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Interview

Josiane Balasko: «Je trouve que "Gazon Maudit" a bien vieilli»

Josiane Balasko Un Tour Chez Ma Fille

«Ça ne me dérange pas d’être considérée comme une actrice comique, si je fais bien mon boulot, ça signifie que j’apporte du bonheur aux gens!», partage l'actrice Josiane Balasko, à l'affiche du film Un tour chez ma fille.

© David Koskas

Dans Retour chez ma mère, en 2016, elle cachait sa relation amoureuse avec son voisin à ses enfants. Plus en forme que jamais dans la comédie Un tour chez ma fille, Josiane Balasko incarne à nouveau cette maman qui n’en fait qu’à sa tête et squatte chez sa fille, Carole (Mathilde Seigner), pendant la durée des travaux – interminables – dans son appartement. De passage en Suisse pour la promo du film, Josiane Balasko s’avère aussi sympa qu’elle est drôle. Sous ses airs de clown, elle n’est pas sans rappeler Giulietta Masina, jouant la Gelsomina dans La Strada (1954), de Federico Fellini.

FEMINA Comment choisissez-vous vos films?
Josiane Balasko
C’est généralement le scénario. En l’occurrence, je connaissais le travail d’Eric Lavaine, avec qui j’avais fait le premier film. C’est un fidèle qui aime les acteurs qui le font rire. Il sait qu’avec moi il peut aller très loin dans l’humour et il apprécie ça.

Vous sentez-vous cantonnée aux rôles comiques?
Ça ne me dérange pas d’être considérée comme une actrice comique, si je fais bien mon boulot, ça signifie que j’apporte du bonheur aux gens! Et je sais que je peux faire autre chose. Le comique a des formes extrêmement différentes. Par exemple, lorsque Antonin Peretjatko m’a proposé de jouer dans La pièce rapportée (2021), je ne connaissais pas ses films et je n’avais jamais rien fait de semblable. Aux côtés de Philippe Katerine, j’ai trouvé une grande liberté et un ton formidable. L’alchimie a eu lieu!

Quel est votre film préféré?
Sans hésiter, Gazon maudit (1995). Je trouve qu’il a bien vieilli. J’ai adoré ce personnage de séductrice. L’ambiance était formidable sur le plateau, comme une parenthèse enchantée.

Il m’arrive encore aujourd’hui que des femmes d’une cinquantaine d’années viennent me voir pour me dire: «Vous m’avez aidée, ça m’a permis d’en parler.»

Il faut rappeler qu’à l’époque le lesbianisme était invisible au cinéma, à part dans les films militants ou les films de cul. Le seul souvenir que j’avais, c’était la photographe lesbienne dans Quai des Orfèvres (1947), et encore, c’était légèrement dit. Je n’ai jamais oublié la réplique de Louis Jouvet: «Dans le fond, vous êtes un type dans mon genre, vous n’avez pas de chance avec les femmes.»

Comment avez-vous composé le personnage?
J’étais allée voir ma copine Catherine Lara en concert, elle est très drôle! C’est elle qui avait répondu à un journaliste: «La première chose que je regarde chez un homme, c’est sa femme», haha! Je savais que là, je trouverais tous les looks possibles de lesbiennes. J’ai trouvé deux-trois trucs, notamment la chaîne sur le jeans. Côté coiffure, je ne savais que faire jusqu’au premier jour du tournage. Il y avait à la cantine cette fille lesbienne, Marie-Jo. Elle avait la coupe des collégiens anglais, nuque rasée. C’était tout trouvé!

Quels sont vos projets?
Un chalet à Gstaad!
Je ne m’installe pas en Suisse, haha, il s’agit d’une pièce de théâtre que j’ai écrite et que nous allons jouer à la rentrée, en septembre, au Théâtre des Nouveautés, à Paris, notamment avec Armelle. C’est un dîner entre personnes très fortunées, des exilés fiscaux. Je trouve drôle cette déconnexion de la réalité des gens super-riches, ceux qui ne savent pas commander un taxi, car ils n’ont jamais dû le faire eux-mêmes.

C’est ainsi que vous voyez les Suisses?
Ah non, pas tous! Pour moi la Suisse, ce sont ces clichés du chocolat et du saint-bernard dans les montagnes. Mais c’est surtout la statue de Charlie Chaplin à Vevey, où j’avais joué il y a très longtemps.

Un tour chez ma fille, d’Eric Lavaine, en salle dès le 16 juin 2021.

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