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Vers l'infini et au-delà!

Thomas Pesquet, l'homme qui veut décrocher la Lune

Homme Femina Pesquet Jean Marc Haedrich SIPA

En partageant son épopée spatiale sur les réseaux sociaux, Thomas Pesquet a fait prendre conscience à des milliers de personnes de l’urgence de sauver la Terre.

© Jean-Marc-Haedrich-SIPA

Thomas Pesquet est insatiable. Affamé de découvertes spatiales, d’abord, puisqu’après avoir passé 196 jours, 17 heures et 50 minutes à bord de la Station spatiale internationale (ISS), le voilà prêt à repartir. Avide de communiquer sa passion, ensuite, puisque le spationaute français, qui a fêté ses 41 ans en février dernier, a partagé son aventure en direct sur les réseaux sociaux en envoyant 85 000 posts entre novembre 2016 et juin 2017 – messages dont il profité pour alerter l’opinion sur l’urgence de prendre soin de la Terre.

Aujourd’hui, comme il l’a fait savoir via Twitter, il devrait rempiler pour une nouvelle mission de six mois, entre fin 2020 et début 2021. Puis pour la Lune, du moins l’espère-t-il:

«L’ISS, c’est déjà un peu un autre monde, mais ça reste proche: c’est à 400 km, même pas un Paris-Lyon. La Lune, c’est 400 000 km… et c’est complètement dingue. Il n’y a pas de vie, c’est complètement différent!»

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Son espoir paraît fou, mais il ne l’est sans doute pas tant que ça puisque des projets concrets sont en cours: «On devrait y retourner dans les prochaines années. L’idée serait d’instaurer un programme en coopération entre les agences spatiales américaine et européenne et d’y avoir une présence un peu plus durable qu’à l’époque de la guerre froide. On sait qu’il y a plein de choses intéressantes à y faire… et ce serait comme une grande répétition pour aller ensuite vers Mars. Là, on sait qu’on irait y chercher la vie et la réponse à des questions fondamentales!»

Une fusée en carton

Bref, on le voit, le quadra, en couple depuis plusieurs années avec une agroéconomiste de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), a toujours faim d’aventures. Ce qui n’est pas si surprenant, tant cette appétence lui vient de loin.

De fait, tout minot déjà, Thomas Pesquet s’imagine vivre des aventures qui le conduiront vers l’infini et au-delà; au point que, même à l’heure des repas, il refuse de sortir du vaisseau en carton que son père prof de maths-physique à Rouen lui a fabriqué, comme il l’a raconté récemment sur France Inter: «C’était super-réaliste, il y avait par exemple des tas de cadrans! Mais c’est vrai, j’avais cet intérêt, cette passion pour l’aéronautique et l’espace qui arrivait de nulle part. Je n’avais personne autour de moi qui gravitait dans ce milieu-là ou qui aurait pu m’aiguiller; mais voilà! Moi, c’était mon truc, je mettais des posters dans ma chambre et tout ça!»

Pourtant, même s’il a la tête dans les étoiles, il garde les pieds sur terre et a conscience des chances infinitésimales qu’il a de réaliser son fantasme:

«C’était un rêve d’enfant qui me poursuivait, c’est sûr, mais ça ne me semblait pas raisonnable de bâtir une carrière là-dessus.

Ne serait-ce que pour des raisons pratiques puisque le recrutement ne se fait que tous les quinze ans. Trop jeune pour 1992, je risquais d’être trop vieux pour 2008. Sans compter qu’il y avait des gars meilleurs que moi. Je suis parti du principe qu’il faut faire que ce qu’on aime. C’est donc ce que j’ai fait: être ingénieur en aéronautique [à 23 ans, en 2001], puis pilote de ligne [en 2005] sont deux choses que j’ai adoré faire et qui m’ont permis d’avoir les bonnes croix dans les bonnes cases à la sélection!»

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Car oui, en 2008, parmi plus de 8000 postulants, il est retenu par l’Agence spatiale européenne et, après une batterie de tests psychotechniques, psychologiques et médicaux, il intègre le Corps européen des astronautes. S’ensuivent sept ans d’entraînements intensifs, dont il retient surtout… les cours de russe: «Pour moi, c’est ce qui a été le plus difficile dans la préparation de la mission!» Il ajoute:

«Cela dit, être astronaute, c’est être à l’école toute sa vie. Les personnes attirées par cette carrière doivent le savoir: il faut aimer étudier et se remettre en question régulièrement.»

Ce qu’il sait visiblement faire!

En 3 chiffres

  • 1978 Naissance à Rouen (F)
  • 2009 Il intègre l’Agence spatiale européenne. Son entraînement dure sept ans.
  • 2016 Le 17 novembre, il décolle de Baïkonour (Russie), à destination de l’ISS. Il y passe six mois, durant lesquels il poste 85 000 photos sur les réseaux sociaux.

Pourquoi lui?

En partageant son épopée spatiale sur les réseaux sociaux, il a fait prendre conscience à des milliers de personnes de l’urgence de sauver la Terre.

Son clin d’œil

«Le basket? Si j’avais pu faire Michael Jordan plutôt que spationaute, je l’aurais fait. Mais il ne faut pas le dire à l’agence spatiale!»

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