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«Mon van, ma maison»

Temoignage ma vie mon van

Cet achat a changé ma vie, car j’étais désormais au contact des éléments naturels, des couchers de soleil… ça a rempli mon existence de sens et je suis devenue heureuse.

© Corinne Sporrer
Petite, je construisais des vans en Lego.

J’ai toujours eu ce rêve de voyage et cette envie de liberté. J’ai eu également très tôt une attirance pour vivre avec moins. Pourtant, j’ai toujours pensé que ce mode de vie écolo était réservé aux plus aisés.

Après, je me suis embarquée dans une routine plus ou moins normale. J’ai d’abord fait de la danse dans une compagnie, puis un apprentissage de création de vêtements. Toutefois, j’étais souvent déprimée, je ne trouvais pas vraiment ma place, je déménageais une fois par an et j’avais un réel besoin de vivre dehors. Je n’osais pas franchir le pas. Finalement, un jour, j’ai tout plaqué et je me suis acheté un van avec un budget de 2000 fr., frais de travaux compris. C’était précaire, mais j’ai réussi à me faire un petit nid cosy.

Cet achat a changé ma vie, car j’étais désormais au contact des éléments naturels, des couchers de soleil… ça a rempli mon existence de sens et je suis devenue heureuse.

Apprentie bricoleuse

Pour retaper mon premier van de A à Z, je suis partie de zéro. Je ne connaissais pas grand-chose au bricolage, j’avais beaucoup d’appréhensions. En me lançant, j’ai découvert que je savais faire plein de choses et que j’avais de la force. Un vrai boost de confiance en soi, d’autant plus en tant que femme. On ne m’avait jamais appris que je pouvais être capable de réaliser de tels travaux. Depuis l’automne 2018, j’ai aménagé quatre véhicules. J’ai ainsi eu l’occasion de découper de la tôle ou encore de créer un poêle à bois. Toutes ces expériences ont repoussé mes limites. L’électricité était sans doute l’étape qui me faisait le plus peur, mais j’ai récolté des conseils autour de moi et tout s’est bien passé.

Au final, la chose la plus dure dans la rénovation, c’est d’oser.

La seule aide que j’ai reçue, c’est celle de mon papa, qui était en congé forcé à cause de la crise liée à la Covid-19. Il m’a donné un coup de main pour souder des parties métalliques sur le dernier véhicule que je viens de terminer (en photo) qui, je l’espère, restera ma maison pour un moment!

Quatre achats en deux ans

Quand j’ai acheté mon premier van, j’étais vraiment partie pour y habiter longtemps, mais en y vivant un été, j’ai remarqué les choses qui n’allaient pas, avec mon rythme de travail notamment. Ensuite, à chaque nouvel achat, j’ai appris de mes erreurs et amélioré la praticité, le confort, les rangements. C’est au fur et à mesure de mes rénovations que j’ai trouvé ce dont j’avais exactement besoin. Quand on vit dans un van, on est tout le temps à l’extérieur et on a peu d’intimité. Par exemple, dans mon premier van, mes vêtements étaient rangés sous le lit; me changer représentait à chaque fois une expédition. Il était donc important pour moi d’avoir mes habits à portée de main et de pouvoir me changer discrètement. Autre exemple: au début, j’avais tellement peu de budget que je cuisinais à l’extérieur, une galère! Je me suis vite rendu compte qu’il me fallait un lavabo et une plaque de cuisson pour pouvoir préparer à manger à l’intérieur. Ainsi, quand je me retrouve en ville, j’apprécie de faire ma cuisine à l’abri des regards sans être toujours en mode camping.

Toutefois, au quotidien, passer inaperçu ne fonctionne pas toujours. Les gens sont souvent intrigués. Une fois où j’étais assise dans mon véhicule, une personne a collé son visage pour regarder à l’intérieur! Dans ce genre de cas, je n’hésite pas à sortir en disant:

«Bonjour, vous voulez visiter ma maison?»

L’avantage, c’est que j’ai pu faire comme ça de belles rencontres. L’autre point que j’affectionne dans ce mode de vie, c’est la mobilité. Je bouge tout le temps, je découvre sans cesse de nouveaux lieux et de nouvelles balades. En général, au bout de trois jours arrêtée quelque part, je ressens le besoin de repartir. De toute façon, c’est assez mal vu de rester à un endroit fixe. J’essaye par ailleurs de laisser le moins de traces possible de mon passage. Au début de cette nouvelle vie, je me sentais toujours étrangère où j’allais. Toutefois, à force de revenir sur certains sites, au plus près de la nature, si possible sans parking, j’ai commencé à me sentir comme à la maison. J’aime beaucoup le sentiment de sérénité que je retrouve dans mes endroits préférés.

Merci le confinement!

J’ai peu de frais et pas de loyer. Je travaille six mois par an et voyage durant les six autres. C’est un bon compromis pour moi, qui privilégie les aventures à la routine. Ce style de vie outdoor m’a appris à vivre plus lentement. J’ai arrêté d’être toujours à fond et repensé entièrement ma façon de consommer. A 24 ans, j’ai trouvé mon équilibre. Travailler à 100% était trop pour moi. A cette époque, je n’avais plus envie de faire certaines choses, comme le yoga par exemple. Aujourd’hui, je pratique tous les jours et je me sens centrée. Je me nourris beaucoup de cueillette et j’ai retrouvé un bien-être alimentaire.

Je me contente de peu, mais j’ai deux critères: me sentir dans mon véhicule comme dans une maisonnette cosy et avoir un lit douillet.

Le futur? Dès que possible, j’aimerais mettre le cap sur l’Amérique latine et l’Asie avec mon 4x4, terminé d’aménager pendant le confinement avec des matériaux de récupération, trouvés grâce à l’entraide des réseaux sociaux. Je souhaite enfin dire que ce mode de vie en van, proche de la nature, peut être fun et non synonyme de dèche. Je ne suis pas une hippie! Et si je peux encore adresser un dernier message aux femmes, ce serait celui-ci:

«Allez-y, laissez tomber les a priori!»

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