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décryptage

Ces labels mode qui font l’éloge des courbes

Jeudi 16 juillet 2020, le styliste Jacquemus créait la surprise avec son défilé printemps-été 2021, baptisé L’amour. En optant pour des top-models très divers, il a fait se côtoyer les silhouettes longilignes d’Adut Akech ou Mica Argañaraz avec celles de femmes plus voluptueuses. Elles s’appellent Lauren Frederick, Jill Kortleve, Sabina Karlsson ou Precious Sipkema et leurs mensurations dépassent la taille 42. Sur 55 looks, la présence de ces quatre mannequins - que la mode a choisi de baptiser grande taille - semble minime, mais ce défilé signé Jacquemus ouvre la voie au changement.

Vers une réelle évolution?

Même la maison Chanel a intégré Jill Kortleve dans son défilé automne-hiver 2020-21. Tendance ephémère ou stratégie marketing? Claire Vitteau, responsable communication au bureau de style Promostyl, à Paris, nous éclaire: «Suite à de nombreuses dénonciations de body shaming, le marché de la mode a ouvert les yeux sur ce qu'est la véritable beauté. La frustration est désormais exprimée sur internet, qui pointe du doigt le décalage avec la réalité. On observe un changement de mentalité chez certaines marques, qui orientent leur communication vers la beauté naturelle, dans la mouvance du body acceptance et de la dédramatisation de la silhouette imposée par la mode.»

Quand la morphologie s’impose

Au rayon haut de gamme, le changement est plus lent. Toutefois, en 2019, Dolce & Gabbana devient la première maison de luxe à élargir ses tailles, sans pour autant créer une ligne spéciale.

«La démocratisation des blogueuses mode grande taille a fait bouger les lignes. Grâce à internet, il existe un vrai réseau alternatif. Certaines marques l'ont bien compris et communiquent désormais sans tabou, avec des mannequins plus size, et proposent la même mode qu’aux femmes qui font du 36», ajoute Claire Vitteau.

Stéphanie Zwicky, blogueuse et chroniqueuse de mode plussoie: «Aujourd'hui les marques qui se limitent au 42/44 sont dépassées. Les curvy fashionistas font entendre leur voix et, peu à peu, les choses changent. Certaines marques sont plus à l'écoute que d'autres et se battent contre cette discrimination». Chez certains créateurs indépendants, c’est l’écoute qui fait toute la différence. A force d’essayages, d’échanges avec leurs clientes, les designers parviennent à faire bouger les lignes. La preuve avec ces quatre labels qui, en plus d’êtres écoresponsables, prônent une mode inclusive.

Dress IS more

Basée à Aubonne (VD) et fondée par Katya Hochuli et Justine Prior, la marque s’adresse à toutes les morphologies.

«La mode grande taille est conçue pour une femme type qui n’existe pas vraiment, car la femme ne sort pas d’un moule», explique Katya Hochuli.

Leur concept de demi-mesure, dont les tailles varient du 32 au 54, adapte les modèles au corps de la cliente. Cette dernière peut choisir le tissu, les encolures, les détails de manches. Une démarche intelligente qui évolue en marge des enseignes de prêt-à-porter.

Femme curvy avec top noir et pantalon rayé rouge.
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Pantalon dès 200 fr. sur dress-is-more.

© DR

Ester Manas

Ester Manas et Balthazar Delepierre, forment un duo de créateurs franco-belges, qui relève le défi d’habiller les femmes avec des pièces… tailles uniques. Le secret de leurs créations extensibles est le résultat de recherches ingénieuses.

«Il n’y a pas de sizing chez nous, on travaille sur des pièces qui possèdent des systèmes s’adaptant à tous les corps: boutonnières intégrées à la taille, systèmes de cordons de serrage et matières élastiques», confie Balthazar Delepierre.

Leur e-shop montre des mannequins aux morphologies opposées, permettant à la cliente curvy ou menue se projeter dans leurs designs.

Femme curvy dans un champ en robe moulante rose et boucle d'oreille jaune.
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Robe en maille env. 420 fr., sur estermanas.

© DR

Leonessa lingerie

«J’ai voulu créer de la lingerie qui puisse sublimer tous types de corps féminins», explique Michèle Krüssi, créatrice et fondatrice de la marque. Avant de lancer la production, la styliste zurichoise fait tester ses prototypes auprès d’une trentaine de femmes. Leurs commentaires assurent l’amélioration des modèles. On découvre dès lors des pièces glamour et agréables à porter. Dépourvus d’armatures, les soutiens-gorge se muent en bralettes, conférant confort à celles qui préfèrent un port de poitrine naturel.

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Ensemble env. 65 fr. et 45 fr., sur leonessalingerie.

Make My Lemonade

C’est le nom qu’a choisi, en 2012, la styliste Lisa Gachet pour nommer son blog. Celle qu’on surnomme la fille citron consacre son site à la mode et au do it yourself. Fort de son succès, le blog devient en trois ans, la première enseigne de DIY. Patrons de couture et vêtements se déclinent du 34 au 46, tandis que les chaussures s’adaptent aux pieds forts. Chaque mois, un nouveau patron est disponible sur le site. Avec des collections de quatre modèles par an, le label s’inscrit dans une démarche durable.

Femme curvy avec fleurs en body taille and dye et short en jeans bleu foncé.
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Body imprimé env. 65 fr. sur makemylemonade.

© DR

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