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Savoir choisir, laisser infuser... 6 clés pour aller au bout de ses projets

Savoir choisir laisser infuser 6 cles pour aller au bout de ses projets

Témoin des mécanismes qui empêchent d’avancer, la psychothérapeute Béatrice Millêtre en a fait un livre intitulé Comment faire aboutir mes projets quand j’en ai 36 000 en tête (Éd. Payot Psy).

© GETTY IMAGES/RLT_Images

Tergiverser sans fin entre des vacances à Malte ou à Rome. Plancher sur un menu qui plaira à toute la famille pour le repas du jubilé de mémé. Caresser l’idée d’ouvrir sa propre gelateria un jour sans oser se l’avouer. Pour certains, aller au bout d’un projet, qu’il soit personnel ou professionnel, relève du défi. Par perfectionnisme, par peur de mal faire ou parce qu’on s’éparpille, certains projets sont avortés avant même de les avoir imaginés.

Témoin de ces mécanismes qui empêchent d’avancer, la psychothérapeute Béatrice Millêtre en a fait un livre intitulé Comment faire aboutir mes projets quand j’en ai 36 000 en tête (Éd. Payot Psy). Il en ressort des outils simples et concrets pour rendre les situations plus simples à gérer, pour réaliser ses projets avec son propre fonctionnement et pour aligner sa vie en adéquation avec ses aspirations. Retour avec la spécialiste sur 6 étapes clés.

1. Définir ce que veut dire aboutir

Toutes les idées ne peuvent pas aboutir. Mais comment sélectionner celles qui sont réalisables? Selon Béatrice Millêtre, il s’agit avant tout de se mettre d’accord sur ce qu’on entend par «aboutir». «Ça ne veut pas dire la même chose pour tout le monde. C’est tout l’esprit de ce livre, de fonctionner en adéquation avec soi-même. Si on part avec l’idée qu’on va atteindre un objectif qui finalement n’est pas le sien, on ne l’atteindra jamais.»

Prenons l’exemple de Sarah. Elle voulait se mettre au sport, par plaisir. Son amie Christine, adepte de la course à pied, l’a vite encouragée à s’inscrire à des courses dans un esprit de compétition. Rapidement, Sarah a abandonné l’idée en se disant qu’elle n’allait jamais au bout de ses projets.

«Au lieu de se laisser influencer par le plus grand nombre ou par les stéréotypes, lorsqu’on n’aboutit pas il s’agit plutôt de se demander quel était notre but initial. explique la psychothérapeute. On aboutit parce qu’on sait pourquoi on le fait.»

2. Savoir choisir

Choisir, c’est forcément renoncer? «C'est ce qu’on dit souvent. C’est peut-être vrai pour certains, mais pour d’autres, choisir permet d’ouvrir beaucoup d’opportunités.» Et de donner l’exemple du choix de la destination des vacances. Un projet qui peut vite tourner à la prise de tête tant on est incapable de choisir, quitte à ne pas partir à force de peser le pour et le contre. Et en effet, opter pour des vacances à Rome ou aux Maldives, ce n’est pas pareil. Mais une destination n’exclut pas l’autre. «Imaginez que vous soyez en vacances à Rome: vous passeriez de bonnes vacances, n’est-ce pas? Si vous étiez en vacances sur une petite île des Maldives, vous passeriez de bonnes vacances aussi. Pas les mêmes évidemment.

Le choix se fait en fonction du temps à disposition, de votre budget, de l’époque de l’année, etc. C’est un choix qui n’est pas définitif, mais de circonstance. Cette fois vous irez à Rome, la prochaine aux Maldives… ou ailleurs.» Une manière de ne pas fermer de portes, mais au contraire d’en ouvrir. «Et d’explorer tous les possibles qui vous correspondent», ajoute la psychothérapeute. Et si on hésite entre deux idées, on peut aussi attendre la troisième qui au final sera idéale à l’instant T.

