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Mona Chollet: «Les sorcières d’Eastwick sont une ode à l'autonomie des femmes»

Mona chollet jury niff

«J’avoue, c’est un cinéma (le cinéma fantastique) qui me fait un peu peur, je suis très bon public et adhère facilement à ce qui se passe à l’écran. Alors je crains de me ridiculiser en étant terrorisée! Dans tous les cas, je sors de ma zone de confort», partage Mona Chollet, membre du jury international du NIFFF 2021.

© Getty Images

La journaliste et écrivaine Mona Chollet créait la sensation littéraire en 2018 avec l’ouvrage Sorcières: la puissance invaincue des femmes. Nous la retrouvons dans le cadre du Festival du film fantastique à Neuchâtel, où elle est membre du jury international. En préambule, nous lui avons passé un coup de fil pour parler cinéma. Silence, on tourne!

FEMINA Le cinéma fantastique est-il un genre qui vous plaît particulièrement?
Mona Chollet
Je suis ravie de cette opportunité, c’est l’occasion de découvrir un genre que je connais peu! J’avoue, c’est un cinéma qui me fait un peu peur, je suis très bon public et adhère facilement à ce qui se passe à l’écran. Alors je crains de me ridiculiser en étant terrorisée! Dans tous les cas, je sors de ma zone de confort.

Quel rapport avez-vous avec le grand écran?

J’étais une grande cinéphile pendant très longtemps. Ces dernières années, j’ai été happée par les séries, comme beaucoup de gens. Le NIFFF est une belle occasion de revenir au cinéma pour moi.

Quel est votre style de cinéma?
Je suis assez éclectique dans mes choix. J’apprécie autant des films grand public que des films d’auteur, plus intimistes et pointus. Cela ne m’a jamais dérangé de panacher.

Votre premier souvenir de film?
Les tout premiers, c’était les Disney, à Genève. Ensuite, j’ai vu qu’ils repasseront L’histoire sans fin (1984) au NIFFF, qui m’a beaucoup marqué à l’époque. J’aimais cette ode à l’imagination. Il est aussi très triste, j’avais beaucoup pleuré.

Et Disney, c’était lequel?
Le livre de la jungle
(1967)!

Un film qui vous a marquée plus tard?
J’avais adoré Talons aiguilles (1991) de Pedro Almodóvar, c’est le premier film que j’ai vu de lui. Ce qu’il faisait à cette époque, cette liberté, m’avait complètement bluffée. Il y avait dans ses films ce côté exubérant, sentimental et très décomplexé. J’adorais cette flamboyance, ces débordements d’émotion assumés. C’était pour moi la découverte d’un univers qui joue beaucoup sur le trouble dans le genre, comme ce personnage interprété par Miguel Bose qui chante habillé en femme tout en étant un homme hétéro.

Un film que vous aimez revoir?
J’ai vu plusieurs fois L’armée des douze singes (1995), j’essayais de percer le mystère de cette temporalité troublante. Mais les films que j’ai le plus revus dans ma vie, c’est la trilogie originelle de Star Wars. C’est une sorte de rituel avec mon frère et des amis. Le plaisir est intact.

Avez-vous une sorcière favorite au cinéma?

Mes préférées sont Les sorcières d’Eastwick (1987). Elles sont toutes un peu brimées et timorées au début, elles ont peur de leur propre pouvoir.

C’est le diable en personne, incarné par Jack Nicholson, qui leur donne le déclic pour se libérer. Dès qu’il arrive, c’est la grande révolte et l’expression de soi sans aucune retenue! Elles réussissent même à s’en débarrasser à la fin.

C’est une ode à l’autonomie des femmes!

Comment percevez-vous l’image des femmes au cinéma, le milieu où est né le mouvement #metoo?
L’évolution est encore très timide, mais il est réjouissant d’assister à cette volonté de dénoncer ce qui ne va pas dans cette industrie. La polémique concerne autant l’absence des réalisatrices à Cannes que l’absence de rôles pour les femmes au-delà de 50 ans. Je pense aussi à ces actrices noires qui ont sorti ce livre en France, Noire n'est pas mon métier, pour protester contre les stéréotypes raciaux au cinéma, ainsi qu’aux polémiques des Césars avec Adèle Haenel.

On l’a vu avec l’affaire Weinstein, le cinéma est une industrie terriblement conservatrice.

Et ce n’est certainement pas le problème d’un seul homme. La sensibilité change énormément. Comme j’étais ado dans les années 1980, une période de retour de bâton contre le féminisme, je mesure à quel point ces changements et ces protestations sont bienvenus.

Racontez-nous votre lien avec Femina…
Je connais bien le titre. Marie-Pierre Dupont, la rédactrice en chef de l’époque, m’avait confié des piges il y a plus de quinze ans. Je m’éclatais à faire des portraits et des interviews d’écrivaines. Grâce à elle, j’ai fait des rencontres d’autrices qui m’ont énormément marquée, comme Svetlana Alexievitch.

NIFFF, du 2 au 10 juillet 2021. Toutes les infos sur nifff.ch

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