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La question

Ayant vécu une fausse couche, je suis triste de me sentir seule et émotionnellement éloignée de mon conjoint, sans même parler des câlins. Comment se fait-il qu’il ne comprenne pas ce que j’éprouve? [Jane, 30 ans]

La réponse

Bien que l’on sache que les fausses couches ne sont pas rares, on peut se sentir très seule face à cet événement, notamment parce que l’on ose peu en parler autour de soi – pour ne pas déranger, par peur de ne pas être comprise ou pour ne pas effrayer d’autres femmes enceintes. L’attente vis-à-vis du conjoint est d’autant plus forte: on espère malgré soi que l’autre va ressentir la même souffrance, traverser son deuil au même rythme et être en phase avec nos besoins… Jusqu’au moment où l’on constate qu’il est justement différent. Il ne peut simplement pas être dans nos baskets, surtout à propos d’une expérience aussi personnelle, vécue dans notre chair et notre identité de femme.

Il peut comprendre, bien sûr, si vous lui parlez des émotions qui vous habitent: tristesse, sentiment d’échec, d’injustice, de culpabilité peut-être. Sans compter la colère, qui peut masquer la tristesse et faire dérailler le dialogue. Il est possible que votre conjoint soit pris dans l’automatisme de vouloir «aider» pour effacer cette colère mais que, devant la vanité de ses efforts, il se réfugie dans le retrait. C’est si difficile de se sentir impuissant à soulager sa douce moitié!

Lui aussi vit sa douleur, mais à sa manière et avec d’autres façons de l’exprimer. Vous pouvez ainsi vous trouver en désaccord sur, par exemple, le bon moment de reprendre des rapports ou le temps à respecter avant de tenter une nouvelle grossesse. Dans tous les cas, accueillez vos émotions et n’imaginez pas qu’il n’en a pas. Le deuil est universel mais il n’est ni identique ni linéaire: les étapes bien connues (déni, colère, confrontation à la tristesse, accommodation) se feront pour chacun, peut-être en décalé. Souvent, l’homme garde pour lui ses émotions afin d’être le roc qu’il pense devoir être pour vous. Continuez à lui tendre la perche, à lui expliquer sans agressivité votre cheminement, sans attente particulière, juste celle de se tenir la main. Ainsi, vous construirez un joli nid pour l’enfant que je vous souhaite.

Notre experte

Cette semaine, envoyez vos questions à Laurence Dispaux, psychologue-psychothérapeute FSP, conseillère conjugale FRTSCC, sexologue clinicienne ASPSC: laurence.dispaux@femina.ch


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