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La mode a-t-elle encore un sexe?

La mode a-t-elle encore un sexe?

«Certains vont surjouer leur féminité, d’autres leur masculinité et, finalement, cela composera un paysage des genres dans lequel il y aura plusieurs manières d’être femme ou homme.» Emilie Coutant

© Alberto Vasari

Une fille au masculin, un garçon au féminin: c’est le concept de la nouvelle boutique new-yorkaise The Phluid Project, qui propose une collection non genrée. Une seule ligne pour tous les genres. Au-delà de ce type de projets hypertrendy, la tendance gagne du terrain et l’identité sexuelle s’efface au profit d’une nouvelle catégorie, les sans-genre. C’est ainsi dans une totale décontraction qu’une part des millennials passe de garçon à fille et inversement. «Entre le mariage gay, internet ou encore l’éducation, les jeunes ont un changement de mentalité face aux genres», estime Eve Dupouy, responsable communication au bureau de tendance Promostyl.

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Une mode non genrée

D’après la communicante, «nous allons vers une mode unisexe, mais on y va doucement. Nous y serons dans une dizaine d’années. Il faut laisser le temps à toutes les marques de s’emparer de ce nouveau marché.» Depuis quelques saisons déjà, chez nombre de créateurs, on choisit de ne plus faire deux collections, mais de fusionner les lignes. C’est ainsi que les hommes défilent avec les femmes, et inversement, chez Tom Ford, Kenzo, Paul Smith, Gucci, Ferragamo ou J.W Anderson, qui a fait du non-genre son ADN.

Le flou autour des sexes se manifeste aussi dans la communication. Pour sa campagne automne-hiver 2015, & Other Stories avait mis en scène des tops transgenres et chez Louis Vuitton, Jaden Smith posait en jupe au milieu de mannequins femmes pour sa collection été 2016. L’apparition de models transgenres, comme Andrej Peijic, renforce ce phénomène. C’est aussi le cas des réseaux sociaux, qui boostent la tendance avec des influenceuses telles que Jazzelle Zanaughtti @uglyworldwide, allégorie de l’androgynie assumée.

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Sur le marché

Des marques de grande diffusion investissent également ce nouveau marché. En mars dernier, H&M lançait une collection GenderFluid, tandis qu’en 2016, Zara avait inauguré sa gamme Ungendered. Et la clientèle mixte semble répondre à l’offre, puisque d’après Robert Smith, fondateur et dirigeant de The Phluid Project, outre les hommes et les femmes, 10% des visiteurs de son espace ne se classent dans aucun genre particulier.

Même trend en Europe, où la marque Avoc «est vendue au rayon femmes des Galeries Lafayette, alors que le label défile à la Fashion Week Homme», appuie Eve Dupouy. Par ailleurs, d’après la sociologue et fondatrice du cabinet Tendance Sociale Emilie Coutant, «beaucoup de consommateurs aspirent désormais à faire leurs courses en couple homme-femme et veulent trouver les mêmes pièces».

Un paysage des genres

En scrutant les collections genderless, on constate toutefois que la plus belle place est laissée aux vêtements masculins. On trouve des T-shirts, des shorts, des sweats, mais peu de pièces féminines. «Si le vestiaire unisexe est plus emprunté au vestiaire homme, c’est que les corps féminins et masculins ont changé, estime Eve Dupouy. L’homme s’est affiné et le corps des femmes s’est masculinisé, notamment depuis la fin du corset.» Une évolution qui n’échappe pas à Emilie Coutant, aussi auteure d’une thèse sur les attributs de la masculinité:

«L’émancipation féminine à travers le vêtement de l’homme est plus instituée, plus démocratisée. Du côté des hommes, c’est plus récent. Voilà pourquoi il est plus facile d’entrer dans l’indifférenciation par ce biais-là».

Reste que si nous allons vers une mode plus unisexe, ce ne sera qu’un style parmi d’autres, car pour Emilie Coutant, «certains vont surjouer leur féminité, d’autres leur masculinité et, finalement, cela composera un paysage des genres dans lequel il y aura plusieurs manières d’être femme ou homme.»

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