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Notre touchante rencontre avec Passenger, chanteur de rues dans l'âme

Passenger Image by Jarrad Seng

«Je crois que c’est ma pratique du busking (jouer dans l’espace public), qui me permet d’atteindre cette proximité avec les gens. Après Let Her Go, j’ai quitté la rue pendant près de deux ans. Très vite, ça m’a manqué. J’en ai besoin pour me reconnecter à la réalité, pour recharger mes batteries et retrouver les raisons initiales qui m’ont poussé à faire de la musique.»

© Jarrad Seng

Son Actu

Runaway, son 10e album studio, est sorti le 31 août. Il y honore ses influences américaines à coups de mandoline et de banjo. Un voyage au travers des plaines arides et un souffle de liberté qui agissent comme une bouffée d’oxygène.

Ce qui le dope

Venir en Suisse pendant l’été (il était au Caribana Festival en juin 2018), les chats, le foot, mes amis et ma famille.

Sur sa shamelist

Je suis un immense fan de la musique des années 80. J’adore Africa, de Toto, et je connais tous les tubes de Chicago et Foreigner par cœur!

Son don inattendu

J’ai été cuisinier durant plusieurs années. On vous dira certainement que je prépare un excellent sandwich au fromage grillé. Je ne sais pas pourquoi, mais tout le monde m’en parle!

Rencontre

Imaginez-vous à sa place. Vous êtes assis, seul, sur le bord d’un trottoir humide, au cœur de l’automne britannique. De temps à autre, les passants s’arrêtent pour écouter le son de votre guitare, vous lançant quelques pièces et parfois des muffins à moitié mangés. Vous jouez dans les bars, les festivals ou dans les rues de Brighton, fidèle au petit garçon de 7 ans qui, des années auparavant, empoignait sa première guitare. Votre notoriété grandit timidement, au fur et à mesure que vous accompagnez d’autres artistes en tournée.

Et puis un jour, sans que vous ne compreniez pourquoi, l’un de vos morceaux devient un tube international. Les radios s’en emparent, tournent vos accords en boucle, la presse s’arrache vos réactions. Vous quittez la rue pour les salles de concert où vous jouez à guichets fermés. Ce morceau, c’est «Let Her Go». Il compte aujourd’hui près de 2 milliards de vues sur YouTube.

Six ans plus tard, Mike Rosenberg (alias Passenger) a digéré la surprise de cet immense succès inattendu. «Je ne me lève plus chaque matin en état de choc, admet-il. Comme les êtres humains ont tendance à le faire, je me suis adapté à mon nouvel environnement.» Sa façon d’écrire n’a pourtant pas changé. Après tout, pour composer le morceau devenu un hit mondial, il n’avait rien fait de particulier:

«Juste ce que je fais tous les jours. J’observe, j’écoute, je rencontre des gens… et de temps à autre, ces histoires se transforment en chansons. Je ne gribouille rien dans un carnet, je préfère soumettre mes idées à ma mémoire: si je me souviens des paroles le lendemain, c’est que c’est réussi.» Avec un petit rire gêné, il ajoute: «Enfin, je ne sais pas si ce système va fonctionner encore longtemps. Ma mémoire devient de plus en plus défaillante!»

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Comme un bon copain

Une fois sur scène, accueilli par la foule qui rugit dès les premiers accords de Let her go, Mike Rosenberg parvient à donner à chaque spectateur l’impression d’être totalement seul avec lui. De son si reconnaissable accent british, le chanteur de 34 ans détend l’atmosphère, enchaîne les plaisanteries et se fend de quelques anecdotes personnelles. Loin de fuir l’autodérision, il se plaît à raconter que de nombreuses personnes le confondent avec Elsa, l’héroïne de La Reine des neiges, et entonnent le refrain de Let It Go pour le charrier. La foule, attendrie, se met à glousser.

«Je crois que c’est ma pratique du busking (jouer dans l’espace public), qui me permet d’atteindre cette proximité avec les gens», confie l’artiste. Après Let Her Go, j’ai quitté la rue pendant près de deux ans. Très vite, ça m’a manqué. J’en ai besoin pour me reconnecter à la réalité, pour recharger mes batteries et retrouver les raisons initiales qui m’ont poussé à faire de la musique. Plutôt que de cogiter sur le nombre de fois qu’une nouvelle chanson est passée à la radio, je me demande simplement si elle plaît aux gens, si elle parle à leurs émotions.»

Tous les deux ans environ, Passenger et son groupe parcourent les rues de plusieurs capitales européennes, improvisant des concerts publics auxquels assistent des centaines de chanceux passants.

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La musique comme catharsis

Très souvent questionné sur son premier hit, l’artiste fait preuve de modestie: «Je ne pense pas avoir jamais ressenti de pression, ni la nécessité de sortir un deuxième Let Her Go. Tout dépend de notre point de vue: on peut s’angoisser et ressasser sans cesse le fait qu’on ne soit pas encore parvenu à reproduire le miracle. Ou alors, on peut être très heureux d’avoir réussi à sortir au moins un tube.»

Aujourd’hui, Passenger chante pour les mêmes raisons qu’à ses débuts: «Je compose sans cesse, je n’arrête pas! La musique est un fabuleux exutoire de mes émotions. Franchement, je ne sais pas où elles iraient si je ne les transformais pas en chansons. Quelle merveilleuse façon d’utiliser l’énergie négative!»

Ces paroles lui rappellent une anecdote vécue deux jours plus tôt, alors qu’il jouait dans les rues de Munich.

«Une jeune fille nerveuse s’est approchée de moi, se souvient-il. Elle était très stressée et parlait beaucoup trop vite. Au final, elle m’a avoué qu’elle rencontrait beaucoup de difficultés à s’exprimer et que mes chansons l’aidaient à mettre des mots sur des émotions qu’elle ne parvenait pas à décrire. Voir que je peux aider les gens de cette manière est un sentiment incroyable.»

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