3. Laisser infuser

Si faire un choix est trop difficile pour se lancer, on peut aussi décider de laisser infuser ses projets. Un peu à la manière d’un sachet de thé qu’on oublierait dans l’eau chaude jusqu’à diffusion optimale de ses arômes.

«C'est important de laisser notre cerveau choisir. Il nous connaît, il sait ce qui est bien pour nous. Plutôt que de faire des choix rationnels en pesant le pour et le contre, avec des colonnes de plus et de moins, se dire qu’on ouvre les possibles et que son cerveau va choisir ce qui est le mieux pour soi donne une espèce de légèreté. Ça enlève beaucoup de stress et d’anxiété dans les décisions», ajoute la spécialiste.

4. Faire de son blocage un levier

«Être bloqué-e est la manière qu’a trouvée votre cerveau pour vous empêcher de vous lancer dans un projet non viable», selon Béatrice Millêtre. Parce que ce n’est pas le bon moment, le bon projet. Le positif, c’est que cela permet de revenir sur les obstacles à contourner pour que la prochaine fois soit la bonne. Dans sa pratique, la psychothérapeute l’observe avec les personnes qu’elle accompagne:

«Lorsque je leur demande d’imaginer ce qui serait arrivé si elles étaient passé outre leur blocage, on se rend compte quasi systématiquement que ça n’aurait pas été la bonne solution.»

Et qui dit blocage ne veut pas forcément dire procrastination puisque tous les chemins conduisent au résultat s’il a du sens. «Parfois on repousse parce qu’on a raison de repousser. Finalement le projet n’aboutira pas parce que ce n’est pas le bon timing, les bonnes personnes ou parce qu’on ne s’est pas écouté.»

5. Imaginer son projet

Imaginer son projet, c’est déjà être prêt-e à le concrétiser. Avec une nuance toutefois, selon la spécialiste: «Il faut l’imaginer pour savoir dans quelle direction on va aller, mais en se laissant quand même l’opportunité de le laisser évoluer. Certains imaginent leur projet complètement terminé, ce qui au final peut être peu satisfaisant.» Donner du sens donc, mais en restant souple sur le chemin pour y arriver.

«Se laisser une variabilité en fonction des gens qu’on rencontre ou des opportunités est très important. Sinon ça devient stérile et figé.»

Une démarche qui s’applique autant pour la préparation d’un repas que pour l’ouverture du foodtruck sixties de ses rêves. «Tout considérer comme un projet, c’est savoir pourquoi vous faites les choses, c’est en retirer une satisfaction profonde, savoir interagir avec les autres, ne rien faire d’inutile», termine Béatrice Millêtre.

6. Formaliser ses idées

Post-it à manipuler et à disposer au gré de ses réflexions ou carte mentale pour aider à cerner et à organiser tout ce qu’on sait sur un sujet: le but est de formaliser ses idées pour les concrétiser et les présenter à sa façon.

«Formaliser ses idées implique d’avoir conscience des règles du jeu dans lequel on vit. C’est important pour ne pas être juste sur son petit nuage et rêver à un projet sans jamais le concrétiser», souligne la psychothérapeute.

Et ce, peu importe sa façon d’aboutir. «Il y a des personnes qui n’atteignent pas le palier marche après marche, mais directement en ascenseur. La fin devient le début, et le début la fin.» A l’image d’une jeune femme que la spécialiste a accompagnée: «Elle avait le projet d’ouvrir une salle de sport, mais elle ne voyait pas l’intérêt de dresser un état des lieux ni d’établir un plan comptable. Un jour, elle a vu un local à louer, elle l’a loué, et elle a enclenché les formalités a posteriori.» Un choix de commencer par la fin qui peut être plus efficace pour certaines personnes.

Ce qui n’empêche pas de devoir à un moment ou un autre entrer dans le concret. L’essentiel étant d’avoir sa propre vision de ce qui attend au bout du chemin. Rien de tel pour se motiver, être impliqué-e et en retirer une entière satisfaction.

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