiculé repose sur le postulat que Monica aurait mené une vie misérable si elle n’avait pas, par la suite, réussi à perdre du poids. Les scénaristes sous-entendent qu’aucun homme n’aurait sans cela voulu d’elle et qu’elle serait restée célibataire à vie. Une solitude qu’elle ne pourrait alors combler qu’à grands coups de sucreries.

    Le personnage de Joey n’est pas non plus épargné. On lui reproche le fait de considérer «chaque femme comme une conquête». Dans un épisode, il n’hésite pas à comparer les femmes à de la «crème glacée», invitant Rosse à «prendre une cuillerée»… La possessivité de Ross vis-à-vis de Rachel est aussi mal perçue de la part des jeunes téléspectateurs qui le décrivent comme «l’archétype du mal alpha».

     

     

    Vidéo: la réunion du «Friends» a eu lieu

    Deux personnages non-blancs en 236 épisodes

    Last but not least, le manque de diversité de «Friends» est un réel problème. Les héros sont tous blancs, hétéros et gagnent relativement bien leur vie. Selon «The Independent», on ne dénombre que deux personnages non-blancs dans les 236 épisodes que compte la sitcom: Julie, la petite-amie de Ross d’origine asiatique ainsi que la docteure afro-américaine Charlie Wheeler.

    Pour le journaliste Tom Fordy, les personnages de «Friends» sont ainsi aux antipodes de la société actuelle. Il n’hésite pas à les qualifier de «sexistes, pathétiquement immatures et résolument conservateurs» dans un article publié dans «The Telegraph». «Friends» a certes modifié la façon dont on conçoit désormais des séries télévisées. Mais aux vues de ces nombreuses critiques, il n’est pas certain que nous (re)découvrions les épisodes avec la même insouciance… La preuve avec «Homophobic Friends», un montage de 50 minutes compilant les scènes les plus controversées:

     

     

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