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Une fille et un short? Ça dérange encore

Des étudiantes américaines se rebellent contre l'interdiction du short

Des étudiantes américaines se rebellent contre l'interdiction du short, via le hashtag #iammorethanadistraction.

© DR

Oui, nous sommes en 2015, et alors? Et alors, c’est plus moderne qu’en 2014, qui était elle-même plus moderne que 1990, 1950 ou 1820. Mais il y a un bug dans le compteur: si le progrès, numérique, des années est indéniable, celui des mentalités est, lui, beaucoup plus discutable.

Par exemple, en 2015, une femme qui porte un short, cela semble encore poser problème. Incroyable, non? En Israël, où les températures estivales peuvent au minimum être qualifiées de «chaudes», les filles se voient ainsi interdire de porter ce vêtement dans les écoles laïques du pays. Les garçons, eux, eh bien… Un garçon et un short, ça ne pose manifestement aucun problème.

Se préserver du regard des hommes

Sauf que cette criante inégalité de traitement commence à agacer sérieusement les étudiantes, obligées de suer sous des pantalons même lorsqu’il fait 45 degrés, juste pour faire plaisir aux Messieurs. De nombreuses porteuses de short rebelles ont en effet publié des statuts indignés sur leurs pages Facebook respectives, lassées de tous ces professeurs leur demandant de ne pas exposer leurs jambes afin de «les préserver des regards masculins». Des professeurs pourtant peu inquiétés par les œillades féminines se posant sur les gambettes nues des garçons…

L’affaire a rapidement fini par s’inviter dans les médias, puis dans l’arène politique. A tel point qu’une proposition de loi visant à abolir cette discrimination vestimentaire est actuellement à l’étude. «Nous devons nous demander quel message nous transmettons à ces jeunes femmes. Doivent-elles avoir honte de leur corps?» a ainsi déclaré à l’AFP la collaboratrice d’une députée favorable à l’égalité des shorts. Qui doit espérer que les choses avancent dans le bon sens, alors qu’aux Etats-Unis, on semble régresser sur le même sujet.

Les jambes féminines ne sont qu'une «distraction»

Il y a un an, une jeune fille de 15 ans s’était fait expulser d’un lycée pour cause de short trop court. Les raisons officielles du renvoi? «Le règlement intérieur de l’établissement n’autorise pas les jeunes femmes à distraire leur camarades en dévoilant leur jambes.» En réaction à cet incident, de nombreuses élèves avaient alors lancé un mouvement de contestation sur les réseaux sociaux via le hashtag #iammorethanadistraction (je suis plus qu’une distraction).

Allez, rêvons un peu, peut-être qu’en 2016, une étudiante pourra mettre un short le matin sans avoir la crainte de finir au tribunal.

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