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Montaigne, Sartre ou Camus: quand la philosophie nous aide au quotidien
Rousseau pour supporter sa marmaille surexcitée, calmer une cadence de folie grâce à Montaigne, se référer à Foucault pour se libérer du joug d’un chef tyrannique et survivre à un moment de honte en relisant Sartre: oui, les grands penseurs sont utiles au jour le jour et dans toutes les situations possibles et imaginables.
C’est en tout cas ce que démontre la philosophe et professeure Marie Robert dans «Descartes pour les jours de doute» - un essai dans lequel elle prouve avec verve et humour que la philo n’est pas un salmigondis de théories abstraites et déconnectées de la réalité. Mais, au contraire, propose des passerelles réflexives afin de se sortir mieux (ou en tout cas moins mal!) des défis de la vie contemporaine. Feuilletage…
Rousseau, ou de l'éducation
La problématique: Vous vouliez faire plaisir à vos pioupious en leur offrant «une journée de rêve» dans un parc aquatique, à Disney Truc ou Europa Machin. Or non seulement cette petite plaisanterie vous coûte un bras mais, en plus, ces «petits monstres» surexcités deviennent ingérables. Vous avez beau essayer sur tous les tons, rien n’y fait: caprices, indiscipline, désobéissances… ils vous en font voir de toutes les couleurs. Bref, vous étouffez de rage et votre périple vire au cauchemar - et ce d’autant plus que vous culpabilisez non seulement d’être incapable de les contenir mais aussi de ne pas pouvoir rester zen et, au final, d’être «une si mauvaise mère».
La solution philosophique: Rousseau! Si, si, ce même Jean-Jacques qui a littéralement abandonné cinq enfants en les plaçant en institution! Mais passons. En l’occurrence, dans «Émile, ou de l’éducation», il développe tout de même quelques principes dont il vaut la peine de se souvenir quand tout part en eau de boudin. D’abord, «les enfants sont des individus à part entière, et pas seulement des adultes en devenir. Ils ont leur monde à eux - il est important de respecter leur singularité.»
En d’autres termes: «Ce n’est pas parce qu’ils veulent un serre-tête Mickey ou qu’ils se nourrissent pendant 12 heures de chocolat» qu’ils tourneront mal. «Relâchez la pression, soyez heureuse de les voir heureux!»
Se contenter du nécessaire, vivre le moment présent... quand la philosophie Disney nous inspire
Montaigne temporise
La problématique: Entre les enfants à lever-laver-habiller-faire-manger-se préparer, les transports, les urgences au boulot, les dossiers à traiter, les activités de maman-taxi, les courses, les devoirs des gosses etc., votre vie ressemble à un marathon… version sprint. Cette course vous épuise, vous vous mettez à tout mélanger, à oublier…
La solution philosophique: Plongez dans «Les essais»! Montaigne, en y faisant notamment l’éloge de l’instant présent, vous rappellera que le bon tempo, c’est le vôtre, celui dans lequel vous vous sentez bien. En gros, explique-t-il, en s’écoutant et en se reconnectant à soi-même, on parvient à découvrir «le rythme qui nous convient et quelles habitudes sont à privilégier». De même, dit-il:
Foucault, chantre de la liberté
La problématique: En bon despote pas si éclairé que ça, votre supérieur hiérarchique ne cesse de vous surcharger «d’urgences à traiter illico», tout en se montrant constamment odieux avec vous. Vous vous êtes longtemps montrée docile mais là, vous sentez que ce n’est plus possible. Sans savoir que faire pour changer les choses.
Ce que les chats ont à nous apprendre de la vie
La solution philosophique: Michel Foucault est le penseur qu’il vous faut. Il vous remettra en tête qu’un rapport de pouvoir, «c’est quand on attribue à une personne la capacité à nous fixer des règles et des obligations. On la croit supérieure, donc on accepte qu’elle nous domine.» En clair: cessez de lui laisser cet ascendant sur vous et révoltez-vous car il n’a pas à vous maltraiter. Le lui faire comprendre par une discussion, par exemple, doit permettre «de vous réaligner avec vous-même et de montrer que, désormais, entre lui et vous, s’érige une distance de sécurité suffisante pour qu’il ne puisse plus vous atteindre» - ceci en partant de l’idée que
Sartre et les autres
La problématique: Vous vous êtes donnée en spectacle façon «Bridget Jones» pendant une soirée de boîte, vous avez «bitché» une copine qui était juste derrière vous et a tout entendu ou avez envoyé un WhatsApp coquin à un «mauvais destinataire», bref, vous avez honte et ne savez comment survivre «à ça».
La solution philosophique: Misez sur ce bon vieux Sartre, et son incomparable
Parce que la honte, finalement, n’existe «que face à quelqu’un». Cela dit, rappelle-t-il, ressentir de la gêne et de l’embarras est une bonne «opportunité pour prendre conscience de ce que nous sommes et de ce que nous pensons réellement.» Autrement dit, cette situation «de crise», comme celles du passé, vous force à vous poser les bonnes questions: pourquoi aviez-vous besoin qu’on vous regarde? N’aurait-il pas été plus utile de parler directement à votre copine et souhaitez-vous qu’elle reste dans votre vie? Pourquoi avez-vous mal adressé votre message? En une phrase comme en cent: «Chaque honte est une ouverture sur vous-même!»
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