culture

    MJF 2017: les 5 moments les plus touchants du concert de Passenger

    Le vendredi 14 juillet 2017, la guitare et la voix unique de Michael Rosenberg, alias Passenger, ont envoûté l’Auditorium Stravinski. On vous résume une soirée qui a su nous donner, le temps d’une heure trente, l’impression de partager un moment privilégié avec cet artiste à fleur de peau.

    Publié le 
    17 Juillet 2017
     par 
    Ellen De Meester

    Le Montreux Jazz Festival, c’est déjà terminé pour cette année (sommes-nous forcées d’admettre en ravalant une larme). Heureusement qu’il nous reste, pour nous consoler, de merveilleux souvenirs de ces belles soirées musicales passées au bord du lac.

    Parmi tous nos coups de cœur de cette 51e édition, le chanteur de pop-folk britannique Passenger (moins connu sous son véritable nom, Michael Rosenberg) a su faire vibrer chacune de nos cordes sensibles, alors qu’il grattait celles de sa guitare avec virtuosité. Capable d’instaurer, dans un espace aussi grand et imposant que l’Auditorium Stravinski, un climat d’intimité absolue avec le public, il semble ouvrir son cœur à cette masse d’inconnus qui l’observent, boivent ses paroles et rient à ses plaisanteries trempées dans un humour incontestablement British. Passenger, même lorsqu’il se passe de son groupe de musiciens pour affronter seul la scène, livre et capture des instants d’une immense sensibilité.

    1. A chaque fois qu’il a fait preuve d’autodérision

    «Soyons honnêtes, je n’ai fait qu’une seule chanson connue», affirme Michael Rosenberg, au début du concert. L’auditoire plein à craquer glousse à l’unisson. «D’ailleurs, je suis désolé pour tous les enfants qui sont venus ici dans l’espoir d’entendre le titre de Disney "Let it go", et qui se retrouvent devant un type anglais à la place.» Passenger s’amuse de la proximité entre le tube qui lança sa carrière en 2012, «Let her go», et le célèbre refrain en VO qu’entonne la Reine des neiges.

    Qu’il est drôle, cet anglais à la voix surréaliste. Au moment de critiquer l’abus de chirurgie esthétique dans son titre «I hate» (dans lequel il dresse la liste de tout ce qui l’énerve), il ajoute: «Vous ne pouvez pas imaginer à quel point c’est gênant de chanter ça à Los Angeles…».

    2. Quand il a raconté l’histoire de «Riding to New York»

    Après les blagues et les morceaux joyeux (oui, oui, il y en a!) Passenger s’improvise raconteur d’histoires: il y a quelques années, alors qu’il se rendait à une station essence pour acheter un paquet de cigarettes, le chanteur fait la connaissance d’un vieil homme à moto, appuyé contre la façade du bâtiment. Ce dernier, venant d’apprendre qu’il était atteint d’un cancer des poumons, lui raconte qu’il se rend à la côte est, afin de rendre visite à sa famille pour la dernière fois. Ainsi est né le titre «Riding to New York». Nos cœurs ont failli lâcher lorsqu’il nous a semblé apercevoir, vers la fin du morceau, quelques larmes briller dans les yeux du chanteur.

     

     

    3. Pour son attachement à la ville de Montreux

    Quand Passenger s’adresse au public, c’est avec une gentillesse détendue qui appelle à la complicité: «Est-ce que cela vous va, Montreux?» «Est-ce que vous seriez d’accord de chanter avec moi, Montreux?» Le public, enthousiaste, tonitrue les refrains, au plus grand bonheur de l’artiste qui le félicite d’un «That was perfect». Peut-être Passenger se comporte-t-il de la sorte lors de chacun de ses concerts… mais il nous a tout de même révélé un attachement particulier à la ville de Montreux, dans laquelle il était déjà venu jouer en 2013: c’est d’ailleurs à ce moment-là, lors d’une jam avec Angus et Julia Stone, qu’il a fait la connaissance de l’un des musiciens qui, depuis, l’accompagne en tournée.

    4. Au moment de chanter «The Sound of Silence»

    Par cette reprise inattendue du classique de Simon & Garfunkel, Michael Rosenberg transporte carrément l’auditoire. Des premiers accords délicats qui percent le silence (le public a fort bien joué le jeu) aux notes plus énergiques qui vous donnent des frissons, il signe sans doute l’une des meilleures covers de ce monument musical que votre auteure n’ait jamais entendue. Après cela, même «Let Her Go» semble légèrement plus fade que d’ordinaire…

     

     

    5. Quand l’audience a chanté avec lui (très fort)

    Doté d’une humilité et d’une accessibilité qu’il doit sans doute aux années passées à chanter dans la rue, Passenger n’exige rien du public. Au lieu de cela, il l’encourage, lui montre quoi faire, et se réjouit avec l’incrédulité d’un enfant lorsqu’il entend ces milliers de personnes lui répondre d’une seule voix. Lorsqu’il quitte la scène une première fois, la salle le rappelle à tue-tête, en chantant l’un de ses refrains. Et évidemment, il réapparaît, un sourire jusqu’aux oreilles, semblant requinqué pour les dix prochaines années.

    Malgré l’autodérision et la modestie, Michael Rosenberg est un artiste capable de mettre son humanité à nu devant une salle remplie d’étrangers, de réunir ces derniers dans toute la quintessence et la plus grande simplicité des émotions humaines que nous partageons tous.

    Nous n’aurions pas été plus touchées s’il nous avait consacré un concert privé. Merci Passenger, pour ce magnifique moment.


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